IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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Trésor

J’ai gardé tes mots précieux comme un trésor caché
Sur lequel je savais pouvoir compter quand je serai assez forte
Pour partir
Pour changer
Toi mon icône
Quand ma route dévie c’est toi que je trahis
C’est toi que j’abandonne
Mon miroir
La proximité de nos errances fait celle de nos extases
Aussi loin nous irons
Portées par nos images fantasques de mortelles
Portant sur le front le baiser de l’Éternelle
Pour consoler les enfants que nous sommes
Apprendre à rendre au monde tendresse pour violence
Poser nos paroles sur les âmes
Comme des baisers sur vos ailes

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J’ai écrit

J’ai écrit dans les flammes
Et j’ai écrit sous l’eau
J’ai écrit dans le noir
Et sous un projecteur
J’ai écrit à l’asile
Et écrit à l’ashram
J’ai déjà écrit saoule
Et j’ai écrit à jeun
J’ai écrit le silence
J’ai écrit le tumulte
J’ai écrit obstinée
Et demain j’écrirai

ecriture-paroles

Evasion

Indépendamment de toute logique j’évolue
apprend à danser sur des rasoirs
Le soir, j’essuie sur mon ardoise mes comptes avec la vie
j’essaye.

Nos douleurs sont précieuses et pour garder vivante la mélodie des larmes
je tente d’extraire un échantillon d’âme
de ces liquides amers et salés comme l’eau de la mer
Que dans ses profondeurs reposent à tout jamais
les souvenirs qui tuent aussi sûrement que le viol assassine la vertu 

Aux démons des eaux j’ai versé mon obole pour que mes nerfs se lissent
Complice du silence, je l’avoue
mais me dévoue sans complaisance à la fureur qu’arborent mes pairs

Indifférente à la critique j’avance
Impermanente mon bateau glisse et j’apprivoise les fantômes qui s’immiscent entre les voiles
Dans la brume tout se précise la parole incise les nuages
pour faire surgir une pluie d’images où se dessine ma trajectoire

décrivant des chemins d’évasion comme des cercles lumineux dans le noir

evasion

Rossignol

Il eût fallu se lever de bonne heure
Pour entendre
Chanter le rossignol de l’empereur
Pour voir
Ses habits dénudant son Impériale Grâce
Et sa Splendeur
Il eût fallu avaler la liqueur de l’illusion formelle
Du mythe embrigadé pour le bien de la pensée créée d’office
Vendue sur place
A peine décriée par les enfants rieurs
Trop occupés ailleurs

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Ordinaire

Il est minuit 44 et la lumière me crève les yeux
mes cils tombent sur
une journée de fatigue ordinaire
Les heures défilent au pas de course et je cherche un peu d’air à tout prix
de l’air pour mon esprit

Ordinaires les discussions de café me foutent le cafard
La peine de la mère de famille qui trime
Ces gosses tentés en masse par le crime
Perpétuellement la paix s’appelle mais passe après l’appât du gain

C’est un jour ordinaire
La peur nous oppresse de ses bras tentaculaires
tout contre la peau
souffle le vent glacé quand l’espoir se défile
Les images relayées depuis les enfers lointains nous rappellent
que le nôtre n’est rien.
Parfois c’est à la porte d’à côté que le pire se fait connaître
nous serions tous sur le palier de l’horreur

On a beau faire couler le sang ce ne sera jamais assez
pour venger le viol de l’âme
pour justifier la peine de l’homme
qui traverse un jour ordinaire.

Sisyphus_by_von_Stuck

Il avait tout prévu

Il avait tout prévu,
Sauf l’éclat de la lune qui transperçait doucement les portes closes
Il prit son courage à deux mains
Le déposa sur le sol
Il n’en aurait guère besoin.
A travers la fenêtre
Il scruta la nuit noire
Dans son regard, l’hiver
Dans l’hiver le froid
Une larme au bord des cils suspendue
Dans cette larme, le reflet de la nuit
Dans la nuit, l’étoile
Une myriade d’étoiles qui crient le silence et l’ennui

Et ce rayon de lune qui insiste pour forcer le passage….

Il avait tout prévu, ses bagages étaient prêts
La valise dans la main
Dans la valise, la boîte noire
Dans la boîte noire, le cœur

Le cœur dans la boîte noire de l’oubli

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Variations

Ignorer les remords qui t’étouffent
Au souvenir des occasions manquées
La tête entre les mains
Je me souviens de ces mots que je ne saurai pas écrire
Car il y a trop à dire et j’ai si peu d’âme
La musique se cherche
La rime m’échappe de peu
Juste assez ivres pour être lucides
Et de tout cela demain
Que restera-t-il ?

Que restera-t-il de ces notes de jazz qui s’envolent depuis le creux de la solitude ?
Un rire balaie ces images
Et le temps se passe
Au fil de ces souffrances envolées par les ans
Nos vibrations enlacent le silence et la phrase se brise

Saturés
Nos rêves sont raturés de retouches
A chacune correspond une cicatrice
Un joint se roule
Un sourire s’esquisse
Et l’image se lisse
Il y a tant de variations sur le thème de l’âme
C’est pourquoi ce texte n’a pas de fil conducteur
Juste une énergie pour réveiller les questions qui sommeillent

J’en ai craché des phrases de sang
En propageant ce qui nous ronge
Mais c’est toujours la vie qui sourd de nos songes

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Couleur dominante

Couleur dominante : violée
Émotions voilées
Madame a ses secrets
Que vous ne sauriez voir
Sombre
Comme un millier d’histoires
Sa face est un miroir
Et son ventre
Un mouroir

Pardon pour la violence
De ces images sordides
Pour les relents fétides
De souvenirs putrides
Voici
Un soupçon d’idées rouges
Rage
Déicides

Le calme après l’orage
Mon cœur se déménage
Et l’espoir me démange
Pour qu’à nouveau je plonge

Songe
A ces prières sans retour
Au déluge de larmes
A la tristesse sans fin
Sans fond
Et fuis

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Et si…

C’est pour le soleil. C’est pour le soleil que je viens braver le complot de l’oubli,
Même si les mots sont des échardes et les images, 
De coûteux habits.
C’est pour la lune et le soleil,
Et en mémoire des fées qui m’ont tendu les bras, 
Un pas après la pointe de la falaise, 
là.
 
Il faut bien ramasser les nuages quand le ciel dégringole,
Brûler le piédestal, 
Retourner à l’école. 
 
Il faut être libre de tout prix, 
De tout sang,
N’avoir que les astres pour parents et de la solitude –
De grandes, puissantes lampées de solitude qui vous retournent le ventre.
 
Gueule d’ébène, 
Grisée de vivre, 
Léchant le seuil du paradis.
 
Et s’il n’y avait pas d’histoire?

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Dans l’au-delà

Au delà de la résignation et de l’espoir
De l’espoir et de la résignation
Il y a cette attente
Qui n’en est pas une
Immobile
D’être arrivée trop tôt
A la fin
La fin d’une histoire
La fin d’une croissance
Au début
Avant la renaissance
Je n’attends pas
Je suis simplement là

Avant
Chaque jour
Il y avait une croisée des mondes
Dorénavant
Des lendemains sans horizons
Mais le sol ferme sous mes pas

Croise-des-chemins-Guy-Bara