IstIna Izvor đ“‹č Source de VĂ©ritĂ©

Chemins de textes

Tag: Afrique

1 jour 2

Un jour de plus

Un jour de moins

Dans la solitude de l’Éternel



Telle L’Albatros du poĂšme

Mon handicap ce sont mes ailes

Envergure décalée

Je suis pas Icare elles sont pas juste collées

Blanches de peur ou Noires de colĂšre

M’en fous tant qu’elles t’envoient en l’air

Si tu te suspends Ă  mes vers

ᖮ℄⁅ᙈᖇàșź ᕍ⁅ ᖇᙈ⁅

Mon Verbe Plante Paroles en Terre

> Sainte MÚre, elle remercie ses tortionnaires ? Disposition légendaire et sans le moindre effort.

L’immobilitĂ© c’est la force

Pan! Terre!

istiNa 𓆃

Mon pĂšre

J’ai un pĂšre.
Il m’a trĂšs peu parlĂ© du Congo
Il ne m’a pas appris sa langue
Il n’aime pas mes poùmes. Ils sont trop noirs pour lui
Je le balance. Dans l’espoir de le faire rĂ©agir.
Parfois les enfants doivent donner des claques Ă  leurs parents
PÚre, si mon art te déplaßt, ne reviens pas sur ces pages
Mais ne me reproche rien car c’est sans toi que je dois partir Ă  la recherche de mon hĂ©ritage
C’est sans toi que je me bats pour dĂ©couvrir la langue que parlaient mes ancĂȘtres
Il y a danger d’extinction de notre culture
J’aurais voulu que tu sois fier d’ĂȘtre le lien Entre ce continent glorieux et l’avenir radieux
Je pleure de dĂ©pit mais je n’attends pas que tu m’adoubes
Comme je ne t’ai pas attendu pour partir Ă  la conquĂȘte de mon Ăąme nĂšgre
Et de la magie qui m’habite avec la poĂ©sie
Ta défection me rend la tùche plus difficile et tant mieux
Je saurai la valeur de chaque mot
La conquĂȘte des symboles
La force d’un peuple
La beautĂ© d’un royaume

De l’Universel je pĂ©tris mes poĂšmes

L’Amour est leur noyau

Mon coeur noir n’offense pas plus le blanc
Que le jour n’offense la nuit
Ma chair de femme ne menace pas plus le mĂąle
Que les démons ne menacent les dieux

PĂšre
Je suis ton fils, ta fille, ton héritiÚre, ton adversaire jurée
Comme le monde ancien doit ĂȘtre bousculĂ© par la jeunesse
Pour que de nouveaux palais surgissent des ruines
Sans remords
Je dépoussiÚre ton corps ankylosé
L’attente a assez durĂ©

Toi qui fis peser le nom de VeritĂ© sur mes frĂȘles Ă©paules
Me voilĂ  forte maintenant au prix de combien de combats ?
Et tu voudrais que je cache le sang de mon visage ? Mais le guerrier victorieux aprĂšs les plus terribles batailles
Exhibe fiĂšrement sa sagaie !
Tu voudrais que j’ai honte des cicatrices de mon cƓur ?
Mais nous sommes des milliards que ces douleurs relient
Et il nous faut savoir que nous ne sommes pas seul·es pour ĂȘtre enfin UNI·ES!
Regarde ce sang. PĂšre, il est joie, il est lumiĂšre!
Je suis estropiée mais debout et maintenant je sais
Je sais
Que mon Ăąme est immortelle

PĂšre j’aurais voulu que tu m’apprennes la langue des esprits
Tu m’as fait dĂ©positaire d’une autre science qui chaque jour me sauve
À l’intersection de la lune et du soleil
La métisse osmose se réalise.

