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Pardon

Je voulais t’écrire un texte pour implorer ton pardon, chercher au fond de mes tripes ce qui reste de poésie et d’incantation, pour que tu me comprennes, pour que tu m’estimes à nouveau.
Je voulais invoquer la faiblesse de ma chair, la malédiction d’Eve qui pèse sur mes entrailles, mon attrait pour les délices des sens, qu’ils soient de fumée ou de corps qui s’enlacent, c’est toujours la même évasion que j’embrasse.
Je n’ai pas d’excuse à mon comportement, l’errance fait partie de mon tempérament. Les erreurs jalonnent mon parcours, car je franchis les limites, toujours.
Je n’ai pas trouvé la doctrine qui me limite, même la mystique fut une excuse pour mes expériences illicites. Peut-être que l’amour sera la solution, mais j’y vois pour l’instant comme une aliénation…
Un seul dieu, un seul maître, un seul amant, c’est toujours la même chose; dans mon adoration j’étais multiple et pourtant j’ai connu l’osmose… Entre le délire et la raison je n’ai pas choisi mon camp, tout comme entre le noir et le blanc. Peut-être suis-je volage pour être comme un homme, qui jouit de sa liberté sans être questionné… Peut-être suis légère pour me sentir femme, désirée… Mais je suis une âme divisée, qui cherche avant tout sa vérité. A travers des rencontres je vois mon portrait se dessiner, éclaté. Dans le bleu de tes yeux existe une exigence, un défi qui me souffle : résistance… Un appel protéiforme qui depuis toujours m’a subjuguée, au risque d’embrasser des causes controversées. Cette fois qu’ai-je à y gagner ? Un supplément de personnalité, une strate de mon être à solidifier. Peu de gens me poussent à me dépasser. Ils me troublent, ceux qui m’invitent à me questionner. Et tu es de ceux-là, à force de me déstabiliser. Tu me rappelles que l’équilibre est une danse, ce qui sans être une conclusion idéale, me rapproche de ma réalité. C’est en vain que je quête une ligne de conduite, car je ne suis qu’incertitude, ambiguïté, fuite. Je suis une femme mais ce n’est pas le propre des femmes. Je suis une boule de désir, mais ce n’est pas qu’un désir sensuel. Mon appétit féroce, c’est aussi ma faim de justice, le produit de mon expérience. J’ai beau avoir tourné la page de mes combats, il y a toujours cet ennemi invisible, et je suis une armée toute entière. Je suis désir de paix et d’unité, et je suis en guerre contre la normalité. Je m’égare dans tous les sens, et pourtant il n’est question que de cela, trouver la mèche pour allumer l’essence… Exploser

equilibre

Phoenix

Ceci est ma lettre du fin fond du silence
L’ennui me brûle la peau
Ici les roses ont un parfum vénéneux
Et l’espoir est si ténu
 
Sur la route
Je place un manifeste d’une joie implacable
Je suis revenue
Pour une seconde ou pour mille ans
Là où le souvenir a fait cramer mes rêves
Aux limites du refus, de la fièvre
Je ne partirai plus
 
Ceci est un appel déchiqueté et tremblant
La dernière soif de l’alcoolique
Le secret de l’alcôve
Un reste de tentation démoniaque
Un chant qui s’élève de toute son arrogance
 
Je ne suis plus morte, enfin
Je ne suis plus morte.

th (11)