IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Tag: amour

A court de prières

Je suis à court de prières
Partout la guerre
Des enfants meurent
Et je fais le caprice de ma soif d’amour
Jour après jour

Ailleurs le monde se soulève
Ici la révolte en grève
De la moitié de l’humanité
Toujours soumise et mains liées

Dans mon parcours
J’ai vu la belle étoile rester silencieuse
Et quand le soleil m’a répondu
J’étais heureuse
D’être folle
Mes dreads se sont dressées sur ma tête
Puis pour mon crâne rasé d’ascète
Ce fut la fin du monde

On chante la crise
D’autres s’enrichissent
La planète agonise
Pourtant des enfants naissent
Comme les arbres tombent

Et pour nos frères
On perpétue le calvaire
Veaux vaches cochons couvées
Menés au massacre quotidien
Dans l’indifférence des gens de bien
Et moi je transgresse chaque jour
Sans prétention je fais tout pour
Donner à ma liberté ses lettres de noblesse
En chassant la tristesse
Je suis à court de prières
Mais j’ai un corps pour aimer
Bibliquement
J’ai tout donné.

encens

Mon coeur

A chaque section du temps je me demande
Quel est le système qui nous dicte ces gestes
Qu’on accomplit malgré le désaccord intime?
Briser ces images qui nous dévisagent
Conséquence normative
Des automatismes qui nous dirigent en lieu et place d’agirs
J’en vois qui sont songeurs
Laissez-moi donc vous dire le mal qui nous ronge

Je vois que l’habitude est l’ennemie du bonheur
Pourtant des contrats se signent
Des engagements se disent
C’est toujours très solennel
C’est le ton que l’on prend quand on veut se faire peur
Enfin est-ce vraiment possible?
Jurer aujourd’hui de ce que seront nos cÅ“urs
Est aussi vain qu’une idée fixe sur hier
J’en vois beaucoup qui râlent
Leurs concessions intimes leur coûtent beaucoup trop cher
Nous avons goûté la liqueur du silence jusqu’à l’écÅ“urement
J’en vois qui sont rêveurs
Laissez-moi donc vous dire ce qu’est déjà le monde qui nous appartient

Ils l’ont réduit en parcelles et mis un prix sur tout
Le savoir s’est raréfié
Et partout nos besoins étalent leurs tarifs
Une fois l’eau et l’air empoissonnés il ne nous reste qu’à dépérir
Les laisserons-nous semer la ruine de l’humanité?

Mon cœur, refuse de te faire chantre de la résignation
Que mes désirs aient l’impulsion d’un battement d’ailes
Que nos liens soient tissés de filins de soie
Au lieu de ces lourdes chaînes que l’on appelle l’amour
On ne vole pas très haut quand on pèse sur nos êtres
Et nos avoirs nous plombent
Ils sont l’écran qui nous sépare les uns des autres
Et nous vivons courbés sous la menace tout en pestant de rage
Ne soyons pas si sages envers ceux qui usurpèrent notre obéissance
Certains deviennent serviles par soif de puissance
Que cachez-vous sous vos silences, est-ce que vous valez mieux?
Au nom de quoi vous taire?
Abattus par les mensonges
Partageons plutôt la virulence de nos songes

J’en vois qui ferment les yeux
Laissez-moi donc partir comme je suis arrivée
Sur un hasard infime, il s’en fallut de peu
Ainsi nos prières arrivent bien quelque part
Au revoir

ÎstÎna 𓆃

Pour te dire

Je suis venue te dire ce qui ne vaut pas la peine
A toi qui vis et lutte sur cette terre
Quand la vérité s’exprime dans nos veines
Il n’y a que pour l’écouter que nous devons nous taire

Prenons garde au chemin qu’engagent nos paroles
Et méfions-nous des panneaux trop lisibles
Au lieu de se bousculer sur les voies que la masse signale
Nous devons penser sans interdit

Il n’y a pas de parole
Qui ne soit le fruit de quelque obscur calcul
Les lois que font et défont les hommes déballent
Au grand jour leur volonté de puissance occulte

Je suis là pour t’avertir
Toutes ces choses que tu estimes plus que ta liberté
Te seront retirées à ton dernier soupir
Alors pourquoi s’épuiser à courir

Je suis venue te dire que ça ne vaut pas la peine
De t’exécuter sans mot dire, sans bousculer ton rôle
De peur que personne ne te comprenne
Ta vie pourrait être plus drôle, si tu savais

Je suis venue te dire d’avoir ta propre raison
Je suis venue te dire

Il ne faut pas craindre d’avoir mal
Ce sont nos pensées qui fertilisent la douleur
Il ne faut pas éviter d’être seul
Mais traquer la connaissance qui se révèle quand on s’égare

Nos personnalités s’étiolent dans des carcans communs
Comme si nous n’avions qu’un seul commencement
Comme s’il ne nous fallait naître qu’une seule fois
On laisse nos choix d’hier déterminer demain

