IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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Guérie

J’ai été malade de bonheur, mais je suis guérie. Je n’ai pas de mots pour traduire la joie. Je la vis sans paroles, sans discours, sans bruit… Ma gratitude est intérieure. Ma liesse était une explosion, désormais c’est un murmure. Je suis guérie. Mon allégresse était une chanson, maintenant c’est une caresse. Je suis guérie. Il me faudrait changer d’encre, celle qui coule dans mes veines est d’un noir profond. Je connais le bleu qui fait miroiter le ciel, mais j’ai tellement préféré me cogner aux montagnes, en planant… Je suis guérie. Je cueille les pâquerettes et ça me suffit.

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Parade

Lèvres inscrites sur visage de feu
Fente allongée par où l’éther ondule
Œil affronté au milieu du lent cyclone du jour
Je vous entends
Radicalement pesés par le très haut
Comme attributs de la nouvelle justice
Terrestre
Goûtons la fièvre froide du poète anesthésié
Admirons la parade

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Secret

La recherche de l’instant
Tranquille et tendre
Où les couleurs s’étalent en toute latitude
Dans le bruissement du silence accompli
Où, peut-être, se glisse quelque secret d’extase

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La réponse

Au bout d’un sentier de ronces
La réponse t’attend
A la fin des épreuves
La réponse t’attend
Dans un recoin de ton rêve
La réponse t’attend
Dans les pages de ton livre
La réponse t’attend
Sous les sabots d’un cheval
La réponse t’attend
Au terme de ta prière
La réponse t’attend
Dans le chant des ancêtres
La réponse t’attend
Soufflant dans le vent
La réponse t’attend
Sur ton lit de mort
La réponse t’attend
Dans les yeux de l’aimé-e
La réponse t’attend

Mais quelle est la question ?

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La petite boîte bleue

La petite boîte bleue où j’avais planqué mes rêves
A une odeur de moisi
Ce sont les corps des refoulés sur les côtes atlantiques
Où le ressac souffle l’écume de nos vies
C’est la décomposition des voyages en exils
Le fumet putride de nos indifférences alanguies sur le lit de nos vices
C’est cela qui a pourri mes rêves
 
Dans les transports souterrains
Je ne fais plus la différence entre la nuit et le jour
Il ne faut pas dormir. Au premier affaiblissement de ta vigilance
Ils sont déjà sur toi, garants de la bonne conscience,
Griffons de la morale économique
Aigris de toutes les croyances.
Ils te jugeront coupable
puis tireront profit de tes atermoiements
Et spéculeront sur ton agonie…
 
Surtout ne pas laisser pénétrer leur discours aux relents d’impuissance
Plutôt crever les tympans des sourds en chantant partout notre déshérence
Fût-ce en un cri d’agonie
 
Voilà ce que la petite boîte bleue me souffle
 
J’ai bien grandi

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Miroirs

Je viens d’entendre le déclic de la folie
De peur que tu ne déchires mon cœur en deux
J’y ai planté mes dents l’ai réduit en lambeaux
Histoire que plus rien ne me touche

Liberté ma seule conquête
Qu’importent les épreuves qui en résultent
Je continue la lutte
Et prononce ton nom à chacun de mes pas
Je n’ai pas de sens et mets ma vie sens dessus-dessous pourquoi
Pour trouver les mots qui te feraient aller plus loin en toi
Liberté si je te chante telle une déité juchée sur un pinacle
C’est que j’ai vécu diverses sortes d’esclavages
Et en ait connu d’autres de trop près
Si dans un sursaut je choisis encore la voie de la lumière

Je n’oublierai jamais nos infinités de solitudes
Se reflétant comme les miroirs sans fin de nos affinités

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Le bonheur

Je veux savoir combien de temps dure le bonheur
De peur qu’il ne me quitte
Améthyste promesse
 
L’enjeu de tout cela
C’est une vaste farce lumineuse
Plongée dans un vortex fatigué
Par tant de messages sans réponse
Digne stature friable
Instable logistique
Fierté égarée sur un trottoir visqueux
Prend mouche

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Ce que raconte le sable

Fuir en soi-même
Chevaucher la cascade de l’être
Se coucher sur un tapis
Fait de myriades d’ailes de papillons
Redevenir
Au bout de quelques vers
Celle que j’ai toujours été
Princesse à la malédiction argentée
Guerrière d’outre-sang

J’ai marché hors de ma tombe
Sur un chemin de roses pilées
J’ai plié la nuque devant l’Éternel
Et je me suis relevée
Une torche sur la tête
Et un éclat de rire en poche
Un seul
Pour briser les océans de glace
Où j’ai perdu la face
J’ai laissé des traces paisibles
Sur la neige écarlate

Dans un monde parallèle
Je fus impératrice
Régnant sur des regards successifs
J’ai pris racine dans un souffle de désir
Pour la terre entière
J’ai pris contact avec l’univers
Dans chacune de mes lettres
Doutant de la véracité du soleil
J’ai convoqué les ténèbres
Et ces étoiles qui ont perdu plus d’un voyageur
Pour en conter à mon tour
Des fables

J’étais un astre fusionnel
Luciole égaré dans un ciel trop vif
Flamme dans l’incendie
Innocemment je cherchais le sens
Comme si j’en avais besoin
Au point de rallier des drapeaux invisibles
D’embrasser des nations de songes

Sur la plus haute branche du plus ancien des arbres
J’ai crucifié ma rage comme un totem
On sait ce qu’il en advient
Puisque me voici devant vous
A l’aube du 3ème jour
Je m’occupe
A sniffer les nuages
Sur une page toujours vierge
De mon sang maculée

Je suis miraculée
Revenue du nirvana de la folie
Sans un regret
Avec juste une larme de hyène
Pour tous ceux qui trouvent un asile
Dans des croyances confortables
Des convictions friables au contact du temps

Je sais
Ce que raconte le sable
C’est pourquoi
J’ai perdu la raison
Le temps d’une illusion
Et surmonté la honte

Humble
Je sais ce que raconte le sable
Et je tremble

Terre noire

Je suis en prise avec une main qui écrit seule
Comme on remonte à rebours un conte phénicien
Un sens qui s’étale obscène se met à nu dans sa vacuité
Dépouillé de tout style – vérité
 
Une perle tombe et à l’impact se liquéfie
Une image parle
Couronne à terre
Sur le sol des hommes crient “Kemet”
Ils cherchent leur négritude
A même le sable de l’histoire

Sur la peau
La mémoire s’est inscrite en forme de cicatrices
La douleur s’est transmise
De mère en fils
Des chaînes faisant office
De souvenirs
 
Ligaturée sur le papier
Soumise à l’ordre chronologique
Notre dignité de peuple
N’en finit pas de se réveiller

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Epique

J’ai passé un temps épique
A lutter contre mes pulsions artistiques
Et j’ai failli gagner
C’est ce qui arrive aux âmes poétiques
Qui sont lasses de se sentir atypiques
Inadaptées

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