IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: paix

Respect

Si le malheur est bruyant
Alors le silence
Est gage de bonheur
J’en remplirai les siècles
Je ferai taire mon cœur
Si la mort est repos
Alors je meurs sans cesse
De t’avoir retrouvé
Et je renais sans bruit
Dans le plus grand secret
Si la musique est liesse
Je t’offrirai la paix
De la sérénité
Devant la force de notre amour
Même les instruments se taisent
Par respect

th (6)

Je vous déclare la paix

A vous les bourreaux de mon corps mortifié
A ceux qui m’ont jugée et me jugeront demain
Qui cherchez la cohérence dans mes pensées issues des terres du paradoxe
A ceux qui hurlent péché quand je cherche le plaisir 
Qui me déclarent coupable car je n’ai pas honte de jouir de l’infini pouvoir qui réside entre nos mains
Entre nos lèvres
A ceux qui se croient autorisés à me punir
Pour avoir navigué sur les terres instables 
de nos désirs brimés ou décrétés tabous
Pulsions d’amour que je place bout à bout
Pour disséquer le tissu de ces tristes sérénades 
qui s’élèvent des cités quand l’espoir crève le soir au coin d’une horloge 

Je vous déclare la paix
Je vous déclare la paix pour ces blessures qui ont un jour assommé vos cœurs
avec une telle violence que la tendresse est restée hébétée
Et le cÅ“ur s’est dit
puisque c’est ainsi puisque la douleur sévit derrière la moindre de mes ardeurs 
je ne me livrerai plus

Je déclare la paix aux forteresses de fortune
qui enrobent nos libertés déchues
aux chaînes et aux fouets qui trahissent l’espèce humaine

Je déclare le pardon pour les enfants de nos haines 

A punir sans soigner la justice sécrète sa gangrène
La jeunesse se suicide à grands coups de substances,
j’ai vu tant de grands esprits partir en fumée
dans les chants de bataille où nos forces s’épuisent

Vous qui m’avez fait payer le prix de vos souffrances
Dans l’extrême violence de votre indifférence
Je ne veux plus me battre contre vous
En déposant les armes j’ai pris quelques lames droit dans l’âme
mais je ne lèverai pas la main car au fond je l’avoue
ma peine est bien plus grande de voir l’amour mourir
et je sais comme ça mal la chute peut être fatale je le sais
je suis morte plusieurs fois
Dans ma chambre d’enfant en écoutant les cris de mes parents dans le noir
Sur un lit d’hôpital lorsque l’enfant tant espéré se retrouva aspiré
je suis morte maintes fois violée et il paraît que je devrais avoir honte 
d’en parler

Je vous déclare
la paix
terribles enfants vengeurs
pour ne plus avoir à vous regarder sous le filtre morbide qui recouvre nos âmes vides

Nos intimes barricades tracent les frontières du territoire de la peur
On tire à feu nourri sous la bannière de l’unité
reproduisant la devise qui nous vola la lumière en divisant les frères
Chaque jour
On signe de notre sang ce contrat de la démence on renonce
Hostiles par principe les transports ont perdu leur sens commun
Le sexe est devenu sale on ne sait pas comment
Avoir la conscience crade est désormais synonyme de bon sens

De bien obscures prémonitions se déversent de l’illusion poétique
Trop de balles qui se perdent dans les couloirs de l’art médiatique
Pas assez de cris en capitales sur les murs
Trop peu de vraie fureur, mais combien de slams qui s’escriment à exprimer leur rage en sourdine
Faites un peu silence sur le champ de bataille
que je m’exprime 

th (3)

Noir sur blanc

Noir sur blanc
J’écris ces lignes insolentes
Pour faire parler les survivants
D’un continent qui les enterre
Parce que l’or noir
C’est la sueur de ces hommes qui ne perdent pas espoir
Et qui s’embarquent encore dans des galères
A force d’y croire
L’or noir
C’est le sang qui coula pour édifier la gloire des blancs
Et dont le rouge suinte le long des monuments
D’une touche de bleu ils ont maquillé notre histoire
Mais en vain

Noir sur blanc
Je crie quelques mots dans le vent
Ils semblent dérisoires
Mais nous savons
Que si l’air est au courant de nos projets de révolution
Il portera le message
Pour que le rêve se propage
Comme une contagion
Nous savons
Que les palabres traversent les pays
Surtout quand ils parlent de paix

Noir sur blanc
Je décris ma vision d’un continent qui nous éblouit de sa splendeur
Cela voudrait dire
Que l’on aurait purgé les manuels scolaires de toutes leurs erreurs
Que la justice aurait les mains déliées
Les crieurs de vérité seraient débarrassés das bâillons de la censure
On ferait des feux de joie de tous les bulletins de vote truqués
On danserait autour
Les enfants poseraient leurs armes
Pour aller jouer comme des enfants
La parole des anciens serait gravée dans le marbre de la mémoire collective
La terre appartiendrait à ceux qui la cultivent
Et non pas
A de puissants propriétaires
Planqués derrière des multinationales qui ne sont pas venues chez nous par hasard

Noir sur blanc
J’écris ces lignes comme des ratures
Pour ternir les odieuses dictatures
Mais en Europe, ils caricaturent
La démocratie
Ici
Des hommes du fond de leur palais se jouent de nous
Tandis que des peuples survivent à genoux
Et si notre héritage entre dans leurs calculs
C’est au musée
Pour se branler devant la beauté de nos arts pillés
C’est notre âme qui est vendue au moins offrant
C’est l’amertume d’être écartés de ces idéaux qu’on croyait français

Noir et blanc
Dans mes veines
Se confondent et s’alternent
Et ce conflit
Est le reflet de leur affront à l’humanité
Au fond
Ils tombent encore pour la France
Au front de la mondialisation économique
Le sol s’imbibe un peu plus chaque jour du sang de notre Afrique
afrique1