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Chemins de textes

Tag: amour

Cet été là

Cet été là
Je t’ai rencontré au bout de ton absence
Je t’ai affronté au milieu du silence
Pour te trouver vainqueur éperdu
Debout sur une île – émergeant de mon cÅ“ur fondu
 
Un océan d’absolu
 
Si j’ai fermé les yeux
C’était une inclinaison des paupières
Se prosternant devant Ton éclat
 
Un rire s’exerce
S’exauce
S’élance
 
Dans un grand lourd et profond soupir
Un soir
Je m’abstiendrai de t’aimer
Cette nuit-là
Les étoiles s’éteindront dans tout mon ciel
Comme par l’oubli des dieux
 
J’ai laissé un doute crever au bord d’une route
Sur cette tombe une fleur a poussé
 
C’est quoi le destin
Une pelote de fibre lumineuse
Un fil à trois bouts
Toi, Dieu et le hasard tricheur
C’est quoi au fond
La règle du Je
 
C’est quoi une larme
Une arme d’adieu
 
Une arme de la Dieu.
 
Dans mon silence intérieur
C’est ton regard rieur qui me tient lieu de boussole
Quand la mémoire se désole de n’être pas fidèle
J’attrape une hirondelle par la plume
Et on rigole ensemble de la folie des hommes

th (28)

Un jour

Je ne m’en suis jamais remise. J’avais mis mon cÅ“ur sur l’autel, ma vie dans une boîte, je te l’avais offerte. J’avais réuni mes rêves d’enfance, pour te les dédier dans toute leur splendeur. Je suis tombée dans le romantisme absolu. Je fus exaltée au-delà du possible, rien qu’à l’idée de ta présence, de notre avenir à tous les deux… Bien sûr de l’eau a coulé sous les ponts, bien sûr la lune m’a soufflé d’autres contes… Mais aucun n’a la magie de nos premiers émois, et tes orteils contre les miens, sous les draps… Je ne m’en suis jamais remise. Il faudra que je pleure de temps en temps, pour des motifs futiles, afin de vider l’océan que tu as fait naître en mon âme, l’océan de tendresse, de baisers éperdus… Il faudra que j’aime à nouveau, du moins que j’essaye, mais un miracle peut-il se trouver deux fois? Je ris parfois, encore, mais mon rire n’a plus rien du cristal, j’écris mais mes mots assemblés ne seront plus jamais poèmes… De tels impacts laissent des séquelles.Tu m’as sûrement oubliée, mais un jour tu m’as dit je t’aime, et moi, je ne m’en suis jamais remise.

th (27)

Nos habitudes

Ma flamme dissimulée derrière un masque de décence
J’ai longtemps couru après mon innocence
Parfois, c’est pour partir en voyage que je noircis des pages
Là, entre les lignes
Je déchiffre les signes qui m’emmènent vers de nouveaux paysages
Où je poserai mes bagages
Cette île approche que je prenais pour un mirage
Hâtivement mais sûrement
Je suis la source
Vient le fleuve qui nous rassemble, puis la mer enfin
Je respire la musique
Vos paroles me soulèvent loin du climat délétère qui erre sur la terre
Je m’élève
Je savoure la trêve
Une bouffée de l’amour dont l’absence nous crève

Dites-moi si je rêve
Quand je vois cette île flottante dans le ciel de nos prières
Cette forteresse où d’autres lois se dessinent
Ce char à l’assaut du présent qui nous mine
Dites-moi si je rêve
Quand j’entends
L’appel incessant d’un ordre différent
Dans nos slams, nos cris du cœur
Et nos souffrances, et les récits de nos malheurs
Me font crier urgence ! 

En prenant ma défense au tribunal qui jauge les rancœurs
Je parle des femmes
De ces destins décidés dès la première heure après la naissance
D’un bout de chair en plus ou en moins qui nourrit de si différentes espérances
Je parle des filles et des sœurs
Et des amantes
De leurs rêves clandestins qui les font libres enfin
Loin d’un regard trop souvent réducteur
Loin du pouvoir, loin du miroir enfin
Qui reflète trop bien les attentes du monde !

En livrant mon témoignage au procès de la peur
J’explique les hommes
La marque de leurs doigts sur mes poignets quand ils me veulent trop fort Leurs excès quand ils m’adorent
Au point de vouloir m’enfermer
Précieuse propriété…
Délicieux et délicat objet je me suis faite entre leurs mains
Ils m’ont pourtant presque brisée

Et c’est la voix encore pleine de ces fêlures
Que j’évoque les hommes et leur nature artificiellement programmée pour nous dominer

Alors que je prends la parole à la barre des accusées
J’invoque le désir
La tendresse, la douceur de ces courbes familières
De cette peau à l’odeur étrangère
De ces lignes qui me guident jusqu’au cÅ“ur du mystère
Et pourquoi n’y aurais-je pas droit ?
N’ai-je pas soif moi aussi de ces caresses qu’ont délivré mes doigts
Sur d’autres corps qui ne parlaient pas le même langage que moi ?

