IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Hobbie

Cela n’a jamais été un passe-temps comme un autre.
Aller chercher l’extrémité de l’instant pour l’attirer à soi,
Tirer sur les temps morts, avouer sa solitude
En arabesques de Bic sur un carnet à spirales,
Encore un.

Cela n’a jamais été un hobbie anodin.
Plutôt un vertige longitudinal
Loisir un peu coupable un peu sale
Comme une masturbation silencieuse

Je cherche le scandale linguistique sur les lieux même de l’évasion théorique
En vain

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La liberté

C’est qu’on avait l’habitude de leur dire quoi faire
Quoi penser
Quand la liberté se présenta ils se trouvèrent démunis
Et ils lui dirent
Que va-t-on faire de toi
Tu nous encombres
Liberté
Nous étions à l’abri derrière les barreaux de la dépendance
Et tout à coup
Il nous faut agir par nous-mêmes
C’est pourquoi Liberté
Tu dois nous donner un maître
Une école
Et des épreuves
Afin de nous départager sur un sentier qui nous mènerait à toi

La liberté que l’on refoule
La liberté aurait pu répondre
Elle était libre de le faire
Mais elle se tut
Et les laissa construire
Leurs écoles
Leurs systèmes
Tout en jurant que l’on ne l’y trouverait point.

Et c’est depuis que dans le monde
Des ignorants s’inclinent
Devant d’autres ignorants
En leur donnant des tas de titres honorifiques
Tandis que ceux qui savent
– les enfants –
Sont forcés de plus en plus tôt
A quitter le monde de l’enfance

C’est pourquoi régulièrement
La liberté s’arrache les cheveux
Qu’elle a longs courts noirs blancs blonds fins raides épais frisés
Et même un peu roux auburn bouclés châtain
Les humains les ramassent pour faire des tresses
Avec lesquelles ils s’attachent entre eux
Tels sont les humains

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Muette

A l’eau claire le miroir est poli
Une pierre réminiscente
Sur une plage parmi d’autres
Et l’écran de vermeil
Tendu par l’océan

