IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: vérité

Il paraît

Il paraît que je peux tout dire
Il paraît que le slam c’est libre
Il paraît que la poésie c’est vivre en accord avec une certaine idée d’exister
Il paraît que je m’appelle Vérité et qu’il n’y a pas de hasard
Si j’ai grandi perdue et si seule l’écriture m’a trouvée
Je me suis laissé dire qu’elle pourrait me sauver
Qu’elle ne me raconterait jamais d’histoires
Il faut écouter sa voix intérieure il paraît
Il paraît que je suis forte
Que j’ai des atouts
Que je peux m’en sortir seule
Il paraît que j’exagère mes douleurs
Que si je en regardais pas tout sous la même couleur
Celle de la révolte
J’aurais à ma portée plus de paix et de portes qui s’ouvrent
Il paraît que sous ma perpétuelle complainte
Il y a une artiste qui couve
Il paraît que parfois je gagnerais à me taire
Il paraît qu’il n’y a rien à gagner
A renier le silence
Qui s’imprime sourdement sur les pages blanches
Parfois virtuelles
Que je souille de mes prétentions à une existence éternelle
Au delà de mon corps de chair de peur de désirs
Il paraît que je suis libre!
Et pourtant
Il paraît que je suis fière
Je me le dis dans la glace pour me guérir de l’orgueil
Qui m’a fortement fait défaut
Je cherchais des gens vrais et j’ai croisé des faux
Mais je n’ai pas perdu l’humour
Ni l’humeur
D’aimer
Clin d’œil à tous ceux que ma voracité à malmenés
Que ma jouissance a emmenés
Dans ma faim d’éternité
Pour que nos mots s’impriment dans l’éther
Sommes-nous prêts à payer de nos maux
La dot de ce mariage avec le ciel?
Au fin fond du cosmos
Je suis allée sentir ce que c’est qu’être uni-e-s
J’en ai ramené un trait de poésie
Mais le filtre de mon âme désassemblée
Fit éclater le Verbe en de multiples parcelles
Miroirs dépareillés
Dans lesquels je guette l’éclat de l’infini
Il paraît que tous les artistes se rêvent immortels
Il paraît que tous les hommes….
Il paraît que ce n’est pas grave si ce terme résume à lui seul l’humanité
Absorbant sa majorité silencieuse
Il paraît que j’en fais des tonnes
Que le poids de nos souffrances pèse sur mon entendement
Cela m’étonne
Car pour guérir de la cécité
Rester lucides quand le mensonge a trop irradié nos iris
Ce sont ceux qui hurlent qu’il faut écouter d’urgence
Saisir le message qui se dégage de leurs présages
Parfois teintés de rage
Ce sont ceux qui saignent
Qui dévisagent la vie dans toute son impudique valeur
Il paraît que ce sont les rêveurs
Qui font avancer notre monde dans le sens du bonheur…
Et pourtant
Pour un espoir
Qui repose sur un frisson
Recueilli dans le noir
Pour un sourire
Pour un regard entendu entre deux portes closes
Mes lèvres écloses
Laissent échapper un souffle d’une envoûtante prose
Ou d’une rime malicieuse
Alors je vole vers ces abîmes délicieuses
Il paraît que j’existe
Enfin
Chacune de ces échappées
Me fait passer un peu plus le goût d’une vie terne et sans flamme
Je mets en péril ma paix d’esprit
Pour ce petit supplément d’âme
Il paraît que c’est une addiction
Il paraît qu’il me faudrait admettre les choses sans condition
Et jouer le rôle des relations humaines
Que c’est une question d’adaptation
Il paraît que certains sont sourds
A l’appel de la révolution
Il paraît que je devrais être plus égoïste
Alors je ne sais plus quoi penser
La sagesse me met sur une piste
L’expérience sur une autre
Est-ce à ce croisement que l’on dépiste la foi?
Car il paraît que ça se perd au détour d’un chemin
Que ça se trouve aussi des fois
Au terme du désespoir
Il paraît que je dois accepter que mon âme est noire
Sous un certains regard
Et ne pas chercher toujours à arrondir les angles
Et que si tu les blesses
Eh bien ma foi
Eux ne t’ont-ils pas blessée
Plus d’une fois?
Il paraît que l’univers a sa justice
Que la raison ignore
Et bien d’autres choses encore…
Il paraît que je devrais m’en tenir là
Sans chercher à mesurer la vérité
A l’épreuve de mon vécu
Ni à chercher des preuves dans l’adversité
Que les étoiles veillent sur les rêves qui les suivent
Il paraît que je crois trop fort ou pas assez
Il paraît que c’est une des questions que je devrais laisser reposer
Là où elle ne dérange personne
Il paraît que je n’ai jamais su vraiment écouter que mes doutes
Il paraît que je ne suis pas la seule à être contradictoire
Il paraît que ce n’est pas une excuse
Alors puisque même les mots s’usent
Que les émotions me reviennent comme des boomerangs
Je devrais me laisser couler
Dans le sommeil des apparences
Il paraît que le fleuve du bien-être y danse
Le long des rives du territoire de la résignation
Il paraît qu’à l’envers de la conscience
Lorsque survient la nuit
Des portes s’ouvrent entre les hémisphères célestes
Des liens se tissent
Et des muses se délestent de leurs présents
Dans nos esprits rendus possibles par l’abandon
Alors du bout de mon éveil paradoxal
Je les piste
Pour vous les livrer en un éternel sourire
Ou une profonde goutte de sang
Mais la tendresse et la colère ne sont pas du même clan
A ce qu’on prétend