Je repense à leurs pièges
A leur violence sacrilège
Qui prend
Parce qu’elle peut
Après le cauchemar et avant de prendre les armes
Il est vrai que je me suis contentée de peu

Alors quand pour un peu de respect on me demande de la gratitude
Je dis non
Il va falloir changer vos habitudes

Il y a une sale mentalité qui subsiste et qui nous rend la vie si rude
Tout s’explique par le poids de l’éducation qui forge nos attitudes
Il va falloir changer nos habitudes

th (21)

Duelle

Dans un même élan
J’aime et je méprise
Je me lâche et me maîtrise
Je désire comme je respire
Je vous attire pour mieux vous fuir

Je me suffis à moi-même
Je me sens vivre quand on m’aime

J’ai dans mes doigts de la magie
Sur mes lèvres une poésie
Ma peau douce est une écorce
Sous laquelle coule une sève féroce

Je peux te guérir mais
Je veux en fait te voir mourir
Pour renaître à un monde où le désir
A la force des rêves que l’on plante au soleil
Un monde où ton âme enfin s’éveille
Et où tu danses avec ton corps
Car la crainte de la mort
N’a plus de raison d’être

Je peux
Faire vibrer tous tes sens
Et te faire perdre ton sang-froid

Mais on en a brûlé des sorcières
Pour moins que ça
Je suis une lionne fière
Esseulée

Avec les fils de mes doutes
Je tisse ma route

Quelle vérité se dessinera
À la fin du canevas ?

Âme infidèle
Sauf à moi-même
Et à des sentiments que tous ne comprennent pas

Je suis
Une femme
Là est mon drame
Là est ma flamme
Là est la source de mon combat

Quand dieux et démons se disputent le chemin sous mes pas
Je voudrais juste pouvoir sortir de là

Je rêve d’une puissance franche
D’un verbe qui tranche
D’abattre l’oppresseur à l’aide d’une arme blanche

Mais mon cœur flanche

Je tiens le stylo comme un poignard
Et avant de frapper je sais qu’il est trop tard

Votre injustice m’a déjà vidée de mon propre sang
J’ai vu périr ma dignité sous vos jugements
Je suis libre
De donner mon corps
Si j’aime le corps à corps
Si je raffole de ces puissants accords

Je sais mon besoin de changer la partition
De la mélodie de l’amour
Qui nous chante encore la même chanson
Du «que toi pour toujours»

Mais les fausses notes trop fréquentes
Dénotent une évidente
Discordante dysharmonie

Alors je change de clé
Pour une nouvelle symphonie

Je suis
Un instrument
Celui de ton plaisir
Ou bien de ta fierté

Je me rappelle avoir aimé
Être ainsi exhibée

Mais que je vibre sans tes doigts
Telle une harpe au gré du vent
C’est l’instrument de ton pouvoir
Qui t’échappe en un instant

Je suis
Parfois
Ta chose
Je me rappelle avoir aimé…

Souvenirs d’un esclavage trop librement consenti
Et aujourd’hui dans mon évasion
Je voudrais t’emmener
Je voudrais tant mener notre histoire sur d’autres sentiers
Où nos cœurs restent entiers

Je suis
Tellement désolée
D’infliger de la peine
A ceux qui tiennent à leurs chaînes
Même pour aimer

Je suis
Une lionne fière
Mais sage

Je calque ma vie
Sur mon message

Et si je souffre
Si j’ai trop mal
Je mettrai par écrit
Mon cri primal
Qui est un cri
De détresse
D’une douleur animale
C’est la colère
D’une femme

