IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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Une chanson douce

Pour faire une chanson douce de quelques mots d’adieu
Il faut de l’inconscience
Faire semblant de croire que les serments s’effacent
Comme des ronds dans l’eau

Pour tirer des poèmes de ses histoires de viol
Il faut de l’imprudence
La prétention de croire qu’on peut aider quelqu’une
A se survivre

Pour rapprocher les êtres depuis sa solitude
Il faut de l’assurance
Le bâton de parole alors ne suffit pas
Il faut être berger

Comme pour rester fidèle il faut être un parjure
Quand les liens nous entravent
Les plaintes des perpétuels volontaires au sacrifice
Sont pénibles à entendre
Et ardues à chanter
J’en ai la voix cassée

Pour faire une chanson douce de quelques mots d’adieu
Il faut être à bout de forces
De tendresse
Accablé-e

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Parle-moi

Parle-moi
Dis-moi tes doutes et tes douleurs
Tes routes et tes couleurs
Goutte à goutte
Je t’écoute
Raconte-moi tes colères
Tes tempêtes, tes courants d’air
Tes luttes et tes démesures
Tes ratures
Parle-moi de l’attente
De l’appel qui ne vient pas
De l’indicible étreinte
De la mort comme appât
Tu traverses le désert
Comme un océan d’or
Tu vogues vers ta lumière
Ta parole y dort
Parle-moi

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Pardonnez-moi

Pardonnez-moi si je m’isole
Je ne fuis pas des êtres
Mais des situations qui me désolent
Des dialogues de muets
Des ballets d’éclopés qui me tirent des larmes
Au son des chants lugubres qui annoncent demain
On dirait que tous se préparent
A finir comme gibier d’un macabre festin

Pardonnez-moi si je résiste
Je secouerai ces entraves jusqu’à épuisement
Il y a des créatures qui ne supportent pas l’enfermement
Qui se laisseraient mourir plutôt

Pardonnez-moi si je m’éloigne
Il faut de la distance pour apprécier les êtres
Et puis mon exigence est intacte
Pour que brûle le feu des retrouvailles il faut savoir partir
Alors je vous quitte incessamment
Car je ne suis que matière incandescente
Et ces espaces où l’on se cherche sont imbibés d’amour

Si vous saviez comme la tendresse me dévore
Mon âme se parcelle
Et dans ces bouts de miroirs
J’aperçois mon unique
Je l’ai rencontré maintes fois et je sais qu’en chacun de vous
Il y a une part de lui

Pardonnez-moi si je m’envole à tire d’elles
Il est grand temps que je me fasse la belle

Parce que vous

Parce que vous n’avez rien dit
Je suis partie polir mon glaive
Dans de vertes contrées reculées

Tout ça
Pour vous épargner ma revanche
De femme domptée

Placer le mot tabou
Ma spécialité
J’y renonce par jeu
Et par gravité

La vérité trop suave
Voudrait assassiner

Parce que vous n’avez rien dit
J’ai déplacé la montagne
J’ai recraché l’océan
Sur la plaine désertique
L’océan de mensonges
De rêves et de songes

Parce que j’en avais trop dit
J’ai recompté mes cicatrices
Rassemblé ma vieille carcasse
Veillant à ce que mes os ne blessent personne

Parce que j’en aurais trop dit
J’ai payé
Le prix le plus cher
Les marques sur la chair
Le coût du désespoir

Pourquoi vous n’avez rien dit
Pour que
Je déplace la montagne
Je recrache l’océan
Sur l’esprit désertique
L’océan de mensonges
De rêves et de songes

A présent
Je plonge

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Goutte de pluie

Où vont les visions évanouies ?
Dans quel éden, quel enfer
Dans quel puits ?
Elles passent, nous subjuguent, et s’enfuient
Qu’y puis-je ?
Qu’y puis-je ? Moi pauvre goutte de pluie dans la jungle aride

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Déraison

Nulle raison de t’en vouloir
Il n’y a que folie d’avoir voulu croire
Que dans l’ombre de tes phrases j’irais me reposer 

Nulle raison n’est venue pervertir mon âme quand je t’ai suivi
Nulle raison n’apaise encore mon cœur aujourd’hui 

Et ce sont tes paroles qui viennent écorcher le soyeux velours
Dont j’avais enveloppé notre a. 

