IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: prières

A la poursuite de l’oubli

Griffure acide de la liberté sur un confort sournois
Vertige de l’évidence
Que nos choix nous séparent nous rapprochent nous empoisonnent
Hallucination lucide lorsque le glas résonne
Dans les récits de nos semblables à l’écho si sensible
Qu’il nous semble que nous fréquentons tous le même cimetière
De rêves avortés de souvenirs indicibles
Je pose genou à terre sous un arbre bavard
Et l’écoute me chanter sa langue de mystères
J’ai la tête enfumée de larmes de prières
Mais les pierres sont sourdes comme un peuple qui a peur
Je lutte pour sonder la matière de mon cœur
Un amas de fêlures de rocs et d’épines
Inexplicable courtoisie de la douleur
Humilité déconcertée de celleux que tout oppresse
Quand l’arrogance dort sur des liasses
La foule que l’on flatte que l’on menace
Pour qu’elle se trompe d’ennemi

J’écoute le front dans l’herbe la parole massive
Qui heurte les prairies les routes d’asphalte
Où circulent des convois de la mort
Droit de la naissance à l’abattoir
Faites qu’il ne soit pas trop tard
J’accuse le coup de ce réveil neuf comme la pluie
Sentiments croissants dans une indifférence totale
Quête d’un secours factice d’une exaltation interdite

A la poursuite de l’oubli
Mon ventre vide comme un reproche
Mes jambes serrées à ton approche
Et ma folie comme témoignage
Irréelle semence perdue dans ses limites
Rythme désincarné que personne n’imite
Soulagement de l’ignorance
Que nos idées nous divisent nous réunissent nous emprisonnent
Espoir démesuré quand la vie nous étonne
Dans les miroirs qu’offrent les rencontres fortuites
Il apparaît que nous regardons tous les mêmes étoiles
Que les mêmes songes et cauchemars nous habitent
Je me lève et repars sous un soleil furieux
Qui berce mon discours d’éternels adieux.

oubli2

Roses pourpres

J’ai stocké dans ma plume
Tant de thèmes à faire mal
De vérités qui saoulent
Les hommes qui font les sourds
Des histoires de fesses
Que les machos trouvent dégueulasses
Un vécu de négresse
À faire rougir vos visages pâles 

D’une main empreinte
De maladresse
J’astique les étoiles
Ma seule richesse 

Sur la face du monde
Où les larmes coulent toujours
J’inscris mon vécu pour preuve
De la force de l’amour

En expirant de mon dernier souffle 

Des prières informulables s’accumulent
A l’orée de mes lèvres maculées de colères
Odes à la beauté du diable

J’articule ma peine en sanglantes semailles
Pour qu’explosent les roses pourpres

Rose-pourpre-et-blanche

Absolu

Suivant le tracé de mon encre aux reflets blêmes
Mon calame m’emmène
Vers un pays dont nul ne revient indemne
Et dont la plume comme emblème trouble tous mes sens
Dans un état de transe qui frôle l’indécence
J’y pense les plaies de ma pensée blessée
De ma chair oppressée
J’écrivais en secret mes vérités taboues
Si j’ai pris la parole c’est pour aller jusqu’au bout
Quitte à ce qu’on me rabroue
Malgré les récits de nos luttes, la ferveur de nos prières
Ils prétendent que j’exagère ma colère
Moi je bous
Et tu déchiffreras les symboles tatoués
Sur le tranchant acerbe de mon verbe debout
Et tu te brûleras au sang de ce dragon qui m’a donné le sein
Sur la cendre liquide je me suis allongée
Pour attendre, lucide
Que l’enfer daigne me prendre
Forte des marques de ce voyage
Je me promène parmi les anges
Avec aux lèvres un air étrange
C’est un sourire
C’est un sourire qui présage du pire
C’est un air de victoire sur l’idée de défaite
C’est une chanson à terre et qui s’est relevée
A la faveur d’un silence
Tendrement insufflé sur le lit de l’absence
Dont je partage la couche
Où je rêve de ta bouche
Et mes lèvres se souviennent
Et ma langue se saoule des mots que tu retiens
Et mon ivresse me coule tandis que je me livre
Puis je dépose mes larmes sur un bout de papier
M’amuse avec ma muse
De ce que tu nous croyais à tes pieds
On te taquine
Pour t’emmener là où tu n’as pas pied
Et comme je ne sais pas me raisonner
Je vais te déborder
Humide symphonie pour instrument désaccordé
Par ton cœur débouté
Qu’importe ce que ça coûte
Je reprends ma clé d’ut et trace sur ma route
Sur de nouvelles gammes je pars en naviguant
Vers d’autres océans
Plus vastes, plus grands
A l’horizon de nos adieux
Je me retourne une dernière fois
Pour te dédier une lettre ou deux
A défaut de te faire déchiffrer ma langue de feu
J’en délie le fil pour en brûler les nœuds
Et sur ces cendres
Nubile
Mon âme vacille
En attendant, placide
Que l’absolu daigne me prendre