Aux yeux des autres
Il nous faut obéir à une certaine cohérence
Parfois dissimuler ce que l’on pense
Pour le paraître

C’est dans nos différences qu’on puise notre richesse
Que la police des échanges trop souvent dissimule
A chaque question taboue que soulève la tristesse
C’est l’oubli qui recule

Je suis venue te rappeler le prix d’une vocation
Le coût des compromis
La valeur d’une larme et pourquoi payer si cher
Pour travestir nos rêves

Il y a tant de dommages sur ces champs de mines
Tant de «si j’avais su» qui font que l’on déprime
A quoi bon craindre le blâme, le doigt qui nous dénonce
Par qui le futur menace et le passé semonce

Quand le jugement commun insulte l’équité
La compassion devient faiblesse, ou se mue en pitié
La stigmatisation des coupables et des victimes
Rend le terrain propice à d’autres crimes

Je suis venue te dire de ne compter que sur l’amour
Pour rétablir la balance de ces âmes en peine
Je suis venue parler de paix car je connais la guerre
Que des êtres de sang se livrent à eux-mêmes

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A quoi ça sert

Apprivoiser le silence
Maîtriser le moindre geste
Que la parole soit juste
Douce et tendre, ferme et sans appel

Vivre aux côtés d’un fauve écorché
L’appel du sang absorbant tous nos sens

La morsure du désir qui pour toujours s’inscrit
L’appel irrémédiable vers ce qui nous détruit
La fierté du regard voilé qui se relève
Le dos striée la tête haute
Les ovaires qui se révoltent dans la douleur
La peur de porter et transmettre la vie
De confondre un père avec un imposteur
De nous priver de bonheur à cause de ma colère

Est-ce une preuve de faiblesse ou d’un courage patient
Était-ce ma force d’âme ou mon entêtement
Je ne sais pas

Mais si on ne peut plus s’appuyer sur la force des serments
A quoi servent les mots des amants ?

Doucement

Doucement
Tel un papillon enamouré
Tu te poses sur mes lèvres
Pulpe sucrée
Nos doigts qui s’emmêlent
Nos peaux qui s’entrechoquent
Tout cela me fait penser que
Nous pourrions nous aimer

Un corps qui rentre en l’autre
Les souffles qui s’accélèrent
Nos cœurs qui respirent
Un verbe qui s’écoute
Et le tremblement des cils
Tout cela porte à croire que
Je pourrais me noyer
Dans ton regard bleuté
Je voudrais y rester

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Avale

Doucement
Avale mes mots
Comme de l’ambroisie
Si tu as de la chance
Ils te tueront
Si tu ne les comprends pas
Ils te laisseront
Intact-e
Comme au premier jour
Avant le premier mot
Du premier poète

Doucement
Je me sens mourir
Comme je lis tes mots
Simples et beaux
Et je m’étonne
Ou je le feins
De tant de gris
Dans le quotidien
Un triste amour
Aurait-il balayé les couleurs
De ton cœur ?

Je suis naïve
De croire que je pourrai te déchiffrer dans tes archives

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Je rêve

Je rêve d’un monde où tous lèveront la tête
Personne ne l’aura, sur ses pieds, baissée
Je veux voir dans les yeux cet esprit de conquête
De soi-même, de son âme et de sa vérité
Je voudrais qu’enfin tous comprennent
Que nous sommes ici pour être des guerriers
Et que nos larmes, nos souffrances seront vaines
Tant que nous n’aurons pas la sagesse pour alliées
Je voudrais leur dire que ça en vaut la peine
Que d’entretenir des pensées ailées
Je voudrais que l’Amour coule dans nos veines
Et lire la paix sur ces visages usés

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Je reprends le cahier où j’inscris ma vie
En ignorant les pages arrachées lors des jours de tourment
Mon avenir est vierge car je suis le Verbe qui me programme sur l’infini présent
Tout est possible lorsque mes limites sont privées de ma croyance en elles

Depuis toujours imperméable à l’injonction d’accepter le désespoir comme partie de l’homme
Je reste une femme en proie à des dilemmes
J’ai trop souffert pour ignorer la saveur de la haine
Suis trop têtue pour accepter la fatalité de son jugement
Quand les cÅ“urs crèvent d’acrimonie
J’écris les larmes âcres que nous versons tous en silence
Les cris de l’innocence

Tous des enfants bafoués qui nous cherchons un souffle
La révolte que l’on étouffe se brûle parfois dans des carcasses de métal
Se glisse dans une larme ou déchire une chair
Écartelée par un plaisir barbare
Ma main tremble et je barre les lignes qui écrivent le viol
Ultime résistance à l’innommable je bâtis une armure de mes mots
Je rassemble ma plume pour que se nomment les morts qui remplissent les cimetières
À coup de ratures je refuse la dictée de l’enfer qui se répète chaque jour
Cautionnée par un imaginaire où l’amour crève sur un lit de dollars
Et que restera-t-il si l’on lève le voile
Si les étoiles se rallument dans les yeux qui ont trop vu le sang