Un cri de liberté

Reine

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Je ne sais plus les règles les barrières j’ai brisé les chaînes
Et j’essaye de me frayer un chemin dans cette immensité
Mon chemin est déjà tracé
C’est une piste de sable dans le désert des individualités
Qui devient plus nette chaque fois que le vent se met à souffler
Mon chemin
C’est une suite de vagues qui traversent l’océan
Ou bien dans les étoiles une constellation inconnue
Je suis fille d’une terre qui brûle alliance de feu et de sang
Et les reflets des océans sont la paix de mon âme
Je suis enfant de chair née du désir et du vent
J’ai sur mon front une couronne de soleil sertie de joyaux de sang
Reine d’un royaume sans nom
L’immensité sans substance est si lourde à porter
Mon âme, que fais-tu mon âme qu’attends-tu pour voler?
Sois pure
Est-ce que le soleil attend avant de se lever?
Et la mort comme la vie ne laisse jamais passer son heure
Quand viendra mon heure?
Je veux voler, rayonner et saigner
Et que ceux qui ont des yeux voient mon éclat et mon sang
Et que ceux qui ont des oreilles écoutent ma parole et ma voix
Il y a la révolte dans mon chant
Il y a la mort, il y a la vie
Il y a l’espoir qui ne me quitte pas et pénètre chaque jour un peu plus douloureusement mon cÅ“ur comme une lame
Il y a la haine dans ma voix
La haine et la souffrance et l’amour
Mais l’espoir est présent dans chacun de ces mots que je martèle comme des poings
Car je suis reine
Et je n’ai rien à faire dans cette prison dont j’ai posé moi-même quelques barreaux
Oui ma cellule j’en ai bâti les remparts
Poussée par le fouet – voyez les cicatrices
La peur au ventre je ne savais plus quoi faire
De mes mains ensanglantées j’ai pris ces pierres et en ai fait une tour tout autour de moi
Oui mais voyez je suis reine
Et je n’ai plus peur
Et j’irai marcher dans le désert jusqu’à trouver ma route
La source limpide coule déjà en moi comme le chant de la Vérité
Je suis reine
Et j’irais danser avec les étoiles et les planètes dans une valse avec l’univers
Très bientôt je danserai
Et j’irai voler dans la profondeur des mers sur les ailes des papillons de l’éther
Du chuchotement de l’herbe me parviennent des secrets
Je suis fille de la terre du feu et du ciel
Regarde comme mes yeux sont sombres
Regarde comme mon cœur est rouge
Ma vie est grise et mon histoire est sale et banale
Mais tout à coup tout cela s’illumine
Dans un éclair
Mon royaume est infini il s’étend plus loin que ce que vous êtes
L’espoir est mon royaume
La douleur est mon royaume
J’écris ce que je possède
Je possède ce que j’écris
Rien ne s’arrête jamais de naître ou de mourir
Je suis souveraine de ces mots qui apparaissent sous ma plume
Si jeunes et si fragiles encore
Invulnérables
Je vis de ces mots qui se précipitent sous ma plume
Ils sont pour l’instant petits et dérisoires
Mais si grand est leur pouvoir

Dans le jardin

Dans le jardin de mes soupirs
Les immortelles se sont fanées
J’effleure doucement mes pensées pour vous faire un bouquet de leurs reflets diaphanes
Sur le fil de l’eau
Ma folie à fleur de chair
Flottant au fin fond du firmament que ma pensée déchire
Je fais profession de ma foi
Car demain
Je vais mourir
Et ma Vérité avec moi

Dans le jardin de mes soupirs
Je me déclare en faim
J’ai tant de choses à me dire
N’aies pas peur de t’approcher
Je sais que la souffrance m’inspire parfois
Comme un air de reproche
Qui s’accroche
A l’écho de mes souvenirs
Comme à l’ego de mon sourire

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Bientôt
Je me tairai
Car même la lune qui chaque soir
Vole au soleil les fruits de sa victoire
M’a vilipendée pour ma vanité
Mais avant que l’humus n’embrasse ma bouche close
Je voudrais
Te faire humer
Une brassée de ces phrases tout juste écloses
De mon phrasé
Aux pétales encore tout froissés

Je voudrais
Vous convier
Dans mon jardin où veille le dragon
De son souffle orangé ma source brûle encore
Fatal baiser qui a incarné mon âme dans ce corps
Ce corps affamé
Un corps pour pécher
Dans la source fébrile de mes idées
Où brillent quelques appâts aux écailles mordorées

Je remonte le fil
Mes émotions se tordent avant d’être ingérées
Digérées
Puis soufflées par ma bouche dans un jet de flammes acérées
Ou dans une caresse
Tour à tour glacée
Ou par l’amour réchauffée

Mon jardin ne connaît que deux saisons
Rêve et déraison
On n’y est jamais seul-e
Et jamais vous n’y croiserez âme qui vive hors des frontières de l’imagination
Dans cet enclos
Qu’est mon jardin
On emmure les prisons
Dans le creux de nos mains jointes ensemble
On y chante les silences
Et les ombres de la lumière y font danser les cils
Ourlant nos clairvoyances de reflets indécis

C’est un repère de poètes est-ce…
Parce qu’on y aime avec frénésie
Jusqu’à l’envers de la vie
Jusqu’aux revers de nos envies
Jusqu’à la couleur de l’horizon à l’heure où la raison se couche
Entre chien et louve
Jusqu’à la promesse du sang qui coule et irrigue ses rives
Silencieux ruisseau
Qui délivre
Un message que les roseaux trahissent en bruissant dans le vent
Ça murmure
Justice !
Justice !
Et les fantômes de nos espoirs trépassés répondent en soupirant

Dans le jardin de mes soupirs
On revit à chaque inspir
Tout comme on apprend à mourir
Jusqu’au jour où sur les ailes du dragon ailé
On peut enfin voler

Dans le jardin de mes soupirs
Les immortelles se sont fanée
Mais les pensées fleurissent
Et fleurissent
Et fleurissent