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Il paraît

Il paraît que je peux tout dire
Il paraît que le slam c’est libre
Il paraît que la poésie c’est vivre en accord avec une certaine idée d’exister
Il paraît que je m’appelle Vérité et qu’il n’y a pas de hasard
Si j’ai grandi perdue et si seule l’écriture m’a trouvée
Je me suis laissé dire qu’elle pourrait me sauver
Qu’elle ne me raconterait jamais d’histoires
Il faut écouter sa voix intérieure il paraît
Il paraît que je suis forte
Que j’ai des atouts
Que je peux m’en sortir seule
Il paraît que j’exagère mes douleurs
Que si je en regardais pas tout sous la même couleur
Celle de la révolte
J’aurais à ma portée plus de paix et de portes qui s’ouvrent
Il paraît que sous ma perpétuelle complainte
Il y a une artiste qui couve
Il paraît que parfois je gagnerais à me taire
Il paraît qu’il n’y a rien à gagner
A renier le silence
Qui s’imprime sourdement sur les pages blanches
Parfois virtuelles
Que je souille de mes prétentions à une existence éternelle
Au delà de mon corps de chair de peur de désirs
Il paraît que je suis libre!
Et pourtant
Il paraît que je suis fière
Je me le dis dans la glace pour me guérir de l’orgueil
Qui m’a fortement fait défaut
Je cherchais des gens vrais et j’ai croisé des faux
Mais je n’ai pas perdu l’humour
Ni l’humeur
D’aimer
Clin d’œil à tous ceux que ma voracité à malmenés
Que ma jouissance a emmenés
Dans ma faim d’éternité
Pour que nos mots s’impriment dans l’éther
Sommes-nous prêts à payer de nos maux
La dot de ce mariage avec le ciel?
Au fin fond du cosmos
Je suis allée sentir ce que c’est qu’être uni-e-s
J’en ai ramené un trait de poésie
Mais le filtre de mon âme désassemblée
Fit éclater le Verbe en de multiples parcelles
Miroirs dépareillés
Dans lesquels je guette l’éclat de l’infini
Il paraît que tous les artistes se rêvent immortels
Il paraît que tous les hommes….
Il paraît que ce n’est pas grave si ce terme résume à lui seul l’humanité
Absorbant sa majorité silencieuse
Il paraît que j’en fais des tonnes
Que le poids de nos souffrances pèse sur mon entendement
Cela m’étonne
Car pour guérir de la cécité
Rester lucides quand le mensonge a trop irradié nos iris
Ce sont ceux qui hurlent qu’il faut écouter d’urgence
Saisir le message qui se dégage de leurs présages
Parfois teintés de rage
Ce sont ceux qui saignent
Qui dévisagent la vie dans toute son impudique valeur
Il paraît que ce sont les rêveurs
Qui font avancer notre monde dans le sens du bonheur…
Et pourtant
Pour un espoir
Qui repose sur un frisson
Recueilli dans le noir
Pour un sourire
Pour un regard entendu entre deux portes closes
Mes lèvres écloses
Laissent échapper un souffle d’une envoûtante prose
Ou d’une rime malicieuse
Alors je vole vers ces abîmes délicieuses
Il paraît que j’existe
Enfin
Chacune de ces échappées
Me fait passer un peu plus le goût d’une vie terne et sans flamme
Je mets en péril ma paix d’esprit
Pour ce petit supplément d’âme
Il paraît que c’est une addiction
Il paraît qu’il me faudrait admettre les choses sans condition
Et jouer le rôle des relations humaines
Que c’est une question d’adaptation
Il paraît que certains sont sourds
A l’appel de la révolution
Il paraît que je devrais être plus égoïste
Alors je ne sais plus quoi penser
La sagesse me met sur une piste
L’expérience sur une autre
Est-ce à ce croisement que l’on dépiste la foi?
Car il paraît que ça se perd au détour d’un chemin
Que ça se trouve aussi des fois
Au terme du désespoir
Il paraît que je dois accepter que mon âme est noire
Sous un certains regard
Et ne pas chercher toujours à arrondir les angles
Et que si tu les blesses
Eh bien ma foi
Eux ne t’ont-ils pas blessée
Plus d’une fois?
Il paraît que l’univers a sa justice
Que la raison ignore
Et bien d’autres choses encore…
Il paraît que je devrais m’en tenir là
Sans chercher à mesurer la vérité
A l’épreuve de mon vécu
Ni à chercher des preuves dans l’adversité
Que les étoiles veillent sur les rêves qui les suivent
Il paraît que je crois trop fort ou pas assez
Il paraît que c’est une des questions que je devrais laisser reposer
Là où elle ne dérange personne
Il paraît que je n’ai jamais su vraiment écouter que mes doutes
Il paraît que je ne suis pas la seule à être contradictoire
Il paraît que ce n’est pas une excuse
Alors puisque même les mots s’usent
Que les émotions me reviennent comme des boomerangs
Je devrais me laisser couler
Dans le sommeil des apparences
Il paraît que le fleuve du bien-être y danse
Le long des rives du territoire de la résignation
Il paraît qu’à l’envers de la conscience
Lorsque survient la nuit
Des portes s’ouvrent entre les hémisphères célestes
Des liens se tissent
Et des muses se délestent de leurs présents
Dans nos esprits rendus possibles par l’abandon
Alors du bout de mon éveil paradoxal
Je les piste
Pour vous les livrer en un éternel sourire
Ou une profonde goutte de sang
Mais la tendresse et la colère ne sont pas du même clan
A ce qu’on prétend

