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Tag: lutte

Iris

Une vérité aveuglante m’a brûlé la rétine
A présent je suis bien aise de distinguer une petite flamme
La lutte dans les yeux de mes contemporains

Elle s’est noyée toute seule, ma colère, sous une pluie de motifs variés
Elle n’est plus qu’un souvenir, ma colère
Je n’en suis même plus fière…
Juste un des multiples reflets de mon ego brisé

Je suis une perle de rosée sur un iris au soleil levant
Une larme qui ne coulera pas
Un renoncement subtil
Tel une sagesse antique

Je ne suis plus des vôtres
J’ai laissé ma dépouille dans la chambre austère d’un hôpital psychiatrique
Mais je ne souffre plus

J’attends la mort non plus comme un soulagement
Mais comme une conclusion banale
Je suis banale, et ça ne me révolte plus

Mon orgueil est en grève

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Mon territoire intérieur

Mon territoire intérieur
A longtemps été régi par la terreur de lois implacables
Pour les briser mes instincts se sont rendus coupables
Rebelles à la dictature de l’ordre
Mon territoire intérieur est souvent envahi par des ennemis
Auxquels il livre une lutte sans merci
Une politique martiale est appliquée pour préserver ses maigres acquis
Une illusion de cohésion
Aux dépens de l’imagination brimée
Il paraît que c’est une question de survie

Mon territoire intérieur
Est un champ de bataille
Mobilisés par la peur
Ses soldats ne font pas de détail
Ils surveillent le moindre surgissement d’émotions
Désir, plaisir ou colère
Tout est prétexte à suspicion
Feu nourri de défiance qui trouve sa justification
Dans d’affligeantes expériences
Il faut faire plus attention
Fait le ministre de la raison
Étouffons la rage dans l’œuf
Ne laissons pas s’exprimer les passions
Il faut bâtir un ordre tout neuf
Finies les vaines excitations
Qui s’agitent dans nos veines
Et nuisent à la production!
Voyez comme le chaos menace!
Il faut stabiliser, karcheriser, faire place nette
Sinon la voie des poètes
Conduira notre État à sa perte

Car mon territoire intérieur
A son propre gouverneur
Qui a des ambitions sécuritaires
Il veut faire taire
Toute velléité d’improvisation
Ne se sent bien que devant un parcours programmé
Sans charme
Il voudrait tout calculer
Jusqu’aux histoires de cul
Forçant les sens à prendre du recul
Trahissant l’essence de la jouissance

Mon territoire intérieur a soif d’avenir
Faim de devenir
Heureusement subsistent dans mon sang
Des éléments résistants qui répondent PRESENT
C’est pas toujours facile
Ils ont la vie dure
Dans les circuits lymphatiques ils s’organisent pour que la révolte perdure
Avec un rêve comme solution
Organisant des attentats à la raison
Assez spectaculaires
Pour que le dictateur toujours bigot
Les menace de l’enfer

Alors mes idées tremblent de doute
Et je ne sais plus quoi faire de mes prières
Qui m’ont si souvent guidée sur la route
Mais cette atmosphère de tribunal les dégoûte
Une nouvelle ère qui a des airs d’Inquisition
Les préjugés s’installent, en attendant d’être à la rue
Le jour du renvoi brutal des sales idées reçues

Dans mon territoire intérieur il y a une lutte pour le contrôle
D’un côté des valeurs droites, bien éduquées
Où tout est clairement rangé, divisé
De l’autre
Des concepts plus basanés
À qui l’on donne le mauvais rôle
Pour eux la vie n’est pas toujours drôle
Alors parfois dans leurs rangs l’armée de l’ordre enrôle
Avec le maniement des armes
Leur enseigne le mépris
Puis s’étonne quand ça crame
Les crimes gratuits se multiplient
Dans mes neurones c’est la folie
Mon corps se déchaîne
De la scène au lit
L’oreille absorbe, l’œil lit
La peau luit de colère dans la nuit

Certains mots trahissent le père Patrie
En composant des phrases de kamikazes
Déphasés, les amis du pouvoir tremblent de peur
Les autres peignent sur les murs de mon territoire intérieur
Des fresques en couleur
Qui crient douleur
Qui traduisent la rage au cœur
Qui visent à réveiller le bonheur anesthésié de sa torpeur

