IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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Roses pourpres

J’ai stocké dans ma plume
Tant de thèmes à faire mal
De vérités qui saoulent
Les hommes qui font les sourds
Des histoires de fesses
Que les machos trouvent dégueulasses
Un vécu de négresse
À faire rougir vos visages pâles 

D’une main empreinte
De maladresse
J’astique les étoiles
Ma seule richesse 

Sur la face du monde
Où les larmes coulent toujours
J’inscris mon vécu pour preuve
De la force de l’amour

En expirant de mon dernier souffle 

Des prières informulables s’accumulent
A l’orée de mes lèvres maculées de colères
Odes à la beauté du diable

J’articule ma peine en sanglantes semailles
Pour qu’explosent les roses pourpres

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Sur le fil

J’aurais aimé vous lire l’histoire écrite sur le fil de ma vie
Et je m’aperçois qu’il existe encore des mots interdits
Mon mental en vain se révolte contre ça
Tandis que mon stylo tremble des maux qu’il n’écrit pas
J’aurais aimé vous dire que je ne suis pas qu’une enfant
Et que si je suis si familière avec le goût du sang
Ce n’est pas pour avoir trop exercé mon imagination dans les romans
Imaginer c’est ce que je fis pour survivre
Imaginer qu’il est un monde où ceux que j’aime peuvent me suivre
De cette illusion je revins plus seule encore
On est pas deux sur terre à vivre dans le même décor
Ce refuge où je me sentais pure, j’en ai perdu les clés
Les ai cherchées un temps dans des regards avides
Mais le désir n’est qu’une imposture
Je me suis laissée berner
Alors je tente de reconstruire par la plume le reflet de mon intégrité
Mais ce reflet sans les larmes, sans les mille morts que j’ai traversées
Sans le sperme et sans la haine que quelque part j’aurais voulu garder
Ce miroir est mensonger
Et sans la paix, sans la lumière, sans l’amour que j’ai à donner
Sans l’extase, sans la prière
Ce miroir est incomplet
Alors, dites-moi vous qui maniez le stylo comme l’épée
Dites-moi comment fendre ces contraires pour les réconcilier
S’il vous plaît

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Sybilline

Le Soleil aveuglé par ton austère beauté s’est vengé. La lune écarlate et ma cape touareg, on a ri. Ta gueule était rouge, mes bras bleu de lys. Une saison déflorée, automne, comptine d’un temps tout neuf, tout sec et rage. Un mage passe. Du sel dessine son visage. Des sillons de nuages sur une triste évangile, incomplète. Un ange fracasse. Nous sommes déjà venus sur cette planète guerrière, et nous la quitterons avec ton nom dans la besace. Oui Ton nom.
 
Qu’un baiser nous égare, et c’est la forêt qui nous dévore. Instincts en haute-définition. Défi. A la terre. La soif me tient en éveil, le vent disperse mes douleurs. Notre type Est.

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Horreur boréale

Je suis une peste imaginaire
Qui a pris corps à force de croyances
Je suis une plaie purulente ouverte sur les entrailles d’une galaxie neuve

Je suis la maladresse d’un dieu déchu
Le témoignage d’un repenti
Un scaphandre

J’ai pleuré à pierre fendre
Et elle s’est fendue
de rire

Je suis une horreur boréale
La persistance du ciel à rester beau ! Beau !
Quand il aurait dû devant toutes ces malheurs
Se couvrir de honte le visage

Et cet avion en ligne de mire
Qui me promet et mort et gloire
J’aurais voulu qu’il reste une métaphore

Mais aucun de mes écrits
n’a jamais eu la bonté de rester couché sur la page

Aucun

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Chambre d’enfant

Dans sa chambre
Entre les murs qui auraient dû entendre fuser les rires
Le silence éclate
À en faire péter les vitres
C’est un enfant qui se tait
C’est un corps qui s’éteint
Entre les mains qui auraient dû l’aider à grandir
C’est un cœur qui étreint l’horreur indicible
De l’innocence prise pour cible

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Etreinte

Une parcelle de présent dans l’étreinte
Des faux-fuyants dans le regard
La folie a filé en douce
Existe-t-il vraiment ce chemin de signes
Pour me guider vers son trésor ?

J’ai tout confié au hasard
Mes doutes, ma foi, mes amours
Et jusqu’à mon bon vouloir
Dans un entrelacs de sens
Dont le spectacle reste interdit

Y a-t-il encore des routes droites
Pour mener mes paroles en lieu sûr
Tout en quittant la terre ferme ?

Je m’étais construit des ailes qui m’ont ligotée
Telle un bigot dans son temple intérieur
J’avais oublié d’avoir peur
Me voilà rattrapée par mes rêves
Je croyais m’être enfuie assez loin
Là où la conscience ne projette plus que des ombres de soie

Je pensais être née mais j’étais chrysalide
Je voulais faire de l’art, ce n’était que ratures
Sur un ego de papier

Persiste-t-il une voie dans le vague
Comme un nuage dans la brume
Où je pourrai me percher pour écouter la Terre
Restée sourde à mes prières ?

Un soupçon de nostalgie dans l’âme
Reste de vanité dans l’agonie
Les jours se lèvent à toute allure
Tandis que l’on chérit la nuit

Adopter une étoile pour la faire frémir
En invoquant des noms maudits
Pour que la destinée rende son verdict

Si l’encre était mise au enchères
Qui serait prêt à payer le prix ?

