IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: écriture

Ecorchée

Je suis langage incarné
La source pétrifiée des métaphores incandescentes
Des images léchées par le feu

Je suis l’omission
Le mensonge oublié
Le crime pardonné
Le viol enluminé
Le substrat

Je suis toute une
Et les contours glacés d’un été sans lune
Promettent réparation
D’un avenir distinct

Consolation solitaire, je suis un verbe branlant
Écorché rouge
Baiser

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Rumeur

C’est un son qui revient comme l’écho d’un tambour
Que le soleil frappe là-bas dans le lointain
C’est le bruit de ton cœur dont le tempo accélère
Pour donner le rythme de ton destin
C’est le silence qui précède les plus beaux discours
C’est le langage que nous inventerons demain
Cela peut prendre les accents de l’amour
Ou être aussi cru que le sort d’une putain
C’est un son qui tremble comme les prémices d’une colère
Qui fait peur à ceux qu’elle ne concerne pas
C’est quelque chose comme le soupir d’une prière
De quelqu’un qui veut croire et qui ne le peut pas
ça a la douceur d’un nuage et la force d’un volcan
C’est ténu comme un fil et plus fort que le temps
Aussi vrai qu’un mirage ou qu’une larme d’enfant
C’est un son que j’image chaque fois que je l’entends
Il est dans les ondes qui vous traversent à votre insu
Il défie les frontières de votre espace-temps
Il est dans ces détails que vous n’avez pas vus
Discret comme un virus infiltré dans ton sang
C’est un son qui se concentre et se propage à la fois
C’est un bruit qui court à propos d’unité
Une histoire qui réchauffe comme un feu de joie
C’est la clameur que l’on transpire sur le papier

Les murmures de nos plumes enfin rassemblées

Transpire

Transpire
Sur ta page vierge
Sue ton âme
Lance tes mots
Tes émois
Salue l’univers
De toute ta courbure
Danse sur la ligne
De l’incertitude
Valse avec tes impossibles
Et reviens
A l’origine de l’instant
Brûle
Tes peurs encore une fois
Avec pour seuls témoins
La nuit
La neige et le temps

plume

Hobbie

Cela n’a jamais été un passe-temps comme un autre.
Aller chercher l’extrémité de l’instant pour l’attirer à soi,
Tirer sur les temps morts, avouer sa solitude
En arabesques de Bic sur un carnet à spirales,
Encore un.

Cela n’a jamais été un hobbie anodin.
Plutôt un vertige longitudinal
Loisir un peu coupable un peu sale
Comme une masturbation silencieuse

Je cherche le scandale linguistique sur les lieux même de l’évasion théorique
En vain

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Suicidée vivante

Suicidée vivante – n’ayons plus peur des mots
Je suis restée pour voir, après le mécanisme de l’échafaud
Ce qu’il reste de la technique brillante qui conduit l’homme au-devant de lui-même
Sur la parcelle la plus brûlante de son être
Après avoir trouvé repos en un autre
Perdu
Égaré dans la multitude des temps

Je suis restée pour voir ces lambeaux de moi-même
Suspendus au gibet du quotidien désordre
J’avais oublié là
Mes goûts mes dégoûts mes leurres mes erreurs
Dans un retour vers un plus ample imaginaire

Délicatement la folie vient caresser mes pupilles
Et je vois
Ce que l’homme ne peut voir
L’impossibilité du temps précoce

Assise sur l’éternel
Je ris
En remplissant mes cahiers de songes de sang et d’eau
La mort entonne sa ritournelle
Et nous salue d’un geste raffiné
Elle écoute

Collision entre terre et mer
Les îles se déchaînent
Les vagues se dépêchent pour me voir suspendue
A un mince filet noir et tremblant
– de l’encre –

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J’écris

J’écris
Sinon je vais craquer
J’écris pour ne pas mourir
J’écris pour respirer lorsque la haine m’étouffe
J’écris pour m’exprimer lorsque les sanglots m’ont tranché la langue
Je sais que c’est vain car les mots ne sont rien
Ils sont si petits et insignifiants
Ils sont tout ce que j’ai
Dans mon vertige je ne sais rien que l’abîme des mots à venir
Je tombe
Dans ma chute m’accompagne l’angoisse de ces pages à remplir
Serai-je à la hauteur?
Je ne sais rien
Qu’écrire comme si chaque courbe naissant sous ma plume
Distillait des parcelles de mon énergie vitale
Je veux écrire
Jusqu’à me vider de toute substance
Car je suis un rien qui brûle d’être
J’écris sinon je meurs
Et pour enfin mourir