C’est que les gaz des armes lacrymales ont parfois une issue fatale…
Certains rues de mon territoire intérieur sont jonchées de cadavres…
Les morts provoquent des soulèvements de la mémoire
C’est qu’ils n’acceptent pas d’avoir dû se taire
Mais ma police intérieure ne devrait pas instrumentaliser leur colère…

La terre se réchauffe
C’est mon territoire intérieur d’en bas qui brûle
Du feu de l’enfer
Il faudra s’y faire

Il y a des fractures
Des plaies jamais cicatrisées
Dont jaillit le jus de la démence
Voyez comme ça danse
Sur les brasiers

Aux quatre coins de mon territoire intérieur
La chair a flambé
Sur les trottoirs fumant le cœur encore vibrant
Projette un rayon d’espoir
Obscure incandescence
Promesse d’une autre Histoire
Pourvu qu’il nous reste la force d’y croire

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Un petit tour

Un petit tour
La piste est grande
Et le ciel assez vaste
J’en vois qui ramassent les pépites dévoilées par une plume iconoclaste
Je déplace ma foi sur un autre terrain
S’Il m’a donné la force de supporter la faim
Nous sortir tous du gouffre devient un jeu d’enfant
Que plus personne ne souffre enfin
De cette indifférence infecte
Qui n’est pas l’œuvre de Dieu mais le produit des humains

Et puisque j’aurai tout perdu
Puisque rien ne m’appartient
Je vous offre en mémoire cette lutte détraquée
Ces rythmes désaxés
D’un animal traqué
Traquée par la peur du cambrioleur
Par l’angoisse surréelle
Par les mensonges formels
Et libérée par les ailes d’un pigeon qui s’envole
Angoissée par la mort
Par son inexistence
Comme menacée par les nuages qui s’amoncellent

A la source
Une lueur dans l’éternel
Comme une flamme dans les ténèbres
Qui résiste à tous les vents
Tel un sourire dans le ciel
Je vais, je viens
D’une petite étincelle
Féconder le néant

Nous vivons sur les vestiges d’une civilisation perdue
Égarée quelque part dans les couloirs de l’administration
L’absorption des chocs est l’affaire des voitures
Et les humains douillets
Tètent au biberon de quoi ne pas grandir
Sous peine de dépasser son propre ordinateur
On baise comme on danse sur un rythme binaire
Et comme on parle on se respire
La conscience viendrait d’ailleurs?
Tous les mots qui font mouche sont dit sans réfléchir
Au contraire
Vous l’avez pris pour cible
Le miroir est traversé de part en part
Que cela nous transperce
Nous bouleverse de bonheur

Un, deux…

Je rappelle que tous ceux qui n’ont pas apprécié mon sens de l’humour
Étaient libres à tout instant d’arrêter la plaisanterie
Du moins de l’enrayer par un obstacle sérieux
Non à cette blague sordide qui impose à nos vies
Tant de traites à payer
De charges à assumer pour simplement jouir en échange
Non à l’emprise de la vertu sur le vice
Si l’un se fait juge il rend l’autre victime
Non aux cadences horaires
Ne comptez pas sur moi pour vos tortures régulières
C’est non
Non au pied bandé de la femme moderne
Non au piédestal
Je dis non au pied d’une stèle qui pourrait bien porter mon nom…
Je dis non au gaspillage de ces petits anges enchaînés sur des bancs scolaires
Je dis non à tout ce qui voudrait récupérer la colère
Je dis non à la dernière des organisations conventionnelles internationales non gouvernementales sans but lucratif
Parce qu’une telle entité existe déjà elle s’appelle Terre
Non à toute réunion de personnes en vue d’organiser de mécaniser de rationaliser le fonctionnement admirable de la nature
De telles prouesses nous mettent à l’écart
Et s’il faut qu’on compare ce qu’on fait sera pire
Pire que de dormir quand on a envie de dormir
Et laisser jouer les enfants dehors
Je dis non à l’obligation d’être conforme
Même à soi
Non au travail forcé des vers à soie
Et comme on est entre soi je vous le confie pour moi-même
A la question de savoir si j’aime
La réponse est oui

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