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Tag: violence

Laisse couler

Laisse couler les larmes
Des larmes qui n’effleureront même pas la surface du patriarcat qui nous assassine
Laisse couler le temps
Pour éroder la douleur de nos esprits brisés par la violence
Laisse couler les flammes
Pour que passionnément elles embrasent
Les visages abjects de ces hommes qui ne savent pas ce que non veut dire
De ces hommes prêts à tout pour asseoir leur emprise
Sur nos cœurs
Sur nos corps rendus chose publique
Et sur lesquels chacun a son mot à dire
Sois plus mince, sois plus glabre, sois plus belle
Sois le désir ambulant de leurs fantasmes consuméristes
Sois plus douce, sois aimable, et souris
Même quand le système t’exploite et t’humilie
Souris pendant qu’on te jauge, qu’on te déshabille, qu’on te viole
Et laisse couler
Ce n’est qu’une blague, ce n’est qu’un geste
Juste une pub, une main aux fesses
Ce n’est qu’un film, ce n’est qu’un jeu
Ne sois pas prude, sois pas salope non plus
Sois pas conne, pas trop futée non plus
Faudrait pas que tu comprennes
Le rose te va si bien
Alors laisse couler
Laisse couler le sang
Noues y sommes habituées
Tellement

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A quoi ça sert

Apprivoiser le silence
Maîtriser le moindre geste
Que la parole soit juste
Douce et tendre, ferme et sans appel

Vivre aux côtés d’un fauve écorché
L’appel du sang absorbant tous nos sens

La morsure du désir qui pour toujours s’inscrit
L’appel irrémédiable vers ce qui nous détruit
La fierté du regard voilé qui se relève
Le dos striée la tête haute
Les ovaires qui se révoltent dans la douleur
La peur de porter et transmettre la vie
De confondre un père avec un imposteur
De nous priver de bonheur à cause de ma colère

Est-ce une preuve de faiblesse ou d’un courage patient
Était-ce ma force d’âme ou mon entêtement
Je ne sais pas

Mais si on ne peut plus s’appuyer sur la force des serments
A quoi servent les mots des amants ?

A force

A force de fouiller le sol de mes désirs
je l’ai trouvé dans les entrailles de mes plus inavouables pensées
Tandis que ses paroles me délivraient des chaînes de la raison
ma chair se délectait à la vue du vampire qui dansait sur sa tombe
hypnotisant mes sens

vanité
dire que je prétendais lui redonner le goût de la lumière

Je l’ai suivi d’emblée depuis le temps que je me préparais à trouver mon maître
déjà auparavant ma candeur stupéfaite
avait senti pousser à l’envers de mon aura des ailes de dragon
A force de chercher des questions à la chaleur indifférente du jour
j’ai trouvé des réponses sur le seuil des enfers
d’où sa parole déchirait l’amour en silence à la lueur de la lune

un ange passe

réminiscence de mon innocence qui s’efface tendrement dans le miroir
flaque de sang sous les pieds de mon âme férue d’enfance
furie de la drogue qui effleure sans les ouvrir les portes du cachot
fièvre d’une harangue où je pleure de voir s’éteindre les âmes fortes sous les crachats

Partout où l’on plante notre Verbe une fleur poussera
pour crier nos plus vives couleurs

pour ne pas perdre sa trace il faut forcer l’ivresse
divorcer du monde qui renie ta face
soustraire ta conscience aux plaies qui te harassent

Et si dans mes prières
j’ai pu préparer ce parcours de la peur en toute inconscience
permets-moi simplement de donner un sens à mes errances
car me voilà punie de mon indécente soif de sagesse
orgueil
toi qui me fit miroiter les étendues de la liberté
j’ai peur de ne plus craindre la mort
de désirer l’oubli

mes lèvres me brûlent de tant de peines tues
je ne connais pas de langue assez crue pour dire
l’accumulation des menaces sur mon cœur de négresse
la fière malédiction que porte ma tignasse
je ne peux pas davantage oublier la couleur de ma peau
que la fente entre mes cuisses
le virus mortel de votre indifférence s’immisce dans cette plaie tiède
Est-ce la détresse qui me pousse à chercher dans leurs haleines fétides des relents d’amour ?

J’ai peur de donner la vie

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