Jeu des colères : la poésie

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Des années de chaos
En une seconde évanouies
Juste en fermant les yeux
Sur la soif du volcan
Une larme de sang
Un rire de crocodile
Une odeur de cristal
Le sommeil du fauve
Dire adieu
Fermer la parenthèse
Du vice épanoui
Le souvenir d’une flamme
Tient-il chaud ?
Le jour qui se répète
Nargue l’oubli
Efface les promesses
D’une mémoire étrangère
Un souvenir suspect
De complicité
Avec la folie tendre
Adulée
Des claps d’applaudissements
La fin d’une rengaine
Une rancune sourde
Acculée
Le silence se révolte
La vérité effraye
Accuse
Avoir tourné la page
Se repaître d’un mirage
Désaltéré
Le bleu sur mon visage
Leurs mains qui se détournent
Lâcheté
Le pardon sous la rage
Des mots exagérés
Des plaies sous-évaluées
Un procès
Détournement de sens
Un attentat lyrique
Crypté
Par une plume aérienne
Délicat anathème
Le bien que l’on redoute
Le diable que l’on regrette
Trop bête
Toi dis-moi quelle angoisse il me reste
Après avoir vaincu la peste
De quelle boue vais-je tirer la fleur de lotus
Quelle magie laissera sa trace
Il n’y a plus d’espoir
Les plaines arides ont laissé place
A un océan sans rêves
Dis-moi que faire d’un volcan tiède
Là où le diable de son haleine fétide
Fertilisait mes prières
Pour en faire des poèmes brûlants
Du bleu de l’amour
Et le Phoenix y a laissé ses plumes
Il ne vole plus au firmament
Avec son squelette j’écris
Tranquillement ce que sera demain
Dis-moi quelles larmes, quels gestes
Arracheront le ciel alors que la faim n’est plus
Les cafards rampent indifférents aux radiations nucléaires
Et je n’ai que de l’eau claire
Pour abreuver les muses qui ont soif d’ambroisie
Faudra-t-il un nouveau séisme
Pour que le cœur reprenne sa danse
Et le corps sa transe nubile
Dis-moi
Mais il est vrai que je me consume encore
Dans les couloirs de l’illicite
Et que je m’en félicite
Ai-je tort
Des sens la paralysie
D’essence le parallèle
L’explosion se fait attendre
Sans malice
J’étais un mythe, un prophète mort-né
Et je suis
A peine une poétesse sans ivresse
Revenue d’un nuage de promesses
Atterrissage sans parachute
Original
Tais-toi
Ne me dis pas par quelle fêlure
S’écoulera l’encre noire
Mon monde s’écroule encore
Sans bruit
Dans la fumée de nos esprits
Je fuis