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Automne

Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
L’automne a toujours été la saison de mes nouvelles amours. Comme si à mesure que la nature autour de moi s’étiole, quelque chose dans mon cœur résistait assez fort pour attirer la rencontre, un élan contraire au rythme qui m’entoure, quelque chose qui veut naître alors qu’autour…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
J’aimerais que mon ego de même se débarrasse de ses peaux mortes… Toutes les couches d’orgueil, de vanité, de prétention, d’égoïsme et de lâcheté tomberaient au sol et je les piétinerais d’un pied joyeux, pour célébrer une nouvelle saison, de pureté immaculée. Mais je ne suis pas un arbre… Mes racines sont floues, mon feuillage confus… La transformation, je l’observe mais mon cœur, ce fossile, ne peut pas se joindre à l’allégresse ambiante, une allégresse de cimetière. Car au fond…
Tout tombe, tout rougit, tout pourrit, tout meurt.
C’est la grande leçon de l’automne. Il faut accepter que certaines choses se flétrissent, se rabougrissent, se ternissent, il faut accepter la grisaille du ciel et s’habituer au froid… Promesses de solitude, de décrépitude et de mort. A l’automne de ma vie, j’espère avoir la sagesse de ne pas me rebeller, d’accompagner le cycle et d’accueillir toutes ses couleurs, fussent-elles celles de la dernière pluie. Je voudrais glisser, calmement, dignement, dans l’hiver de l’oubli.

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Ma psychose

A toi ma psychose
Avec toi
Je voyais la vie en rose
Ou bien tout en noir
Entre le paradis et l’enfer
Il n’y avait pas d’intermédiaire
Ma psychose
Tu m’as portée au pinacle
Tu as causé ma débâcle
Tu nourrissais mes passions
Ma source d’inspiration
Ma psychose
Tu m’as rapprochée de Dieu
Au point d’entendre sa voix
Tu m’as mise en face du démon
Et sans y faire attention
Je l’ai embrassé de mon courage
Toi ma psychose
Tu m’as offert de belles images
Révélé les plus beaux des songes
Et fait de ma vie un cauchemar
J’étais sujet de ton message
Mais désormais il est trop tard
Je suis une petite fille sage
Et je ne te reverrai plus
Je prends mon cachet à heures fixes
Et je ne crois plus en tes mensonges
Parfois tu me manques
Toi et ta frénésie rouge
Dans ma vie plus rien ne bouge
Ma folie est sous contrôle
C’est sûr que c’est beaucoup moins drôle
Sans toi ma psychose
Les fantômes de mes désirs
Ne reviennent plus me hanter
Ni m’inspirer de belles phrases
Éclats de colère
Fragments de lumière
Parfois j’aimerais te récupérer
Le temps d’un frisson
Ou d’une récitation
Histoire de vibrer
Histoire de trembler
Histoire de
Me raconter des histoires
D’anges et de prophéties
Mais ce temps est bien fini
Je ne te reverrai plus
Ma belle, ma terrifiante psychose
J’aurais pu vivre avec toi jusqu’à la mort
Précoce
Mais ils ont voulu que je vive
Comme une écorce vide
Tu étais mon énergie
Féroce
Tu étais mes ailes et ma prison
Je ne te reverrai plus
Mais je t’ai aimé comme on aime
Un reflet erroné dans un miroir.

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Un petit tour

Un petit tour
La piste est grande
Et le ciel assez vaste
J’en vois qui ramassent les pépites dévoilées par une plume iconoclaste
Je déplace ma foi sur un autre terrain
S’Il m’a donné la force de supporter la faim
Nous sortir tous du gouffre devient un jeu d’enfant
Que plus personne ne souffre enfin
De cette indifférence infecte
Qui n’est pas l’œuvre de Dieu mais le produit des humains

Et puisque j’aurai tout perdu
Puisque rien ne m’appartient
Je vous offre en mémoire cette lutte détraquée
Ces rythmes désaxés
D’un animal traqué
Traquée par la peur du cambrioleur
Par l’angoisse surréelle
Par les mensonges formels
Et libérée par les ailes d’un pigeon qui s’envole
Angoissée par la mort
Par son inexistence
Comme menacée par les nuages qui s’amoncellent

A la source
Une lueur dans l’éternel
Comme une flamme dans les ténèbres
Qui résiste à tous les vents
Tel un sourire dans le ciel
Je vais, je viens
D’une petite étincelle
Féconder le néant

