Alchimie
On ne peut reculer ni revenir en arrière
Quand on a entendu l’appel de la lumière
Pour mieux la transformer on chérit la matière
On perçoit l’or subtil caché dans la poussière

On ne peut reculer ni revenir en arrière
Quand on a entendu l’appel de la lumière
Pour mieux la transformer on chérit la matière
On perçoit l’or subtil caché dans la poussière

Nos corps sont des passages
Dans la béance écarlate
Je ne connais que moi
Et l’œil unique multiplié par la lumière
Il n’est pas encore né le miroir
Qui saura me reconnaître
Je le vois suspendu à la gorge d’un fétiche
Où se fichent autant de clous
Que de peines dans mon cœur
Puissance dormante attendant d’être invoquée dans la langue adéquate
Quelque part en moi je sais tout
Je sais regarder sans intention ni espoir
M’incliner devant l’herbe qui se couche sous mon pas
Éprouver ma gratitude à l’aune des plus infimes signifiances
Et la force de mon indulgence envers les géants
J’ai renoncé à trouver mon semblable
Enfin
Que ma voix se perde dans l’ivresse manifeste
Que mon souffle imprime la maîtrise absolue
J’ai tenté de cacher ce que je pensais être
Et personne n’y a cru
Vous êtes la soif et je suis cette eau
Qui attise à n’en plus finir
Cette soif que seules les constellations désaltèrent
Et qui vous fera trouver des galaxies
Dans un grain de poussière.

Mon encre est un fil où je cherche l’équilibre
Sans cesse ballottée entre des vents contraires
Jeter l’ancre est impossible tant je veux être libre
Entre les envies qui me poussent et des règles arbitraires
Un océan de normes dont je voudrais m’extraire
Sans cesse je titube
ivre de mes propres désirs
Mot à mot j’avance en funambule
À la droite de ma raison le vide est menaçant et le futur me presse
À la gauche de mes passions le chaos me glace et le passé m’oppresse
À force de maladresse même mes mots se brisent sur le flanc des extrêmes
Sous l’écorce de ma tendresse suinte l’émoi qui me grise lorsque mes sangs s’expriment
Et la vue me déprime
Le Noir et le Blanc se déclarent la guerre sur le terrain de l’Histoire
Le mâle et la femelle s’érigent en adversaires se renvoient leurs déboires
Entre instinct nomade et quête de foyer
Entre crainte innommable et courage dévoyé
Je voudrais fermer les yeux sur ma lucidité pour ne pas perdre l’espoir
Et je me perds en substances pour rallumer l’essence et mieux voir dans le noir
Sous l’attrait des ténèbres je rêve que mes paroles s’envolent dans la lumière
Et mon ego me gronde lorsque je me sens fière de n’être que poussière
Ma plume est un totem que j’invoque chaque soir à la lueur du silence
Loin de ce monde insensé où ma boussole se casse
Ignorant les semonces à l’équilibre je renonce
Portées par les tempêtes mes rimes enfin s’élancent et bousculent l’espace
..Vous faire perdre pied pour que nos âmes dansent