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Je suis

J’écris depuis toujours. Depuis que j’ai découvert que les mots peuvent soulager nos maux. Partage de brisures intimes, les phrases tricotent un sens à ma vie décousue. Je cherche.
J’imagine que chacune, chacun, tente à sa façon de remontrer le labyrinthe jusqu’au noyau de son être, là où l’amour respire l’évidence, où les mirages du paraître s’estompent pour faire place au miracle de l’unité qui se révèle, et se livre sans relâche, malgré notre acharnement à l’ignorer.
Brouhaha de nos prières. Cacophonie de nos révoltes brouillonnes. Pourtant la paix et l’allégresse persistent à nous hanter de leur souvenir. Comme un codage génétique de l’âme, un programme caché.
Souffrance, colère et douleur; la vérité du vivant est avilie. Mais il n’est plus temps de chercher les coupables…
J’écris ma quête de sagesse. L’incohérence me guette gré de ces questions aux milliards de réponses.
Je suis le monde, la peste m’envahit lorsque j’ai laissé trop de rancœurs s’accumuler. Leurs exigences de vengeance m’acculent à mon insu. Lorsque demain se dérobe et recule, la peste de mon âme m’empêche de saisir les richesses du présent, les milliards de possibles qui s’articulent.
Échapper à la grande illusion du temps. Les plus beaux souvenirs pourrissent sous la pluie de nos larmes amères, et le néant de la douleur soigneusement entretenue par nos récriminations imbéciles, envahit tout.

Sur nos visages où la beauté s’éteint parfois la joie trace des cicatrices. Je voudrais étendre ces sourires spasmodiques pour déchirer le voile. Nous ne sommes que des étoiles fuyantes
Comme autant d’astres dans la galaxie, au-dessus des mondes qui s’éteignent et se créent dans une impermanence sensible

Je suis la chair, et je tremble. Asservie par décret je suis négligée, et je n’ai que ces sursauts de violence pour me manifester. Je jouis dans la décadence d’un jet de lave, et mes cendres fertiles recouvrent bientôt les cadavres
La nature sacrifiée ne se venge pas. Elle réagit, comme mon clitoris à la caresse de tes doigts.
Je porte la mort comme le Phœnix, je suis un mythe qui te guide et t’étreint, la couleur ombre qui dessine tes traits.

Je suis le monde et je n’existe que par tes yeux, toi que j’ai créé pour combler mon cœur, en secret, mon chaos intime, mon rêve, mon désespoir. Je t’aime.
Au milieu de ton corps où les pièges se nichent, innombrables comme les lames scintillantes dans une forêt d’épées, accueille-moi que je me trouve enfin
Je viens.

A l’époque

A l’époque je tournais dans des apparts et des violeurs en herbe faisaient collectivement leurs armes sur moi
C’étaient les prémices de mon esclavage sexuel aujourd’hui encore
Certains me parlent comme à un chien pas comme à un être humain
Pourtant cela ne m’a pas fait plus de bien que l’on m’encule
Qu’à ce type qui a subi cette immondice en taule
Pourquoi à l’évocation de son martyr on s’incline quand face au mien on rigole ?
Je me consume de n’être qu’un animal dressé pour survivre, j’apprivoise l’idée de ma propre mort
Ma plume transpire l’amour, l’espoir, le sang
Si vous aimez profitez-en car
Je ne sais pas si j’écrirai encore demain
 
A l’époque j’avais déjà noirci des pages de mes questions taboues
J’inventais des images pour aller jusqu’au bout des formes du langage
Et les rayons du soleil faisaient l’amour au Diable dans des poèmes un peu fous
Arrogante, je plaçais l’Alchimie en tête de toutes les sciences
Pour survivre à ma colère
Explorant nos collectifs enfers pour leur donner un sens
Oublié déjà le temps de l’innocence
Même l’enfance est sordide quand on éduque les anges à coup d’incohérences morbides
 
A l’époque déjà la chute des barrières était mon obsession
J’ai dégueulé mes pulsions durant l’adolescence
Sur la musique mon corps se défoulait sans trêve et mon cœur faisait grève face à la force de la raison
J’ai brûlé mes dernières prétentions à la dignité sociale sur un lit d’indécence
Ma chair fit sécession contre la loi des hommes
Du fond de ma solitude je déchirais l’opprobre de quelques traits de plume
Avec l’amère complicité de la lune
 
A-t-on changé d’époque ? Les années qui s’égrènent ont confirmé mes chaînes et ma rage à les briser
Les barbares en culottes courtes perpétuent leur révolte selon le programme imposé par les clichés télévisés
Dans mon rôle de souffre-douleur je ne leur en tiens pas rigueur ils furent forgés par le malheur
 
Oui l’époque est la même
Les ingénus jurent par le dollar
Et la haine s’insinue jusque dans nos prières
C’est toujours le chut… qui a le dernier mot quand la violence s’exprime
Bien des esprits s’élancent que le système réprime à coup de livres saints
Je remonte les époques pour dénicher l’Essence et y mettre le feu
J’exploserai tous mes sens s’il faut
Si mes rimes t’entraînent, ne crains pas le vertige et glisse au-dessus du vide en joignant tes deux mains
Car à l’heure où je me répands sur les pages de mon carnet rouge
Je ne sais pas si j’écrirai encore demain.