ÎstÎna 𓆃

Nouveau départ

Encore un nouveau départ
Je serais bien ingrate de m’en plaindre, j’avais rĂȘvĂ© que ma vie ne soit que succession de voyages, d’Ă©tapes imprĂ©vues
Et j’ai assez naviguĂ© de bras en bras d’Ăąmes en Ăąmes il me faut voir du pays
Du pays
Il me faut voir l’Afrique ou plutĂŽt la revoir je n’ai Ă  ma portĂ©e que ces souvenirs indistincts qui se situent dans les limbes du conscient
C’est trop peu pour faire une famille
Ce ne sera pas mon pays mais peut-ĂȘtre un peu mon royaume aprĂšs tout je suis reine il me semble juste avoir oubliĂ© de qui de quoi
Pour l’instant sous ma gouverne il n’y a que ces langages que peu comprennent, et puis aprĂšs tout quoi, les mots sont un artifice l’essentiel passe toujours au-delĂ 

A la recherche de ma négritude
Je nous ai jugĂ©s bien vains de parler d’esclavage
Sans savoir au fond
Sans savoir autre chose que ces prisons communes Ă  tous les humains
Il me fallait vĂ©rifier j’ai optĂ© j’ai vĂ©cu peut-ĂȘtre est-ce ainsi que je me l’explique est-ce ainsi que je provoque ma vie
Je l’ai vu le Raciste
Il me traitait de négresse en me crachant au visage
J’ai accompli ses plus basses besognes
Sans pouvoir rĂ©clamer mĂȘme un sourire en rĂ©compense
Je l’ai connu le MaĂźtre
Il m’a donnĂ© du fouet lorsque ma pensĂ©e n’avait pas anticipĂ© ses dĂ©sirs avec assez de justesse
A ceux qui me croient égarée dans ma propre métaphore
Je montrerai mes cicatrices pour qu’ils frĂ©missent avec moi
Qu’ils tremblent d’effroi car il est toujours lĂ  je l’ai connu
J’ai Ă©tĂ© vendue Ă  d’autres hommes par un homme qui avait la mĂȘme couleur que moi
Comment ai-je pu me laisser approprier au nom de l’amour
Comme d’autres au nom de Dieu ou du dollar ?
C’est que l’esclavage n’a pas encore Ă©tĂ© aboli
Il se pavane encore sous des parades légales
Des idéaux de pouvoir, et des violences rendues possibles par les mensonges de nos histoires

Satan m’a fait deux gosses dont le meurtre pĂšse sur mon Ăąme
Je l’ai aimĂ© le Monstre
Eu pitiĂ© de l’esclavagiste
Pleuré avec mon bourreau
Il n’est guĂšre plus libre que moi dans ce systĂšme tordu
Une fois mĂȘme avec le crĂąne fendu je priais pour son Ăąme j’avais le pardon aux lĂšvres
Et l’Ăąme lĂ©gĂšre
ArrivĂ©s lĂ  mĂȘme la mort recule
Je vous jure
Je l’ai aimĂ© le Monstre
Je l’aime encore parfois quand je suis seule et vraie
C’est mon semblable aprĂšs tout, ses larmes ont le mĂȘme goĂ»t de sel
Et quand il me blesse, ses mains saignent

Je vais chercher l’asile dans une chair Ă  vif
Un continent qui n’en peut plus que le monde meure Ă  ses dĂ©pens
Je suis un corps violé qui erre sans rivage
Mon visage un miroir de contraires
N’ayant ni pays Ă  pleurer ni paradis perdu
Je rĂ©clame pour chaque Ăąme d’avoir l’empire d’elle-mĂȘme
C’est beaucoup dire et ce n’est qu’un dĂ©but
Encore un début
Encore un nouveau départ et si je ne suis plus trÚs neuve
Je dis merde au bourreau qui me dit périmée
Je dis merde au colon qui m’a abĂźmĂ©e
Au capitaliste qui m’a pillĂ©e
Non content de me ravager il a joui de mon sang
Étranger Ă  ma rage cela me laisse au moins l’avantage de la folie
Ceci n’est pas une fuite
Je l’attendrai aux quarante coins du globe du haut de ma vĂ©ritĂ© nue
Et crûment
J’assassinerai la poĂ©sie par le silence

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