Nous vivons sur les vestiges d’une civilisation perdue
Égarée quelque part dans les couloirs de l’administration
L’absorption des chocs est l’affaire des voitures
Et les humains douillets
Tètent au biberon de quoi ne pas grandir
Sous peine de dépasser son propre ordinateur
On baise comme on danse sur un rythme binaire
Et comme on parle on se respire
La conscience viendrait d’ailleurs?
Tous les mots qui font mouche sont dit sans réfléchir
Au contraire
Vous l’avez pris pour cible
Le miroir est traversé de part en part
Que cela nous transperce
Nous bouleverse de bonheur

Un, deux…

Je rappelle que tous ceux qui n’ont pas apprécié mon sens de l’humour
Étaient libres à tout instant d’arrêter la plaisanterie
Du moins de l’enrayer par un obstacle sérieux
Non à cette blague sordide qui impose à nos vies
Tant de traites à payer
De charges à assumer pour simplement jouir en échange
Non à l’emprise de la vertu sur le vice
Si l’un se fait juge il rend l’autre victime
Non aux cadences horaires
Ne comptez pas sur moi pour vos tortures régulières
C’est non
Non au pied bandé de la femme moderne
Non au piédestal
Je dis non au pied d’une stèle qui pourrait bien porter mon nom…
Je dis non au gaspillage de ces petits anges enchaînés sur des bancs scolaires
Je dis non à tout ce qui voudrait récupérer la colère
Je dis non à la dernière des organisations conventionnelles internationales non gouvernementales sans but lucratif
Parce qu’une telle entité existe déjà elle s’appelle Terre
Non à toute réunion de personnes en vue d’organiser de mécaniser de rationaliser le fonctionnement admirable de la nature
De telles prouesses nous mettent à l’écart
Et s’il faut qu’on compare ce qu’on fait sera pire
Pire que de dormir quand on a envie de dormir
Et laisser jouer les enfants dehors
Je dis non à l’obligation d’être conforme
Même à soi
Non au travail forcé des vers à soie
Et comme on est entre soi je vous le confie pour moi-même
A la question de savoir si j’aime
La réponse est oui

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Toi

Toi et tes poings
La chose la plus douce qui me soit arrivée
Tes caresses mortelles m’emmèneront droit au ciel
Et tes paroles qui m’assassinent
Délivrent une vérité qui partout ploie sous les joug des convenances

J’ai cru que l’on pouvait guérir de ces blessures fondatrices

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Suicidée vivante

Suicidée vivante – n’ayons plus peur des mots
Je suis restée pour voir, après le mécanisme de l’échafaud
Ce qu’il reste de la technique brillante qui conduit l’homme au-devant de lui-même
Sur la parcelle la plus brûlante de son être
Après avoir trouvé repos en un autre
Perdu
Égaré dans la multitude des temps

Je suis restée pour voir ces lambeaux de moi-même
Suspendus au gibet du quotidien désordre
J’avais oublié là
Mes goûts mes dégoûts mes leurres mes erreurs
Dans un retour vers un plus ample imaginaire

Délicatement la folie vient caresser mes pupilles
Et je vois
Ce que l’homme ne peut voir
L’impossibilité du temps précoce

Assise sur l’éternel
Je ris
En remplissant mes cahiers de songes de sang et d’eau
La mort entonne sa ritournelle
Et nous salue d’un geste raffiné
Elle écoute

Collision entre terre et mer
Les îles se déchaînent
Les vagues se dépêchent pour me voir suspendue
A un mince filet noir et tremblant
– de l’encre –

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Je rêve

Je rêve d’un monde où tous lèveront la tête
Personne ne l’aura, sur ses pieds, baissée
Je veux voir dans les yeux cet esprit de conquête
De soi-même, de son âme et de sa vérité
Je voudrais qu’enfin tous comprennent
Que nous sommes ici pour être des guerriers
Et que nos larmes, nos souffrances seront vaines
Tant que nous n’aurons pas la sagesse pour alliées
Je voudrais leur dire que ça en vaut la peine
Que d’entretenir des pensées ailées
Je voudrais que l’Amour coule dans nos veines
Et lire la paix sur ces visages usés

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