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Reine

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Je ne sais plus les règles les barrières j’ai brisé les chaînes
Et j’essaye de me frayer un chemin dans cette immensité
Mon chemin est déjà tracé
C’est une piste de sable dans le désert des individualités
Qui devient plus nette chaque fois que le vent se met à souffler
Mon chemin
C’est une suite de vagues qui traversent l’océan
Ou bien dans les étoiles une constellation inconnue
Je suis fille d’une terre qui brûle alliance de feu et de sang
Et les reflets des océans sont la paix de mon âme
Je suis enfant de chair née du désir et du vent
J’ai sur mon front une couronne de soleil sertie de joyaux de sang
Reine d’un royaume sans nom
L’immensité sans substance est si lourde à porter
Mon âme, que fais-tu mon âme qu’attends-tu pour voler?
Sois pure
Est-ce que le soleil attend avant de se lever?
Et la mort comme la vie ne laisse jamais passer son heure
Quand viendra mon heure?
Je veux voler, rayonner et saigner
Et que ceux qui ont des yeux voient mon éclat et mon sang
Et que ceux qui ont des oreilles écoutent ma parole et ma voix
Il y a la révolte dans mon chant
Il y a la mort, il y a la vie
Il y a l’espoir qui ne me quitte pas et pénètre chaque jour un peu plus douloureusement mon cœur comme une lame
Il y a la haine dans ma voix
La haine et la souffrance et l’amour
Mais l’espoir est présent dans chacun de ces mots que je martèle comme des poings
Car je suis reine
Et je n’ai rien à faire dans cette prison dont j’ai posé moi-même quelques barreaux
Oui ma cellule j’en ai bâti les remparts
Poussée par le fouet – voyez les cicatrices
La peur au ventre je ne savais plus quoi faire
De mes mains ensanglantées j’ai pris ces pierres et en ai fait une tour tout autour de moi
Oui mais voyez je suis reine
Et je n’ai plus peur
Et j’irai marcher dans le désert jusqu’à trouver ma route
La source limpide coule déjà en moi comme le chant de la Vérité
Je suis reine
Et j’irais danser avec les étoiles et les planètes dans une valse avec l’univers
Très bientôt je danserai
Et j’irai voler dans la profondeur des mers sur les ailes des papillons de l’éther
Du chuchotement de l’herbe me parviennent des secrets
Je suis fille de la terre du feu et du ciel
Regarde comme mes yeux sont sombres
Regarde comme mon cœur est rouge
Ma vie est grise et mon histoire est sale et banale
Mais tout à coup tout cela s’illumine
Dans un éclair
Mon royaume est infini il s’étend plus loin que ce que vous êtes
L’espoir est mon royaume
La douleur est mon royaume
J’écris ce que je possède
Je possède ce que j’écris
Rien ne s’arrête jamais de naître ou de mourir
Je suis souveraine de ces mots qui apparaissent sous ma plume
Si jeunes et si fragiles encore
Invulnérables
Je vis de ces mots qui se précipitent sous ma plume
Ils sont pour l’instant petits et dérisoires
Mais si grand est leur pouvoir

Absolu

Suivant le tracé de mon encre aux reflets blêmes
Mon calame m’emmène
Vers un pays dont nul ne revient indemne
Et dont la plume comme emblème trouble tous mes sens
Dans un état de transe qui frôle l’indécence
J’y pense les plaies de ma pensée blessée
De ma chair oppressée
J’écrivais en secret mes vérités taboues
Si j’ai pris la parole c’est pour aller jusqu’au bout
Quitte à ce qu’on me rabroue
Malgré les récits de nos luttes, la ferveur de nos prières
Ils prétendent que j’exagère ma colère
Moi je bous
Et tu déchiffreras les symboles tatoués
Sur le tranchant acerbe de mon verbe debout
Et tu te brûleras au sang de ce dragon qui m’a donné le sein
Sur la cendre liquide je me suis allongée
Pour attendre, lucide
Que l’enfer daigne me prendre
Forte des marques de ce voyage
Je me promène parmi les anges
Avec aux lèvres un air étrange
C’est un sourire
C’est un sourire qui présage du pire
C’est un air de victoire sur l’idée de défaite
C’est une chanson à terre et qui s’est relevée
A la faveur d’un silence
Tendrement insufflé sur le lit de l’absence
Dont je partage la couche
Où je rêve de ta bouche
Et mes lèvres se souviennent
Et ma langue se saoule des mots que tu retiens
Et mon ivresse me coule tandis que je me livre
Puis je dépose mes larmes sur un bout de papier
M’amuse avec ma muse
De ce que tu nous croyais à tes pieds
On te taquine
Pour t’emmener là où tu n’as pas pied
Et comme je ne sais pas me raisonner
Je vais te déborder
Humide symphonie pour instrument désaccordé
Par ton cœur débouté
Qu’importe ce que ça coûte
Je reprends ma clé d’ut et trace sur ma route
Sur de nouvelles gammes je pars en naviguant
Vers d’autres océans
Plus vastes, plus grands
A l’horizon de nos adieux
Je me retourne une dernière fois
Pour te dédier une lettre ou deux
A défaut de te faire déchiffrer ma langue de feu
J’en délie le fil pour en brûler les nœuds
Et sur ces cendres
Nubile
Mon âme vacille
En attendant, placide
Que l’absolu daigne me prendre