IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: folie

Evasion

Indépendamment de toute logique j’évolue
apprend à danser sur des rasoirs
Le soir, j’essuie sur mon ardoise mes comptes avec la vie
j’essaye.

Nos douleurs sont précieuses et pour garder vivante la mélodie des larmes
je tente d’extraire un échantillon d’âme
de ces liquides amers et salés comme l’eau de la mer
Que dans ses profondeurs reposent à tout jamais
les souvenirs qui tuent aussi sûrement que le viol assassine la vertu 

Aux démons des eaux j’ai versé mon obole pour que mes nerfs se lissent
Complice du silence, je l’avoue
mais me dévoue sans complaisance à la fureur qu’arborent mes pairs

Indifférente à la critique j’avance
Impermanente mon bateau glisse et j’apprivoise les fantômes qui s’immiscent entre les voiles
Dans la brume tout se précise la parole incise les nuages
pour faire surgir une pluie d’images où se dessine ma trajectoire

décrivant des chemins d’évasion comme des cercles lumineux dans le noir

evasion

Etreinte

Une parcelle de présent dans l’étreinte
Des faux-fuyants dans le regard
La folie a filé en douce
Existe-t-il vraiment ce chemin de signes
Pour me guider vers son trésor ?

J’ai tout confié au hasard
Mes doutes, ma foi, mes amours
Et jusqu’à mon bon vouloir
Dans un entrelacs de sens
Dont le spectacle reste interdit

Y a-t-il encore des routes droites
Pour mener mes paroles en lieu sûr
Tout en quittant la terre ferme ?

Je m’étais construit des ailes qui m’ont ligotée
Telle un bigot dans son temple intérieur
J’avais oublié d’avoir peur
Me voilà rattrapée par mes rêves
Je croyais m’être enfuie assez loin
Là où la conscience ne projette plus que des ombres de soie

Je pensais être née mais j’étais chrysalide
Je voulais faire de l’art, ce n’était que ratures
Sur un ego de papier

Persiste-t-il une voie dans le vague
Comme un nuage dans la brume
Où je pourrai me percher pour écouter la Terre
Restée sourde à mes prières ?

Un soupçon de nostalgie dans l’âme
Reste de vanité dans l’agonie
Les jours se lèvent à toute allure
Tandis que l’on chérit la nuit

Adopter une étoile pour la faire frémir
En invoquant des noms maudits
Pour que la destinée rende son verdict

Si l’encre était mise au enchères
Qui serait prêt à payer le prix ?

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Il m’arrive

Horreur discrète du quotidien
J’essuie le sel sur mes cils
J’ai placé mes espoirs sur un autre territoire
Juché mes rêves si haut que j’en garde des cicatrices
Que ton poème caresse autant qu’il les ravive
Prise en otage entre cette soif insatiable de tendresse
Et mes ailes qui m’arrachent à la terre
Chaque fois que je voudrais y puiser de la force

Mes racines
Sont mêlées si profond aux chaînes de la souffrance
Je m’arrache me décolle et le trou dans le sol
Révèle ma folie
Le désir m’interroge
Mue par un pathétique besoin d’amour
Je résiste à conclure le pacte
Qui pourrait m’assurer la tranquillité
Sacrifice pour une forme de liberté qui peut-être
N’est même pas à ma portée

Pourtant
Il m’arrive de voler
Quelques instants de paix
Entre deux batailles décisives qui me laissent à chaque fois
Épuisée victorieuse
Il m’arrive de chanter
Il m’arrive de danser
Sur les ruines de mon passé
Comme d’en avoir assez
De trébucher sur les pierres de ces sentiers nouveaux
Déjà usés par des milliers de pas

Il m’arrive de trouver
Au détour d’un couloir sombre
Quelque lumière dans la pénombre
Sous les traits d’une personne qui semble pour une fois
Comprendre les secrets dont je ne parle pas
Répondre aux envies que je murmure
Et malgré l’épaisseur de nos murs
Entendre la silencieuse prière de mon corps

Il m’arrive de planer
D’embrasser de mon humble cÅ“ur l’immensité
Des hommes
Et des femmes
Et des autres
De transmettre la voix de ceux dont on ne parle pas
A travers des phrases que tous ne comprennent pas

Ma vie si peu de choses
Mon cœur implose
Unité retrouvée
Depuis le temps que je me sentais
Séparée

Il m’arrive de déglutir l’amertume de la lucidité
Comme du poison
De maudire ou presque ma soif de vérité
Cet idéal cette chimère
Qu’ils ont choisie pour être mon nom
M’ont-ils damnée ?
Suis-je condamnée à errer
D’un bout à l’autre des diverses réalités
Sans pouvoir me poser ?