Avec la perversité d’une Parole sainte
Le message se distille renforce nos chaînes mentales
Et l’on oublie que l’on peut voler dans les plumes
D’une étincelle provoquer le réveil

Nous sommes à l’aise dans le noir nous qui n’avons plus rien à craindre
Sauf nous-même

Ma plume s’égare à nouveau dans la colère et me rend ivre, à force de taire la page cachée de mon livre
Silence sur la blessure qui m’a donné le goût de tuer
Abrutie par la peur le cÅ“ur nu sans défense tremblant hébétée devant l’indifférence inhumaine à mon sort
Moi qui suis comme vous de chair animale
Je saisis l’instinct de haine je le sens dans mes veines
Vous qui m’avilissez je vois vos vies qui se dévident
Vous suivez les consignes pour fuir le vide de vos consciences
Dans toutes les strates on s’étripe de façon médiatique,
Variantes autour du thème de la déchéance
Dans cette mise en scène de la Divine Économie
Très peu d’acteurs sont payés
On crève à plus ou moins long feu mais l’on brûle tous à la fin
C’est très joli cela s’appelle l’Apocalypse
Dans tous les livres ils disent que c’est inévitable
Dans les langues mortes des religions sans foi ou des palabres boursiers

Sans dévier du but je relie l’inconciliable
Il y a 7 textes cachés dans ce fervent poème

Je ne crains pas le soufre
J’ai fait le deuil de mon orgueil au pied de tant de tombes
Éradiqué la peur en côtoyant des ombres
Repris courage en estimant leur nombre
Que tremblent les puissants devant leur imminence
Je les vois surgir du fond de leurs ghettos
Dans leurs destins qui crament ils cherchent un sens au crime
À grands renforts de rimes nous abreuvons vos âmes désertées
Pour la résurrection de l’Amour majuscule

resurrection

Toute

Toute la lumière du monde
Gâchée par un silence
Toutes les détresses du monde
Sauvées par une larme
J’espère que je lui manque
Celui que j’aimerai
Autant que je l’attends
Enténébrée de joie

joie

Je suis

J’écris depuis toujours. Depuis que j’ai découvert que les mots peuvent soulager nos maux. Partage de brisures intimes, les phrases tricotent un sens à ma vie décousue. Je cherche.
J’imagine que chacune, chacun, tente à sa façon de remontrer le labyrinthe jusqu’au noyau de son être, là où l’amour respire l’évidence, où les mirages du paraître s’estompent pour faire place au miracle de l’unité qui se révèle, et se livre sans relâche, malgré notre acharnement à l’ignorer.
Brouhaha de nos prières. Cacophonie de nos révoltes brouillonnes. Pourtant la paix et l’allégresse persistent à nous hanter de leur souvenir. Comme un codage génétique de l’âme, un programme caché.
Souffrance, colère et douleur; la vérité du vivant est avilie. Mais il n’est plus temps de chercher les coupables…
J’écris ma quête de sagesse. L’incohérence me guette gré de ces questions aux milliards de réponses.
Je suis le monde, la peste m’envahit lorsque j’ai laissé trop de rancÅ“urs s’accumuler. Leurs exigences de vengeance m’acculent à mon insu. Lorsque demain se dérobe et recule, la peste de mon âme m’empêche de saisir les richesses du présent, les milliards de possibles qui s’articulent.
Échapper à la grande illusion du temps. Les plus beaux souvenirs pourrissent sous la pluie de nos larmes amères, et le néant de la douleur soigneusement entretenue par nos récriminations imbéciles, envahit tout.

Sur nos visages où la beauté s’éteint parfois la joie trace des cicatrices. Je voudrais étendre ces sourires spasmodiques pour déchirer le voile. Nous ne sommes que des étoiles fuyantes
Comme autant d’astres dans la galaxie, au-dessus des mondes qui s’éteignent et se créent dans une impermanence sensible

Je suis la chair, et je tremble. Asservie par décret je suis négligée, et je n’ai que ces sursauts de violence pour me manifester. Je jouis dans la décadence d’un jet de lave, et mes cendres fertiles recouvrent bientôt les cadavres
La nature sacrifiée ne se venge pas. Elle réagit, comme mon clitoris à la caresse de tes doigts.
Je porte la mort comme le PhÅ“nix, je suis un mythe qui te guide et t’étreint, la couleur ombre qui dessine tes traits.

Je suis le monde et je n’existe que par tes yeux, toi que j’ai créé pour combler mon cÅ“ur, en secret, mon chaos intime, mon rêve, mon désespoir. Je t’aime.
Au milieu de ton corps où les pièges se nichent, innombrables comme les lames scintillantes dans une forêt d’épées, accueille-moi que je me trouve enfin
Je viens.