IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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Athée

Athée convertie
Esprit averti
Rage endormie
Larmes serties
Certifiées véritable
Authentique douleur
D’avoir noyé son cÅ“ur
Nouvelles couleurs
Pour des émotions pures
Je n’ose plus leur donner le nom d’amour
Tout comme je me refuse
A séparer l’obscurité de la lumière

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Silence

Apprendre à parler sans paroles
Les mots se dressent entre les vérités
Irrémédiablement chargés de nos histoires
Le langage est dépravé
Souvent il vaut mieux observer le silence
Que le braver

Obscène impudeur de mon cœur qui veut sans cesse se mettre à nu

Apprendre à concentrer son verbe
Que son expression dépasse la simple oppression du vocabulaire

Un slam sans paroles
Comme un chant sans musique
Un plaidoyer qui se dresse impassible
Se foutant bien d’être pris pour cible
Par une morale impossible

Tandis que les murs de ces prisons se pressent autour
Préserver cette pathétique parcelle de poésie
Qui m’emporte parfois sur ses ailes
Jusqu’au toit du monde

Un slam sans paroles
Car la langue se noue devant cette douleur
En un cri qui m’enterre
M’enfonce un peu plus dans le lit de mes peurs
D’où je rêve avec ardeur
D’où je voyage vers d’autres paysages
Ceux d’un âge d’or dont je me souviens
Il me semble

Un slam sans paroles pour colporter l’écho de ces espoirs qui tremblent en silence

Encore un mot de plus
Encore un mot de trop

Pour ne pas dire l’amertume qui transforme en venin nos liqueurs poétiques
Pour ne pas dire nos luttes pathétiques
Contre des géants de béton
Qui ont institué ces états d’âmes en peine

Mais j’aperçois dans mon rêve une armée de fantômes qui se dresse dans la plaine

Dans le brouillard
Au milieu de ces phrases vidées de leur essence
Réinventer les signes pour transmettre la foi

En plein milieu de cet éveil paradoxal
Les soldats frémissent d’impatience
Ils arrivent
Ils viennent de ce versant de l’Histoire qui fut plongé dans l’oubli
Leur voix n’est pas toujours douce à écouter
Parfois elle pointe un doigt accusateur
Et dans le camp des vainqueurs autoproclamés
On prend peur

Un slam pour le sang qui s’écoule sans bruit aux quatre coins du planisphère
Pour l’esclavage qui constitue notre héritage
Pour tous ces génocides qu’on entend pas

J’ai rêvé d’écrire un slam sans paroles
Parce qu’ils ont banalisé la poésie
Ils ont blindé les cœurs
Et chargé dans tous les écouteurs des rimes à blanc
Heureusement une vraie balle s’y glisse de temps en temps

Telles de fines lames
Les messagers du non-dit sont les orfèvres du silence

Débilisé-e-s par un flot d’informations à débit permanent
C’est ce qu’on ne vous dit pas qui a le plus d’importance
Les uns après les autres ces files de maux qui s’enchaînent
Sont comme un fleuve qui se déchaîne devant l’absurdité des temps
Les âmes noyées de chagrin viennent gonfler ce courant d’espérance

Dans la cacophonie
On n’entend plus que lui

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Abandon

Je vais voir si ça peut durer
Encore un peu
Si je suis prête à m’étaler
Consciencieusement
De toute la langueur de mon ego
Pour un ultime recyclage
De mon dépaysement intérieur

La frayeur
Au bout du compte
C’est l’éternelle épreuve
De qui n’a plus de combat
Et moi
Et toi
Dans une joute invisible
Au propre cœur du temps
Apocalyptique

Frémir
De tendresse ou d’extase

Mais il faut redescendre
Avoir encore plus froid
Mais il faut raconter
Ne pas en rester là

Les témoins impuissants
Révoqués par paresse
Remplacés par complices
Triste

Chacun a joué son rôle
Pour que j’en arrive là
A vivre sur une parole
D’abandon total
Enfin

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Louve

A ses désirs faire allégeance
Et ne jamais quitter la danse
Des corps en transe

Être louve parmi les purs
Et pure parmi les chiens
Être parmi les siens
Et loin
Loin

Être chienne parmi les durs
Être crue
Sur parole
Être libre, errer
Et puis trouver son port, son maître
Son parcmètre
Trahir ses étiquettes
Rester fidèle à une parole
Envolée un soir d’été
Revenir sur son passé
S’expliquer, se trouver
Démunie
Déminer l’avenir
A coup de démences

A ses désirs faire allégeance
Et ne jamais quitter la danse
Des corps en transe

louve

En lisière

A la lisière des mondes
Certains ont vu la lumière
Privée de l’essence primitive
J’absorbe l’ennui
Dans la suavité des sens
Il a le goût de l’eau claire
Formule juvénile
Encre de jouvence
Frontière indélébile
Fontaine rance

En quelques lignes
Passer du soleil à la nuit
Comme par un volte-face
Passer de l’extase à l’ennui
Lorsque les années passent
Et puis faire demi-tour
Revenir au premier jour
Lorsque les mots n’étaient pas
Et les intentions pures