Pour elle j’ai volontiers vendu mon âme
J’y ai gagné en substance
Une raison de vivre
Un prétexte pour mourir
M’enfuir en pensée de l’existence
Sordide et vide d’essence
Qu’on est censé vouloir mener

Il m’arrive d’être assez acide
Pour savoir qu’elle n’est qu’une illusion
Ma vérité
Mais si je ne fais que passer
Pourquoi tant d’intensité dans mes sensations
La liesse comme la détresse
Si nous sommes tous de ce même sang qui sue et souffre en silence
Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’explosions ?

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Prose du temps

C’était hier… Mon verbe était une flamme frénétique, ma voix une larme féerique. J’étais un elfe virevoltant dans un monde de couleurs. La musique transpirait par tous les pores, par tous les murs; c’étaient les fards d’une ville terne et grise, par la magie des mots même le béton chantait. Et la vie m’enchantait. J’étais un ange avec mille poignards dans le cÅ“ur, dansant. Et dans les gouttes rouges que je semais sur les scènes et dans les rues des fleurs poussaient, tranquillement…

C’est aujourd’hui… Le jour succède à la nuit parce que c’est normal. Je suis une lourde statue avec un unique papillon dans l’âme. Parfois un arc illumine le ciel. La tendresse me visite mais plus jamais ne me submerge. Mon monde est à la la marge, mon monde est d’un ennui… Comme un gnome dans sa grotte, je vis. Détenteur d’une sagesse cachée, résidu d’une subtile folie.

Ce sera demain… Un miracle, sinon rien.

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Je de construction

Avec un Je de construction
L’ombre derrière moi
Je flâne sur des passerelles
Entre des îles de gloire
 
Épurée
La silhouette de l’ego se dessine
Retrouver sa propre conscience
Pour la perdre à nouveau
 
Se connaître
Jusqu’à la limite de son imaginaire
Cerné par des murailles d’antipsychotiques
Entre lesquelles ma folie s’ébroue tant bien que mal
 
Genèse inachevée
Émancipée du nombre
Le définir s’étale d’un univers à l’autre
En vertiges hallucinés de solitude

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Les secrets de l’aube

Nous sommes à l’heure où l’aube se dénude
Et les serpents dressés sur leurs tendres carapaces
Dilapident le sermon.
L’heure est venue vous dis-je
Pour les secrets de l’aube

J’étais dans le ventre d’un crocodile mâle
D’une lame de ciseau je me suis accouchée
Un seul tranchant je lui donnais le nom de : Dieu
Serrant l’anneau de ma main qui n’était pas née
je l’appelais Amour, et commis 7 vÅ“ux à son encontre dont je vous parlerai
A moins que vous ne soyez là déjà
Car demain se promène au bord de l’eau
Et sur le sable les oreilles sont reconnaissables
Un empilement de nacre et ta narine fait chut…
C’est moi qui reviens

Si la mer est salée c’est que les sirènes ont tant pleuré l’inconscience des marins
Et pour les femmes restées au port
Si je suis partie, sans masque, sans fard
C’est pour avoir été sculptée trop tôt sur la proue de tous ces navires
ou trop tard – ce qui revient de même, c’est le coup du burin.
Et la femme qui ignore pour combien de cons vifs il lui faut cuisiner ce soir.
Met du sel dans l’eau

Les marins aiment prendre des risques stratégiques qui les font veiller tard et leur confère une aura d’importance
Pénélope d’où vient la force de ton sourire ?

D’une passade amoureuse un doux soir d’été
De l’odeur du chocolat de décembre
Du camélia en fleur
D’un prince imaginaire
Du bas-ventre et de sa douleur
D’ailleurs
De la pitié pour le crocodile maroquiné sur les plus belles avenue du monde

Sitôt jaillie du néant
On me fit avaler son chant pour le régurgiter tout le long de vos orteils et ce n’est pas une blague
Croyez-moi
Plus jamais vous ne marcherez pareil dans vos peaux de vache
C’est paisible, une vache
Son regard inquiet n’oppose aucune résistance
Aucune

Par souci d’urgence la lune est venue se poser sur ma langue
Croire avant qu’il ne soit trop tard
Pour savoir au petit matin
Quel jour reste à éclore
De cette nouvelle aube

Crocodile

Enfin

Enfin
Péter le câble nécessaire
Le soleil brille sur mon départ
Tout comme le ciel crevait pour laver mon âme
C’était encore hier

Marcher vers le levant
En chemin
Écrire des airs et des chansons
Joie exaltée par la peur
De l’inconnu

Se tenir nue sous mon étoile
Elle me réserve un sort
Toi qui demeure au sein du Très-Haut
Ou qui n’existe pas
Quelque soit ton nom j’acclame ta volonté