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Esquisse

Esquisse de danse sur un sol saturé d’idéaux
Nue comme neige de décembre au petit matin
Combat silencieux contre le vent poisseux des certitudes
Étrangère à mon corps je glisse sur une piste d’étoiles désincarnées
Frêle comme l’oiseau
Se foutant du sens commun à nos corps emmêlés
Je m’attache au détail de ton œil cosmique apprivoisé
Renonce à prendre le pouls de nos contradictions intimes
Pour apprendre en silence à tout laisser tomber

Échappés de l’infime tension qui règne entre des corps mortels
Le souffle guidé vers l’autre par le hasard des ondes
Je trouverai refuge sur ton torse imbibé de tendresse
Tu seras tué par mes insignes maladresses
Pris au piège de mon excessive désolation
Au faîte de la montagne de l’amertume
Observons le soleil avant de se jeter
Fluide anticipation d’un monde captivé
Autrefois captif de prières
Toujours à la merci de couleurs érodées

Vertige de mots identiques et nouveaux
Pauvre luminescence
Ivresse et dépendance avouable à demi-mot
Sur ma peau en demi-teinte
J’ai dessiné des signes invisibles kabbalistiques
Faisant fi de toute loi
Pour qu’à la fin de la miraculeuse malédiction moléculaire
Je fasse richesse de toi
Encre de mes émois

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Il m’arrive

Horreur discrète du quotidien
J’essuie le sel sur mes cils
J’ai placé mes espoirs sur un autre territoire
Juché mes rêves si haut que j’en garde des cicatrices
Que ton poème caresse autant qu’il les ravive
Prise en otage entre cette soif insatiable de tendresse
Et mes ailes qui m’arrachent à la terre
Chaque fois que je voudrais y puiser de la force

Mes racines
Sont mêlées si profond aux chaînes de la souffrance
Je m’arrache me décolle et le trou dans le sol
Révèle ma folie
Le désir m’interroge
Mue par un pathétique besoin d’amour
Je résiste à conclure le pacte
Qui pourrait m’assurer la tranquillité
Sacrifice pour une forme de liberté qui peut-être
N’est même pas à ma portée

Pourtant
Il m’arrive de voler
Quelques instants de paix
Entre deux batailles décisives qui me laissent à chaque fois
Épuisée victorieuse
Il m’arrive de chanter
Il m’arrive de danser
Sur les ruines de mon passé
Comme d’en avoir assez
De trébucher sur les pierres de ces sentiers nouveaux
Déjà usés par des milliers de pas

Il m’arrive de trouver
Au détour d’un couloir sombre
Quelque lumière dans la pénombre
Sous les traits d’une personne qui semble pour une fois
Comprendre les secrets dont je ne parle pas
Répondre aux envies que je murmure
Et malgré l’épaisseur de nos murs
Entendre la silencieuse prière de mon corps

Il m’arrive de planer
D’embrasser de mon humble cœur l’immensité
Des hommes
Et des femmes
Et des autres
De transmettre la voix de ceux dont on ne parle pas
A travers des phrases que tous ne comprennent pas

Ma vie si peu de choses
Mon cœur implose
Unité retrouvée
Depuis le temps que je me sentais
Séparée

Il m’arrive de déglutir l’amertume de la lucidité
Comme du poison
De maudire ou presque ma soif de vérité
Cet idéal cette chimère
Qu’ils ont choisie pour être mon nom
M’ont-ils damnée ?
Suis-je condamnée à errer
D’un bout à l’autre des diverses réalités
Sans pouvoir me poser ?

Pour elle j’ai volontiers vendu mon âme
J’y ai gagné en substance
Une raison de vivre
Un prétexte pour mourir
M’enfuir en pensée de l’existence
Sordide et vide d’essence
Qu’on est censé vouloir mener

Il m’arrive d’être assez acide
Pour savoir qu’elle n’est qu’une illusion
Ma vérité
Mais si je ne fais que passer
Pourquoi tant d’intensité dans mes sensations
La liesse comme la détresse
Si nous sommes tous de ce même sang qui sue et souffre en silence
Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’explosions ?

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Fébrile

Fébrile au bord du chaos versé dans la coupe du silence glacé
J’attends
 
Je suis prête à tous les bonheurs
L’hystérie collective a laissé place au doute blanc
L’incrédulité est de mise

A contre-courant du temps qui passe
De l’atmosphère ambiante
Du dédain frauduleux
Je suis prête pour un jour plus brillant
Un rire éclatant brisera le ciel
 
Il n’est pas plus heureux dans son hôtel particulier
Que moi dans ma misère amoureuse
 
J’écris pour exécrer l’instant qui file
La perfection qui m’échappera toujours
 
J’entends des bizarreries qui m’affligent
 
Serais-je l’enfant de l’intolérance
Et de la superstition aveugle ?

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Vandales

De notre doute exquis entachons la mémoire
L’attente n’est jamais qu’un espace qui renonce
Et l’âge une formalité de jouvence
Où trône l’Un-certain nous irons nous asseoir

De l’écueil du temple extirpons les grimoires
Vains amoncellements de semonces ramassées
Legs de furies et de quêtes sans issue
Pour gribouiller les pages en trépidant d’espoir

Au feu les insipides, les mornes écritoires
Qui d’un honneur factice légitiment la tristesse
Relatons, gorge haute, l’amour et ses prouesses
Il auront beau jeu de dire
Vandales !

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