velours miracle bleu marine 520 - Mail

Ne pas chercher

Ne pas chercher
Ne pas chercher le mot qui frappe
Le mot qui tue
Ni la rime qui caresse
Ne pas chercher
Écrire à tout prix
Pour se désaltérer
Posée dans une oasis
Entourée de souvenirs qui affleurent
Ne pas regretter l’innocence
Que l’on a jamais connue
Mais savourer la conscience de toute chose
Le parfum d’une rose
Et même
Une bouffée de cigarette ce poison

Des volutes d’encens
Inspiration volatile
Cœur fébrile
Des mots qui s’enchaînent
Pour des phrases qui libèrent
Un soupçon de cannabis dans l’atmosphère
Je n’y aurai pas droit
Mon cerveau ravagé
Est déjà passé par là
Je connais
Ces chemins artificiels
De substances plus ou moins naturelles
Vers l’unité bien réelle

L’harmonie que mon cerveau synthétise
A partir d’une molécule légale
Est-elle plus ou moins concrète ?
Le mieux
C’est de ne pas se poser la question
Quand on a vécu en état d’urgence
La moindre parcelle de paix se savoure
Comme une friandise inespérée

Je n’ai pas fini d’être révoltée
Mais je n’irai plus errer dans les limbes

Sans la transe
Mon bic a perdu en puissance
Mais la force de mon écriture noire
Se nourrit encore d’espoir

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Ne me dis pas

Ne me dis pas ce qui t’est arrivé
Je ne veux pas savoir
Les mains sur tes poignets
Les doigts autour de ta gorge et
Ta tête contre l’évier
Je ne veux rien savoir

Ne me dis pas combien tu l’as aimé
Ce monstre
Tu as beau le traiter d’enfoiré
Ta voix tremble lorsque tu dis son nom
Est-ce encore de crainte ? Ne me dis pas

Ne me dis rien, tais-toi
Je ne veux pas imaginer
L’enfer au quotidien
Le cauchemar éveillé
Je sais qu’il t’a marquée
Pour plus longtemps que l’éternité

Alors ne me dis pas ce qui t’est arrivé
Les rapports forcés
Le sang qui a giclé
Je veux garder ma tranquillité
Je veux te regarder avec sérénité
Qui aime les poupées cassées ?

Alors je t’en prie pour nous préserver
Garde ton secret

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Merci

Merci pour
Les émotions pures
Pour que le souvenir dure
Le passé se murmure
Écrire du fond de l’enfer
Revenir pour se taire
Fière
Et laisser sa dignité choir
Son cœur
Virer au noir
Prier pour la gloire
Et puis ne plus y croire
Il va pourtant falloir
Un soupçon d’espoir
Et puis se battre encore
Plus fort
Pour un rien, une semence
Un reste de démence
Zeste d’incohérence
Un geste, une danse
Une errance
Une musique de fous
Et puis c’est tout

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Voyageur

Malgré la lassitude
Je me force à écrire
Comme le voyageur à bout de forces dans le désert
Je vois un poème comme une oasis
Nos larmes se diluent à la source du verbe
Je sens monter la puissance
A mesure que mon âme se dilate
Je prends appui sur son évanescence
Puissent mes paroles se voir pousser des ailes
De sorte qu’elles vous emmènent là où la vie est belle
Et la douleur un souvenir
Je ne veux pas mourir sans avoir donné ma sève
Sans avoir vécu mes rêves

En dépit des pleurs qui ont coulé
Je suis sérénité
Tel le voyageur à bout de forces dans le désert
Je crois à ce mirage
Qu’il soit illusion ou bien salut cela n’a aucune importance
Je crois en mes images le reste n’a aucun sens
Puisqu’on est voués à s’égarer dans des dédales de miroirs
Où notre ego cent fois blessé nous incite à la censure
Et la crainte de souffrir devient notre pire ennemi
Je viens briser tous ces reflets
Munie d’une intention pure
Pour qu’on ait plus peur les uns des autres
Pour propager l’amour dont nous sommes les apôtres

Tel le voyageur à bout de forces j’étais à terre
Et je me suis relevée quand je l’ai vu
Et si je marche et si j’ai encore la force d’avancer
C’est que ce rêve
J’y ai cru

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