IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: féminisme

Vagénialement vôtre

J’ai un vagin
Un vagin c’est fait pour être pénétré
Sinon ça sert à rien
C’est pour ça les lesbiennes ça sert à rien
Car tout le monde sait que les lesbiennes elles se font que des bisous tout doux

J’ai un vagin
Un vagin c’est fait pour être pénétré
Les gens qui ont des vagins sont en général identifiées comme femmes
Une femme est faite pour être pénétrée
Etre pénétrée c’est humiliant
Une femme est faite pour être humiliée

Etre pénétrée c’est humiliant
C’est pour ça que traiter un homme de femme c’est l’humilier
C’est pour ça qu’imaginer un homme qui se fait pénétrer c’est dégoûtant
C’est pour ça que les PD sont des repoussoirs
C’est pour ça que les PD font peur
Ils se laissent pénétrer
Humilier comme des femmes
Les PD sont comme des femmes
C’est pour ça que PD c’est une des pires insultes

Va te faire enculer
Oh oui merci j’adore

Il n’y a que les PD qui se font enculer
Et les femmes
Celles et ceux dont la fonction est d’être humilié-e-s donc
Il n’y a qu’elleux pour accepter d’être ainsi rabaissé-e-s
Les femmes et les hommes qui n’ont pas de dignité
Et les électeurs
Qui se la prennent bien profond

Donc dire que le gouvernement nous encule
C’est insultant parce que
Et uniquement parce que
Etre pénétré-e est la pire forme d’humiliation possible
Peut-être y penseras-tu
Avant de visiter ta femme
Toi l’hétéro rebelle
Dont la plupart des punchlines sont des outrages à la liberté d’aimer
Toi le révolutionnaire
A qui ça ne fait pas peur
De te transformer en oppresseur tant que ça fait rire

Pour ce qui est de la réflexion
Depuis le temps que nous subissons
Nous qui avons un vagin et un anus doté ou pas d’une prostate
Cette métaphore lamentable qui nous maintient au fond du trou
Au lieu de nous en sortir

Je crois que l’ampleur du cliché est telle
Que c’est la preuve que vous en avez fait l’économie
De la réflexion

Allez donc vous faire aimer tous autant que vous êtes
Par tous les cœurs et par tous les trous si ça vous chante
Et apprenez qu’il n’y a rien d’héroïque à tirer avantage
Du sexisme de l’homophobie de la culture du viol
Pour pallier à votre cruel manque d’inspiration.

fleur

La guerre des sexes

La guerre des sexes
Qui a été déclarée il y a fort longtemps
Par vous les hommes
À noues les femmes
Cette guerre
Dans laquelle noues ne pouvons prendre le risque de noues défendre
Sans se voir accusées d’entretenir la guerre
Cette guerre
Dans laquelle parfois vous prenez nos sexes
De force
Afin de s’en servir comme arme dans les guerres que vous menez entre vous
Dans de nombreuses régions du globe
Cette guerre
Au sein de laquelle vous prenez parfois
Nos sexes
De force
Afin de sentir un instant l’ivresse du vainqueur

La guerre des sexes
Qui fait qu’un grand nombre de femmes se font la guerre
À elles – mêmes
À leur corps
À leur nature
Pour correspondre à l’idée de la beauté que vous noues imposez
Et vivent dans l’angoisse du jugement de votre regard
La guerre des sexes
La seule guerre dans laquelle l’opprimée a le désir de plaire
À celui qui l’opprime
De le charmer de le séduire d’être dans ses bras
De s’avouer vulnérable, de se sentir conquise
Et de s’abandonner

Vous avez déjà remporté moult territoires
Le terrain de la rue, les sphères du pouvoir
Nous reléguant aux enclaves domestiques
Ou aux plaisirs sulfureux

La guerre des sexes
Est une guerre de l’imaginaire
La maman ou la putain
La salope ou la fille bien
La guerre des sexes divise
Et ses victimes s’activent à relayer la parole qui les oppresse
On fait oeuvre de stratégie pour minimiser les dégâts
On se réfugie dans le futile, dans des chimères
Et on n’en parle pas

La guerre des sexes
Rend invisible la diversité des genres
Elle oblige à une vision binaire
Dont certains doivent se satisfaire

J’ignore pourquoi on noues a déclaré la guerre
Est-ce que le pouvoir de notre ventre faisait peur
Autrefois les femmes qui soignaient étaient brûlées comme sorcières
Et quand c’était un homme on disait : docteur
Alors vous pouvez promener votre condescendance sur ma colère
Vous pouvez même la balayer d’un revers
Mais soyez assurés messieurs
Que même si nous n’avons pas déclaré cette guerre
Noues noues battrons
Jusqu’à son dernier jour.

artemis_by_michael_c_hayes