Tu as tant de noms, tant de visages Nous Te connaissons depuis la nuit des âges Et Te vénérons sous une seule face
À la place d’une Pierre Noire Une sphère aux quatre coins de laquelle je me cogne et rebondis Comme un canari dans une serre atteint de folie Alors que les gaz s’échappent de la mine
Le Temps dit que C’est Ton cœur Ki prend la place de cette Arche sacrée Alliance protégée par les ailes d’Isis
Et tout retrouve sa place La prunelle dans l’iris Qui danse et se dilate à ton contact
La pierre tremble sur le sillon le son est chaud Émerge la voix de l’Oracle Et mères et pères qui ont ouvert la voie se râclent la gorge Tant il est vrai que le forum déborde de non-dits Comme le silence meurtri De la bête dans la reine Applaudissements nourris dans l’arène Mise à mort du 6 T’aimes Les amours de la Déesse en thème La Vérité que l’on sème, slame, Aïe aïe aïe I & I habillait l’âme de mon calame bien avant le drame Que chacun·e garde son calme bien fourni
C’est peut-être ma dernière fournée
Ou la première depuis le retour de la femme du boulanger
A la lisière des mondes
Certains ont vu la lumière
Privée de l’essence primitive
J’absorbe l’ennui
Dans la suavité des sens
Il a le goût de l’eau claire
Formule juvénile
Encre de jouvence
Frontière indélébile
Fontaine rance
En quelques lignes
Passer du soleil à la nuit
Comme par un volte-face
Passer de l’extase à l’ennui
Lorsque les années passent
Et puis faire demi-tour
Revenir au premier jour
Lorsque les mots n’étaient pas
Et les intentions pures
Douter du chemin
Et avancer quand même
Blasée des certitudes
Qui longtemps m’ont guidée
A travers les turpitudes
Changer ses habitudes
Pour modeler demain
S’y reprendre à deux mains
Tordues de cicatrices
Fracturées par l’épreuve
Neuves
A l’épreuve de l’absence
Rédemption par le manque
Obsession qui s’étiole avec au bout le risque de l’abandon
Pour se sauver soi-même
Rattraper ses promesses
Les supplier de nous accorder encore un peu de sursis pour se réaliser
Cette illusion était si douce j’en reprendrais bien juste une bouchée
A l’épreuve du souvenir j’esquive ma colère
Ce ne serait pas beau à voir quand bien même ce serait juste
De rendre coup pour coup
De réparer l’affront
Il en faudrait si peu pour que le vase déborde
Et nul ne sortira indemne de ses éclaboussures
A l’épreuve de la peur
Je suis revenue me mesurer de plus en plus fort