A toi que je ne connais pas mais dont je devine à voir tes mains ensanglantéesÂ
Les nuits passées à gratter la terre pour sortir de ton enfer intime et universelÂ
De ta prison
L’espoir de saisir une peau une chair un reste de tendresse
Épargné par les fersÂ
Presque oublié à force de se taire
A force de se voir rabougri par le gris de ces falaises
Qui se dressent jusqu’au cielÂ
Et dont je sais qu’on peut tomber
A ton cœur plombé de rêves inassouvis
Auxquels n’a pas suffi le sacrifice de ta vie
A ton imaginaire affranchi
Au prix d’une franche scission de ta raisonÂ
Conflit irrésistible
Entre l’irrépressible descente aux enfers
Et ce soupçon d’âme qui cherche encore le paradis
Amorce de révolution
A toi que je ne connais pasÂ
Toi qui te meurs d’avoir voulu puissamment vivreÂ
Cherchant dans de blanches poudres les neiges éternelles de l’illumination de l’esprit
Poudre aux yeux
A toi dont les paroles se perdent en volutes inaccessibles au commun des mortels
Comme un prophète incomprisÂ
Ta science infuse au parfum de tes souffrances existentielles
Je sniffe le rance encens de nos peines qui se consument
Sacrifice qui s’élève comme une prière
De grâce
Je prête ma plume
Pour une délivrance sans artificeÂ