lady-of-cosmos

Je suis

J’écris depuis toujours. Depuis que j’ai découvert que les mots peuvent soulager nos maux. Partage de brisures intimes, les phrases tricotent un sens à ma vie décousue. Je cherche.
J’imagine que chacune, chacun, tente à sa façon de remontrer le labyrinthe jusqu’au noyau de son être, là où l’amour respire l’évidence, où les mirages du paraître s’estompent pour faire place au miracle de l’unité qui se révèle, et se livre sans relâche, malgré notre acharnement à l’ignorer.
Brouhaha de nos prières. Cacophonie de nos révoltes brouillonnes. Pourtant la paix et l’allégresse persistent à nous hanter de leur souvenir. Comme un codage génétique de l’âme, un programme caché.
Souffrance, colère et douleur; la vérité du vivant est avilie. Mais il n’est plus temps de chercher les coupables…
J’écris ma quête de sagesse. L’incohérence me guette gré de ces questions aux milliards de réponses.
Je suis le monde, la peste m’envahit lorsque j’ai laissé trop de rancœurs s’accumuler. Leurs exigences de vengeance m’acculent à mon insu. Lorsque demain se dérobe et recule, la peste de mon âme m’empêche de saisir les richesses du présent, les milliards de possibles qui s’articulent.
Échapper à la grande illusion du temps. Les plus beaux souvenirs pourrissent sous la pluie de nos larmes amères, et le néant de la douleur soigneusement entretenue par nos récriminations imbéciles, envahit tout.

Sur nos visages où la beauté s’éteint parfois la joie trace des cicatrices. Je voudrais étendre ces sourires spasmodiques pour déchirer le voile. Nous ne sommes que des étoiles fuyantes
Comme autant d’astres dans la galaxie, au-dessus des mondes qui s’éteignent et se créent dans une impermanence sensible

Je suis la chair, et je tremble. Asservie par décret je suis négligée, et je n’ai que ces sursauts de violence pour me manifester. Je jouis dans la décadence d’un jet de lave, et mes cendres fertiles recouvrent bientôt les cadavres
La nature sacrifiée ne se venge pas. Elle réagit, comme mon clitoris à la caresse de tes doigts.
Je porte la mort comme le Phœnix, je suis un mythe qui te guide et t’étreint, la couleur ombre qui dessine tes traits.

Je suis le monde et je n’existe que par tes yeux, toi que j’ai créé pour combler mon cœur, en secret, mon chaos intime, mon rêve, mon désespoir. Je t’aime.
Au milieu de ton corps où les pièges se nichent, innombrables comme les lames scintillantes dans une forêt d’épées, accueille-moi que je me trouve enfin
Je viens.

