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La guerre des sexes

La guerre des sexes
Qui a été déclarée il y a fort longtemps
Par vous les hommes
À noues les femmes
Cette guerre
Dans laquelle noues ne pouvons prendre le risque de noues défendre
Sans se voir accusées d’entretenir la guerre
Cette guerre
Dans laquelle parfois vous prenez nos sexes
De force
Afin de s’en servir comme arme dans les guerres que vous menez entre vous
Dans de nombreuses régions du globe
Cette guerre
Au sein de laquelle vous prenez parfois
Nos sexes
De force
Afin de sentir un instant l’ivresse du vainqueur

La guerre des sexes
Qui fait qu’un grand nombre de femmes se font la guerre
À elles – mêmes
À leur corps
À leur nature
Pour correspondre à l’idée de la beauté que vous noues imposez
Et vivent dans l’angoisse du jugement de votre regard
La guerre des sexes
La seule guerre dans laquelle l’opprimée a le désir de plaire
À celui qui l’opprime
De le charmer de le séduire d’être dans ses bras
De s’avouer vulnérable, de se sentir conquise
Et de s’abandonner

Vous avez déjà remporté moult territoires
Le terrain de la rue, les sphères du pouvoir
Nous reléguant aux enclaves domestiques
Ou aux plaisirs sulfureux

La guerre des sexes
Est une guerre de l’imaginaire
La maman ou la putain
La salope ou la fille bien
La guerre des sexes divise
Et ses victimes s’activent à relayer la parole qui les oppresse
On fait oeuvre de stratégie pour minimiser les dégâts
On se réfugie dans le futile, dans des chimères
Et on n’en parle pas

La guerre des sexes
Rend invisible la diversité des genres
Elle oblige à une vision binaire
Dont certains doivent se satisfaire

J’ignore pourquoi on noues a déclaré la guerre
Est-ce que le pouvoir de notre ventre faisait peur
Autrefois les femmes qui soignaient étaient brûlées comme sorcières
Et quand c’était un homme on disait : docteur
Alors vous pouvez promener votre condescendance sur ma colère
Vous pouvez même la balayer d’un revers
Mais soyez assurés messieurs
Que même si nous n’avons pas déclaré cette guerre
Noues noues battrons
Jusqu’à son dernier jour.

artemis_by_michael_c_hayes

A court de prières

Je suis à court de prières
Partout la guerre
Des enfants meurent
Et je fais le caprice de ma soif d’amour
Jour après jour

Ailleurs le monde se soulève
Ici la révolte en grève
De la moitié de l’humanité
Toujours soumise et mains liées

Dans mon parcours
J’ai vu la belle étoile rester silencieuse
Et quand le soleil m’a répondu
J’étais heureuse
D’être folle
Mes dreads se sont dressées sur ma tête
Puis pour mon crâne rasé d’ascète
Ce fut la fin du monde

On chante la crise
D’autres s’enrichissent
La planète agonise
Pourtant des enfants naissent
Comme les arbres tombent

Et pour nos frères
On perpétue le calvaire
Veaux vaches cochons couvées
Menés au massacre quotidien
Dans l’indifférence des gens de bien
Et moi je transgresse chaque jour
Sans prétention je fais tout pour
Donner à ma liberté ses lettres de noblesse
En chassant la tristesse
Je suis à court de prières
Mais j’ai un corps pour aimer
Bibliquement
J’ai tout donné.

encens

Pour te dire

Je suis venue te dire ce qui ne vaut pas la peine
A toi qui vis et lutte sur cette terre
Quand la vérité s’exprime dans nos veines
Il n’y a que pour l’écouter que nous devons nous taire

Prenons garde au chemin qu’engagent nos paroles
Et méfions-nous des panneaux trop lisibles
Au lieu de se bousculer sur les voies que la masse signale
Nous devons penser sans interdit

Il n’y a pas de parole
Qui ne soit le fruit de quelque obscur calcul
Les lois que font et défont les hommes déballent
Au grand jour leur volonté de puissance occulte

Je suis là pour t’avertir
Toutes ces choses que tu estimes plus que ta liberté
Te seront retirées à ton dernier soupir
Alors pourquoi s’épuiser à courir

Je suis venue te dire que ça ne vaut pas la peine
De t’exécuter sans mot dire, sans bousculer ton rôle
De peur que personne ne te comprenne
Ta vie pourrait être plus drôle, si tu savais

Je suis venue te dire d’avoir ta propre raison
Je suis venue te dire

Il ne faut pas craindre d’avoir mal
Ce sont nos pensées qui fertilisent la douleur
Il ne faut pas éviter d’être seul
Mais traquer la connaissance qui se révèle quand on s’égare

Nos personnalités s’étiolent dans des carcans communs
Comme si nous n’avions qu’un seul commencement
Comme s’il ne nous fallait naître qu’une seule fois
On laisse nos choix d’hier déterminer demain

Aux yeux des autres
Il nous faut obéir à une certaine cohérence
Parfois dissimuler ce que l’on pense
Pour le paraître

C’est dans nos différences qu’on puise notre richesse
Que la police des échanges trop souvent dissimule
A chaque question taboue que soulève la tristesse
C’est l’oubli qui recule

Je suis venue te rappeler le prix d’une vocation
Le coût des compromis
La valeur d’une larme et pourquoi payer si cher
Pour travestir nos rêves

Il y a tant de dommages sur ces champs de mines
Tant de «si j’avais su» qui font que l’on déprime
A quoi bon craindre le blâme, le doigt qui nous dénonce
Par qui le futur menace et le passé semonce

Quand le jugement commun insulte l’équité
La compassion devient faiblesse, ou se mue en pitié
La stigmatisation des coupables et des victimes
Rend le terrain propice à d’autres crimes

Je suis venue te dire de ne compter que sur l’amour
Pour rétablir la balance de ces âmes en peine
Je suis venue parler de paix car je connais la guerre
Que des êtres de sang se livrent à eux-mêmes

La-verite1