IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: Passé

Rétrospective

J’entends le bruit de mon frigo quand je dors
Mais j’aime mon studio
Quand je pense que j’ai failli dormir dehors
Je n’ai presque plus de souvenirs de ces années taboues
J’ignore par quelle force j’ai pu tenir debout
Où je trouvais les sous pour manger un bout
Franchir les obstacles posés bout à bout

Etre amoureuse d’un criminel
Pour lui scier mes propres ailes
Au bout d’un an de cauchemar se réveiller d’un coup
Sentir encore longtemps son joug sur mon cou
Sans avoir jamais rendu les coups
Je sens monter le rouge aux joues

A force de me faire la fête
Il a perdu le toit au-dessus de notre tête
C’est bête
Prêt à se faire loger aux frais d’une princesse
Tandis que je rejoignais les rangs des jeunes filles en détresse
Avec des bleus en souvenir
Je ne dis pas que je lui souhaitais le pire
Mais le jugement est tombé, il aurait dû le voir venir

Mes sentiments
Avaient la naïveté d’une carte postale
Je ne sais pas s’il en décorait sa cellule
Je me souviens aussi d’un taudis où les cafards pullulent
Où le machisme ambiant a pu me rendre folle

L’hospitalité
N’était pas comme dans les paraboles
Je n’ai pas voulu payer l’obole
Je repartais par les rues
Errant sur mes frêles guibolles
Le poids des bagages me rend fragile
J’abandonne tout pour être tranquille

Je m’évade du foyer de jeunes filles
Sans oublier mon stylo bille
Après un faux départ pour l’Afrique
Un abandon de plus par un mec
Et une expulsion définitive
Je tombe love
D’un nanti qui me prend pour son esclave
Et que ma perpétuelle révolte a gavé
Il vide ses couilles, fait son sac et me laisse à oilpé
Mûre pour l’HP

Maintenant j’ai plus le droit de fumer
La cigarette qui me faisait tant d’effet
Heureusement entre deux hallus mon esprit perché
A médité
La voix de Dieu j’ai écouté
Mon esprit fut désintégré
Et mon ego s’est effondré

Athée, j’attribue pas à Jah, Allah ou Jehovah
Les miracles de ces nuits-là
Mais à ma plume, qui toujours là
M’accompagna
Droit des enfers au nirvana

920654bouddhaceleste

Ce bijou

Mon corps est un bijou incompris
Qui cache un autre corps comme une gangue
Une lettre fictive dans une enveloppe parfumée
Qui ne serait adressée qu’à moi-même
Car seule je connais l’alphabet des scories
Qui parent mon corps dans ses formes invisibles

Ma chair est un silence éloquent
Autour d’un passé de guerres sans victoires
Pour la seule cause qui unit nos nuits blanches
A l’heure où trépassent mes rêves de gloire
De revoir ma candeur et son auréole

Ma jeunesse est un monument qui hésite
A se célébrer dans toutes les décadences
Tout en polluant la fontaine de jouvence
Ou à se consacrer dans l’abstinence

Mes yeux sont des lacs d’incertitude
Au sommet de cette machine adipeuse
Qui autrefois voyait saillir ses os
S’attirant d’autres regards, d’autres reproches

Mon sang cet élément impur
Lui qui parfois ne fait qu’un tour
Quand on lui parle de sa couleur
Sur le commode ton de l’humour

Et que dire de ma chevelure
Tantôt jungle en fête, tantôt parure
Mais toujours en dehors des normes
Du lisse et du sur-mesure

Mon temple a ses secrets inviolables
Bien que certains aient déjà essayé
Car même du temps de sa superbe
Mon corps était un bijou méprisé.

91765589_o

Encore

Je viens de là où le sens est une grâce accordée à l’être par un souffle d’origine inconnue
Ici il faut se battre pour chaque phrase, il faut se saigner pour se mettre à nu
J’étais l’innocence même, habillée de vertu
Les loups m’ont eue, ils ont tiré à vue
J’écris au chevet de mon corps regretté
Même mon enveloppe n’est plus ce qu’elle était

Mon âme est une loque abîmée, trop souvent s’est jetée dans l’abîme
Des restes de chair amoncelées, une sorcière pour en faire un poème
Je viens de là où la souffrance inspire ses errances à un ange de papier
Ici il faut tricher pour vivre et sourire pour ne pas pleurer
Rien ne dit qu’au bout du chemin surgit la délivrance
Le goût de l’espoir est rance, je préfère être en transe
Tout en serrant les poings je ferme les yeux et je pense

Je viens de là où les racines éclatent le bitume pour faire pousser des fleurs d’amertume
Et les perles jaillissent des yeux quand la mélancolie nous rapproche des cieux
Ici je cherche la voie des rêves en fuyant le sommeil
J’ai beau ouvrir les yeux plus rien ne me réveille
Je viens de là où le verbe est flamme et la musique t’embrase
Dorénavant c’est l’ennui qui m’embrasse
Où sont passés les volcans, les tempêtes et les cyclones
Je voudrais bouffer de la rage au petit déj
Cracher ma colère part tous les pores
Je viens de là où le combat incessant rend la vie hardcore
Et j’en veux encore

tempete-dobrowner-01