Lapis Lazuli
On m’ordonne de plonger dans l’abysse
Je compte sur mon lapis lazuli
Et sur l’ancre que j’ai au doigt
Et j’oublie toujours que j’ai failli mourir
De cette violence gratuite
Le pardon m’est si naturel
Ils sont devenus fous de n’avoir pu expier
Sans toi
J’aurais été piégée par la droiture du démon
La vertu ignorée, l’innocence méprisée
Plonge dans l’hébétude les cœurs les plus sincères
Combien de génies brûlés à l’hôpital
Combien d’amoureux fous qui furent gavés de mensonges
S’accrochent au sentiment de propriété
Comme si le reste n’était qu’un songe
Combien de cobayes si mal rémunérés
Qu’ils ignorent jusqu’à la valeur de leurs souffrances
Et les bêtes dépecées sur la mousse des bois
Symbolisent l’absurde d’une vie aux abois
Je suis là, entre la chenille et la vaste sacrée
Je suis cette femelle née pour qu’on l’utilise
Je suis la larme reniée après la mort
Le verre de trop ravivera le goût de la rupture
Trop de coïncidences comme si j’étais en ligne directe avec Dieu
Avec les voix de celleux qui m’aiment derrière l’écran ou à distance
Reflets de mon émoi quand le présent se révèle
Indices miraculeux sur la conduite à suivre
Je visualise
Ma propre mise à mort paraît scénarisée
Mais personne ne connaît l’âge de ce calendrier
Pour circonscrire l’infini au bleu de ton regard
Il me fallait ce soir.
“J’aime ma vie”
Est-ce qu’on veut retrouver l’humeur belliqueuse
Pour étouffer ma jubilation dans l’œuf
Il y aura toujours un volontaire.