Dans l’autre monde
Dans l’autre monde
La couleur passée des sentiments résignés dès leur naissance
Ces amours qui vivent le temps d’un vent fou
Puis passent leur existence en convalescence
A ne plus trembler sur un sourire
Ni vibrer sur une parole
Le bleu uniforme des carcans horaires
Donne à notre enfer la régularité d’un train vers l’éternel quotidien
Ils disent
Qu’après le premier regard qui embrase
Les émotions qui fusent dans un ciel étoilé
Le cœur qui implose
Et nos rêves mis en orbite comme par une fusée
Ils disent
Qu’une fois passée leur délivrance
L’habitude érode les sens
Que la magie trépasse que c’est une évidence
Ils disent que ça se remplace
Par une sorte de tendresse
Qui console notre chair de sa déchéance au rang de corps habituel
Que les plus coquines de nos hormones libertines
Finissent par tempérer leur incandescence
Que ce serait sagesse de l’accepter
Moi qui croyait qu’un cÅ“ur épris méprisait le bon sens
A ce qu’ils disent les premiers matins ne durent qu’un temps