Duelle

Dans un même élan
J’aime et je méprise
Je me lâche et me maîtrise
Je désire comme je respire
Je vous attire pour mieux vous fuir

Je me suffis à moi-même
Je me sens vivre quand on m’aime

J’ai dans mes doigts de la magie
Sur mes lèvres une poésie
Ma peau douce est une écorce
Sous laquelle coule une sève féroce

Je peux te guérir mais
Je veux en fait te voir mourir
Pour renaître à un monde où le désir
A la force des rêves que l’on plante au soleil
Un monde où ton âme enfin s’éveille
Et où tu danses avec ton corps
Car la crainte de la mort
N’a plus de raison d’être

Je peux
Faire vibrer tous tes sens
Et te faire perdre ton sang-froid

Mais on en a brûlé des sorcières
Pour moins que ça
Je suis une lionne fière
Esseulée

Avec les fils de mes doutes
Je tisse ma route

Quelle vérité se dessinera
À la fin du canevas ?

Âme infidèle
Sauf à moi-même
Et à des sentiments que tous ne comprennent pas

Je suis
Une femme
Là est mon drame
Là est ma flamme
Là est la source de mon combat

Quand dieux et démons se disputent le chemin sous mes pas
Je voudrais juste pouvoir sortir de là

Je rêve d’une puissance franche
D’un verbe qui tranche
D’abattre l’oppresseur à l’aide d’une arme blanche

Mais mon cœur flanche

Je tiens le stylo comme un poignard
Et avant de frapper je sais qu’il est trop tard

Votre injustice m’a déjà vidée de mon propre sang
J’ai vu périr ma dignité sous vos jugements
Je suis libre
De donner mon corps
Si j’aime le corps à corps
Si je raffole de ces puissants accords

Je sais mon besoin de changer la partition
De la mélodie de l’amour
Qui nous chante encore la même chanson
Du «que toi pour toujours»

Mais les fausses notes trop fréquentes
Dénotent une évidente
Discordante dysharmonie

Alors je change de clé
Pour une nouvelle symphonie

Je suis
Un instrument
Celui de ton plaisir
Ou bien de ta fierté

Je me rappelle avoir aimé
Être ainsi exhibée

Mais que je vibre sans tes doigts
Telle une harpe au gré du vent
C’est l’instrument de ton pouvoir
Qui t’échappe en un instant

Je suis
Parfois
Ta chose
Je me rappelle avoir aimé…

Souvenirs d’un esclavage trop librement consenti
Et aujourd’hui dans mon évasion
Je voudrais t’emmener
Je voudrais tant mener notre histoire sur d’autres sentiers
Où nos cœurs restent entiers

Je suis
Tellement désolée
D’infliger de la peine
A ceux qui tiennent à leurs chaînes
Même pour aimer

Je suis
Une lionne fière
Mais sage

Je calque ma vie
Sur mon message

Et si je souffre
Si j’ai trop mal
Je mettrai par écrit
Mon cri primal
Qui est un cri
De détresse
D’une douleur animale
C’est la colère
D’une femme

Un cri de liberté

Noir sur blanc

Noir sur blanc
J’écris ces lignes insolentes
Pour faire parler les survivants
D’un continent qui les enterre
Parce que l’or noir
C’est la sueur de ces hommes qui ne perdent pas espoir
Et qui s’embarquent encore dans des galères
A force d’y croire
L’or noir
C’est le sang qui coula pour édifier la gloire des blancs
Et dont le rouge suinte le long des monuments
D’une touche de bleu ils ont maquillé notre histoire
Mais en vain

Noir sur blanc
Je crie quelques mots dans le vent
Ils semblent dérisoires
Mais nous savons
Que si l’air est au courant de nos projets de révolution
Il portera le message
Pour que le rêve se propage
Comme une contagion
Nous savons
Que les palabres traversent les pays
Surtout quand ils parlent de paix

Noir sur blanc
Je décris ma vision d’un continent qui nous éblouit de sa splendeur
Cela voudrait dire
Que l’on aurait purgé les manuels scolaires de toutes leurs erreurs
Que la justice aurait les mains déliées
Les crieurs de vérité seraient débarrassés das bâillons de la censure
On ferait des feux de joie de tous les bulletins de vote truqués
On danserait autour
Les enfants poseraient leurs armes
Pour aller jouer comme des enfants
La parole des anciens serait gravée dans le marbre de la mémoire collective
La terre appartiendrait à ceux qui la cultivent
Et non pas
A de puissants propriétaires
Planqués derrière des multinationales qui ne sont pas venues chez nous par hasard