Je serai
La poétesse qui marche
J’arpentai les mots
En suivant l’absolu à la trace

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Suicidée vivante

Suicidée vivante – n’ayons plus peur des mots
Je suis restée pour voir, après le mécanisme de l’échafaud
Ce qu’il reste de la technique brillante qui conduit l’homme au-devant de lui-même
Sur la parcelle la plus brûlante de son être
Après avoir trouvé repos en un autre
Perdu
Égaré dans la multitude des temps

Je suis restée pour voir ces lambeaux de moi-même
Suspendus au gibet du quotidien désordre
J’avais oublié là
Mes goûts mes dégoûts mes leurres mes erreurs
Dans un retour vers un plus ample imaginaire

Délicatement la folie vient caresser mes pupilles
Et je vois
Ce que l’homme ne peut voir
L’impossibilité du temps précoce

Assise sur l’éternel
Je ris
En remplissant mes cahiers de songes de sang et d’eau
La mort entonne sa ritournelle
Et nous salue d’un geste raffiné
Elle écoute

Collision entre terre et mer
Les îles se déchaînent
Les vagues se dépêchent pour me voir suspendue
A un mince filet noir et tremblant
– de l’encre –

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C’est fou

C’est fou comme j’ai peur
J’ai peur de la folie
Qu’elle me prenne en défaut
Et s’enfuie

C’est triste comme je pleure
Moi qui me veux guerrière
À croire que mon cœur aguerri
Me trahit

À force d’étreindre des rêves faméliques
Je renonce à la douce esthétique du bon sens me tourne vers la démence pour donner une cadence à mon thème
J’en vois si peu qui luttent jusqu’au bout de leurs forces
Mais des pactes biaisés où nos âmes sont baisées
On se croit mortels et on abuse de notre liberté
À renoncer

Alors je m’élève contre la chute originelle
Pour commencer

index

Dans le jardin

Dans le jardin de mes soupirs
Les immortelles se sont fanées
J’effleure doucement mes pensées pour vous faire un bouquet de leurs reflets diaphanes
Sur le fil de l’eau
Ma folie à fleur de chair
Flottant au fin fond du firmament que ma pensée déchire
Je fais profession de ma foi
Car demain
Je vais mourir
Et ma Vérité avec moi

Dans le jardin de mes soupirs
Je me déclare en faim
J’ai tant de choses à me dire
N’aies pas peur de t’approcher
Je sais que la souffrance m’inspire parfois
Comme un air de reproche
Qui s’accroche
A l’écho de mes souvenirs
Comme à l’ego de mon sourire

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Bientôt
Je me tairai
Car même la lune qui chaque soir
Vole au soleil les fruits de sa victoire
M’a vilipendée pour ma vanité
Mais avant que l’humus n’embrasse ma bouche close
Je voudrais
Te faire humer
Une brassée de ces phrases tout juste écloses
De mon phrasé
Aux pétales encore tout froissés

Je voudrais
Vous convier
Dans mon jardin où veille le dragon
De son souffle orangé ma source brûle encore
Fatal baiser qui a incarné mon âme dans ce corps
Ce corps affamé
Un corps pour pécher
Dans la source fébrile de mes idées
Où brillent quelques appâts aux écailles mordorées

Je remonte le fil
Mes émotions se tordent avant d’être ingérées
Digérées
Puis soufflées par ma bouche dans un jet de flammes acérées
Ou dans une caresse
Tour à tour glacée
Ou par l’amour réchauffée

Mon jardin ne connaît que deux saisons
Rêve et déraison
On n’y est jamais seul-e
Et jamais vous n’y croiserez âme qui vive hors des frontières de l’imagination
Dans cet enclos
Qu’est mon jardin
On emmure les prisons
Dans le creux de nos mains jointes ensemble
On y chante les silences
Et les ombres de la lumière y font danser les cils
Ourlant nos clairvoyances de reflets indécis

C’est un repère de poètes est-ce…
Parce qu’on y aime avec frénésie
Jusqu’à l’envers de la vie
Jusqu’aux revers de nos envies
Jusqu’à la couleur de l’horizon à l’heure où la raison se couche
Entre chien et louve
Jusqu’à la promesse du sang qui coule et irrigue ses rives
Silencieux ruisseau
Qui délivre
Un message que les roseaux trahissent en bruissant dans le vent
Ça murmure
Justice !
Justice !
Et les fantômes de nos espoirs trépassés répondent en soupirant

Dans le jardin de mes soupirs
On revit à chaque inspir
Tout comme on apprend à mourir
Jusqu’au jour où sur les ailes du dragon ailé
On peut enfin voler

Dans le jardin de mes soupirs
Les immortelles se sont fanée
Mais les pensées fleurissent
Et fleurissent
Et fleurissent