Douter du chemin
Et avancer quand même
Blasée des certitudes
Qui longtemps m’ont guidée
A travers les turpitudes

Changer ses habitudes
Pour modeler demain
S’y reprendre à deux mains
Tordues de cicatrices
Fracturées par l’épreuve
Neuves

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Je me souviens

Je me souviens
Du silence
Avant que mon ego ne vienne souiller la page blanche des conceptions de mon imaginaire
Il y avait le silence
L’espace de tous les possibles
J’y voyais
Des histoires d’amour et tous leurs adieux qui n’en finissent pas
J’entendais
Le son de ta voix
Frémir d’un appel dont je ne reviens pas
Alors que j’empruntais cette route dénuée de souvenirs
Je me souviens de ma candeur virginale
Je me souviens que le parcours était semé d’embûches
Et que je n’en ratais aucune
Je me souviens que j’avais le sens de l’humour
Mais surtout

Je me souviens
Du silence
Lorsque je criais à l’aide
Étais-je muette ou entourée de sourds
Je me souviens que je ne croyais qu’en l’amour
Et que j’ai tout donné pour ça
Je me souviens
Du silence
Avant de mourir
Ou de renaître
Tout en clamant des chants de bataille
Le jour c’était la lutte et la nuit la guerre
Je me souviens du silence
De l’extase
Lorsqu’avec la mort et le cosmos réunis
Je dansais sans mon corps
Et je chantais de la voix de l’univers
Je me souviens
En silence
Du temps où je savais me souvenir

univers mystique bis

En attendant

En attendant le prochain espace
A l’affût du dernier prodige
L’ego flatté par le crépuscule
L’antenne vibre
J’avais de dangereuses convictions
Propres à attirer sur moi l’attention
Je ne suis plus que cette antenne
Extrémité d’un organisme vivant
Au-delà de mon corps physique
Voilà la nouvelle rhétorique
Pléthore magnétique
Être fort sans efforts
Pour avoir déjà souffert
Déjà offert
Déjà donné
Déjà tout donné
Au cÅ“ur et à l’âme

Adelidae

Prélude

J’écris pour un amour dont les préludes ont balayé mes certitudes
Élucider nos silences sans éluder leur importance
Disséquer le nÅ“ud de l’absence
L’examiner dans tous les sens
Jusqu’à son terme
De ta présence être enfin pleine
J’écris le souvenir d’instants si puissants que je m’en remets à peine
J’écris pour que tu saches que tes soupirs
M’arrachent encore des lambeaux de mon être ancien
Ode à la mémoire d’un présent constamment renouvelé
Témoignage tout droit venu d’un futur qu’il nous reste à inventer
J’écris l’impact de tes yeux dans les miens
L’onde de choc qui se propage dans ma terre intérieure
Pour qu’émerge un continent vierge des ravages de la peur
Le cœur en exergue
Je crie en toutes lettres ce secret
Qui dans le creux de nos lèvres s’est inscrit
Avec l’exactitude des vérités
Qui ont subi l’épreuve de la vie

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Evidemment

Évidemment tu vas finir par te pardonner à toi-même ce que tu t’es fait
Toutes ces perles tranchées
Ces bulles coupantes
Sphères décapitées pour n’avoir pas su dire merde
Non
Ou au revoir
Seuls des au secours muets ont émigré de ma gorge
Vers les cieux
Sans défense
Restés là comme pour me trahir
Par avance
Évidemment tu vas finir par te pardonner à toi-même
Tout ce laid
Cet héritage
On finira par faire silence sur
Les obscurs
Les aubes endurcies
Les soirs apprêtés
Les sourires affûtés
Les
On finira par le taire le mot vilain
On finira par émettre un sourire franc
Le matin
Comme avant la cavalcade des âmes
Pleines de bleus
De trous et de bosses désormais
On finira par réparer
Le tissu éthérique
A force de pratiques ésotériques
Mais après
Il te manque la recette
Pour combler tous les trous du chemin
Pour que plus personne ne tombe enfin
La honte a recouvert nos gestes
D’un voile épais
Ces gestes ont été commis d’office
Dans une intention pure
Je le sais
A nous de transformer
Par la grâce du ciel
Cette grève des yeux
Qui ne veulent plus voir l’invisible
En protectorat condamné
Défense infantile
Pour souvenir excisé

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Et l’amour

J’ai mis le feu à mes mémoires
C’était mon grand soir
Comme si, phœnix au cœur tendre
Mes mots allaient renaître d’un tas de cendres
Et à travers mes mots, mon image
Et à travers mon image, mon âme
Et l’amour en dernier recours

J’ai effacé toutes mes empreintes
Comme si le voyageur égaré
Ne pouvait que se perdre davantage en suivant mes pas
Et à travers mes pas, ma route
Et à travers ma route, mon destin
Et l’amour… L’amour ?

J’ai voulu disparaître
Sans mettre fin à mes jours
M’anéantir pour mieux renaître
Et à travers la mort, une vie
Et à travers la vie, un jour
Et à travers le jour, une seconde
Et l’amour ne veut plus dire toujours

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