Noir sur blanc
J’écris ces lignes comme des ratures
Pour ternir les odieuses dictatures
Mais en Europe, ils caricaturent
La démocratie
Ici
Des hommes du fond de leur palais se jouent de nous
Tandis que des peuples survivent à genoux
Et si notre héritage entre dans leurs calculs
C’est au musée
Pour se branler devant la beauté de nos arts pillés
C’est notre âme qui est vendue au moins offrant
C’est l’amertume d’être écartés de ces idéaux qu’on croyait français

Noir et blanc
Dans mes veines
Se confondent et s’alternent
Et ce conflit
Est le reflet de leur affront à l’humanité
Au fond
Ils tombent encore pour la France
Au front de la mondialisation économique
Le sol s’imbibe un peu plus chaque jour du sang de notre Afrique
afrique1

Reine

3854dfd7
Je ne sais plus les règles les barrières j’ai brisé les chaînes
Et j’essaye de me frayer un chemin dans cette immensité
Mon chemin est déjà tracé
C’est une piste de sable dans le désert des individualités
Qui devient plus nette chaque fois que le vent se met à souffler
Mon chemin
C’est une suite de vagues qui traversent l’océan
Ou bien dans les étoiles une constellation inconnue
Je suis fille d’une terre qui brûle alliance de feu et de sang
Et les reflets des océans sont la paix de mon âme
Je suis enfant de chair née du désir et du vent
J’ai sur mon front une couronne de soleil sertie de joyaux de sang
Reine d’un royaume sans nom
L’immensité sans substance est si lourde à porter
Mon âme, que fais-tu mon âme qu’attends-tu pour voler?
Sois pure
Est-ce que le soleil attend avant de se lever?
Et la mort comme la vie ne laisse jamais passer son heure
Quand viendra mon heure?
Je veux voler, rayonner et saigner
Et que ceux qui ont des yeux voient mon éclat et mon sang
Et que ceux qui ont des oreilles écoutent ma parole et ma voix
Il y a la révolte dans mon chant
Il y a la mort, il y a la vie
Il y a l’espoir qui ne me quitte pas et pénètre chaque jour un peu plus douloureusement mon cœur comme une lame
Il y a la haine dans ma voix
La haine et la souffrance et l’amour
Mais l’espoir est présent dans chacun de ces mots que je martèle comme des poings
Car je suis reine
Et je n’ai rien à faire dans cette prison dont j’ai posé moi-même quelques barreaux
Oui ma cellule j’en ai bâti les remparts
Poussée par le fouet – voyez les cicatrices
La peur au ventre je ne savais plus quoi faire
De mes mains ensanglantées j’ai pris ces pierres et en ai fait une tour tout autour de moi
Oui mais voyez je suis reine
Et je n’ai plus peur
Et j’irai marcher dans le désert jusqu’à trouver ma route
La source limpide coule déjà en moi comme le chant de la Vérité
Je suis reine
Et j’irais danser avec les étoiles et les planètes dans une valse avec l’univers
Très bientôt je danserai
Et j’irai voler dans la profondeur des mers sur les ailes des papillons de l’éther
Du chuchotement de l’herbe me parviennent des secrets
Je suis fille de la terre du feu et du ciel
Regarde comme mes yeux sont sombres
Regarde comme mon cœur est rouge
Ma vie est grise et mon histoire est sale et banale
Mais tout à coup tout cela s’illumine
Dans un éclair
Mon royaume est infini il s’étend plus loin que ce que vous êtes
L’espoir est mon royaume
La douleur est mon royaume
J’écris ce que je possède
Je possède ce que j’écris
Rien ne s’arrête jamais de naître ou de mourir
Je suis souveraine de ces mots qui apparaissent sous ma plume
Si jeunes et si fragiles encore
Invulnérables
Je vis de ces mots qui se précipitent sous ma plume
Ils sont pour l’instant petits et dérisoires
Mais si grand est leur pouvoir