Pas sage
Nos corps sont des passages
Dans la béance écarlate
Je ne connais que moi
Et l’œil unique multiplié par la lumière
Il n’est pas encore né le miroir
Qui saura me reconnaître
Je le vois suspendu à la gorge d’un fétiche
Où se fichent autant de clous
Que de peines dans mon cœur
Puissance dormante attendant d’être invoquée dans la langue adéquate
Quelque part en moi je sais tout
Je sais regarder sans intention ni espoir
M’incliner devant l’herbe qui se couche sous mon pas
Éprouver ma gratitude à l’aune des plus infimes signifiances
Et la force de mon indulgence envers les géants
J’ai renoncé à trouver mon semblable
Enfin
Que ma voix se perde dans l’ivresse manifeste
Que mon souffle imprime la maîtrise absolue
J’ai tenté de cacher ce que je pensais être
Et personne n’y a cru
Vous êtes la soif et je suis cette eau
Qui attise à n’en plus finir
Cette soif que seules les constellations désaltèrent
Et qui vous fera trouver des galaxies
Dans un grain de poussière.
