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Chemins de textes

Tag: nirvana

quand

quand la conscience respire
après une retenue
qui se compte en années ou bien en millénaires
quand la conscience respire
les poumons deviennent arbre
l’arbre devient oiseau
et l’oiseau devient pierre
quand la conscience respire
tu deviens le firmament qui surplombe la colère
tout en veillant sur l’anguille
la murène et le jasmin
et te piquant aux aiguilles qui t’aiment dans les bottes de foin

quand la conscience respire
c’est la planète qui tourne
c’est le jour qui se fait nuit
et la nuit accessible
c’est l’antique confusion que murmurent les contraires
qui sombre dans cette eau que rien ne peut altérer
c’est le sort qui se rattrape
lancé depuis un temps qui n’existait pas encore

quand la conscience respire
c’est le faire qui devient souple
c’est le dire qui devient terre
c’est l’amour qui se fond et la mort que l’on désarme
sans pour autant lui retirer sa qualité première
sans même le vouloir
et tu as pied dans l’abysse
et te cogne parfois au ciel
et tu te sens penaud-e de découvrir si tard
la vraie hauteur de l’humanité
dépouillé-e de toute fierté alors tu piques un fard
sans te cacher

quand la conscience respire
tu prends de grandes goulées de peur que ça ne s’arrête
jusqu’à ce que chaque moment soit un horizon de paix
jusqu’à ce que tu réalises médusé-e
qu’en fait rien n’a changé
 

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Rétrospective

J’entends le bruit de mon frigo quand je dors
Mais j’aime mon studio
Quand je pense que j’ai failli dormir dehors
Je n’ai presque plus de souvenirs de ces années taboues
J’ignore par quelle force j’ai pu tenir debout
Où je trouvais les sous pour manger un bout
Franchir les obstacles posés bout à bout

Etre amoureuse d’un criminel
Pour lui scier mes propres ailes
Au bout d’un an de cauchemar se réveiller d’un coup
Sentir encore longtemps son joug sur mon cou
Sans avoir jamais rendu les coups
Je sens monter le rouge aux joues

A force de me faire la fête
Il a perdu le toit au-dessus de notre tête
C’est bête
Prêt à se faire loger aux frais d’une princesse
Tandis que je rejoignais les rangs des jeunes filles en détresse
Avec des bleus en souvenir
Je ne dis pas que je lui souhaitais le pire
Mais le jugement est tombé, il aurait dû le voir venir

Mes sentiments
Avaient la naïveté d’une carte postale
Je ne sais pas s’il en décorait sa cellule
Je me souviens aussi d’un taudis où les cafards pullulent
Où le machisme ambiant a pu me rendre folle

L’hospitalité
N’était pas comme dans les paraboles
Je n’ai pas voulu payer l’obole
Je repartais par les rues
Errant sur mes frêles guibolles
Le poids des bagages me rend fragile
J’abandonne tout pour être tranquille

Je m’évade du foyer de jeunes filles
Sans oublier mon stylo bille
Après un faux départ pour l’Afrique
Un abandon de plus par un mec
Et une expulsion définitive
Je tombe love
D’un nanti qui me prend pour son esclave
Et que ma perpétuelle révolte a gavé
Il vide ses couilles, fait son sac et me laisse à oilpé
Mûre pour l’HP

Maintenant j’ai plus le droit de fumer
La cigarette qui me faisait tant d’effet
Heureusement entre deux hallus mon esprit perché
A médité
La voix de Dieu j’ai écouté
Mon esprit fut désintégré
Et mon ego s’est effondré

Athée, j’attribue pas à Jah, Allah ou Jehovah
Les miracles de ces nuits-là
Mais à ma plume, qui toujours là
M’accompagna
Droit des enfers au nirvana

920654bouddhaceleste

Ce que raconte le sable

Fuir en soi-même
Chevaucher la cascade de l’être
Se coucher sur un tapis
Fait de myriades d’ailes de papillons
Redevenir
Au bout de quelques vers
Celle que j’ai toujours été
Princesse à la malédiction argentée
Guerrière d’outre-sang

J’ai marché hors de ma tombe
Sur un chemin de roses pilées
J’ai plié la nuque devant l’Éternel
Et je me suis relevée
Une torche sur la tête
Et un éclat de rire en poche
Un seul
Pour briser les océans de glace
Où j’ai perdu la face
J’ai laissé des traces paisibles
Sur la neige écarlate

Dans un monde parallèle
Je fus impératrice
Régnant sur des regards successifs
J’ai pris racine dans un souffle de désir
Pour la terre entière
J’ai pris contact avec l’univers
Dans chacune de mes lettres
Doutant de la véracité du soleil
J’ai convoqué les ténèbres
Et ces étoiles qui ont perdu plus d’un voyageur
Pour en conter à mon tour
Des fables

J’étais un astre fusionnel
Luciole égaré dans un ciel trop vif
Flamme dans l’incendie
Innocemment je cherchais le sens
Comme si j’en avais besoin
Au point de rallier des drapeaux invisibles
D’embrasser des nations de songes

Sur la plus haute branche du plus ancien des arbres
J’ai crucifié ma rage comme un totem
On sait ce qu’il en advient
Puisque me voici devant vous
A l’aube du 3ème jour
Je m’occupe
A sniffer les nuages
Sur une page toujours vierge
De mon sang maculée

Je suis miraculée
Revenue du nirvana de la folie
Sans un regret
Avec juste une larme de hyène
Pour tous ceux qui trouvent un asile
Dans des croyances confortables
Des convictions friables au contact du temps

Je sais
Ce que raconte le sable
C’est pourquoi
J’ai perdu la raison
Le temps d’une illusion
Et surmonté la honte

Humble
Je sais ce que raconte le sable
Et je tremble