IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Mon coeur

A chaque section du temps je me demande
Quel est le système qui nous dicte ces gestes
Qu’on accomplit malgré le désaccord intime?
Briser ces images qui nous dévisagent
Conséquence normative
Des automatismes qui nous dirigent en lieu et place d’agirs
J’en vois qui sont songeurs
Laissez-moi donc vous dire le mal qui nous ronge

Je vois que l’habitude est l’ennemie du bonheur
Pourtant des contrats se signent
Des engagements se disent
C’est toujours très solennel
C’est le ton que l’on prend quand on veut se faire peur
Enfin est-ce vraiment possible?
Jurer aujourd’hui de ce que seront nos cÅ“urs
Est aussi vain qu’une idée fixe sur hier
J’en vois beaucoup qui râlent
Leurs concessions intimes leur coûtent beaucoup trop cher
Nous avons goûté la liqueur du silence jusqu’à l’écÅ“urement
J’en vois qui sont rêveurs
Laissez-moi donc vous dire ce qu’est déjà le monde qui nous appartient

Ils l’ont réduit en parcelles et mis un prix sur tout
Le savoir s’est raréfié
Et partout nos besoins étalent leurs tarifs
Une fois l’eau et l’air empoissonnés il ne nous reste qu’à dépérir
Les laisserons-nous semer la ruine de l’humanité?

Mon cœur, refuse de te faire chantre de la résignation
Que mes désirs aient l’impulsion d’un battement d’ailes
Que nos liens soient tissés de filins de soie
Au lieu de ces lourdes chaînes que l’on appelle l’amour
On ne vole pas très haut quand on pèse sur nos êtres
Et nos avoirs nous plombent
Ils sont l’écran qui nous sépare les uns des autres
Et nous vivons courbés sous la menace tout en pestant de rage
Ne soyons pas si sages envers ceux qui usurpèrent notre obéissance
Certains deviennent serviles par soif de puissance
Que cachez-vous sous vos silences, est-ce que vous valez mieux?
Au nom de quoi vous taire?
Abattus par les mensonges
Partageons plutôt la virulence de nos songes

J’en vois qui ferment les yeux
Laissez-moi donc partir comme je suis arrivée
Sur un hasard infime, il s’en fallut de peu
Ainsi nos prières arrivent bien quelque part
Au revoir

ÎstÎna 𓆃

Testament

Parce que je deviens pierre que mon désir se meurt
d’avoir voulu voler si haut
je délivre goutte à goutte
le testament de ma chair

Goutte-d-eau-principale-28-03-2009

Pour te dire

Je suis venue te dire ce qui ne vaut pas la peine
A toi qui vis et lutte sur cette terre
Quand la vérité s’exprime dans nos veines
Il n’y a que pour l’écouter que nous devons nous taire

Prenons garde au chemin qu’engagent nos paroles
Et méfions-nous des panneaux trop lisibles
Au lieu de se bousculer sur les voies que la masse signale
Nous devons penser sans interdit

Il n’y a pas de parole
Qui ne soit le fruit de quelque obscur calcul
Les lois que font et défont les hommes déballent
Au grand jour leur volonté de puissance occulte

Je suis là pour t’avertir
Toutes ces choses que tu estimes plus que ta liberté
Te seront retirées à ton dernier soupir
Alors pourquoi s’épuiser à courir

Je suis venue te dire que ça ne vaut pas la peine
De t’exécuter sans mot dire, sans bousculer ton rôle
De peur que personne ne te comprenne
Ta vie pourrait être plus drôle, si tu savais

Je suis venue te dire d’avoir ta propre raison
Je suis venue te dire

Il ne faut pas craindre d’avoir mal
Ce sont nos pensées qui fertilisent la douleur
Il ne faut pas éviter d’être seul
Mais traquer la connaissance qui se révèle quand on s’égare

Nos personnalités s’étiolent dans des carcans communs
Comme si nous n’avions qu’un seul commencement
Comme s’il ne nous fallait naître qu’une seule fois
On laisse nos choix d’hier déterminer demain

Aux yeux des autres
Il nous faut obéir à une certaine cohérence
Parfois dissimuler ce que l’on pense
Pour le paraître

C’est dans nos différences qu’on puise notre richesse
Que la police des échanges trop souvent dissimule
A chaque question taboue que soulève la tristesse
C’est l’oubli qui recule

Je suis venue te rappeler le prix d’une vocation
Le coût des compromis
La valeur d’une larme et pourquoi payer si cher
Pour travestir nos rêves

Il y a tant de dommages sur ces champs de mines
Tant de «si j’avais su» qui font que l’on déprime
A quoi bon craindre le blâme, le doigt qui nous dénonce
Par qui le futur menace et le passé semonce

Quand le jugement commun insulte l’équité
La compassion devient faiblesse, ou se mue en pitié
La stigmatisation des coupables et des victimes
Rend le terrain propice à d’autres crimes

Je suis venue te dire de ne compter que sur l’amour
Pour rétablir la balance de ces âmes en peine
Je suis venue parler de paix car je connais la guerre
Que des êtres de sang se livrent à eux-mêmes

La-verite1

J’exige

La création exige
Du silence
Une accalmie dans la tempête de l’âme
Instants dérobés à la cadence infernale
Pour un temps suspendue
Saisons des vendanges où l’on courbe l’échine
Pour extraire un nectar
Du jus trouble de ses pensées
Et boire la lie de nos peines comme de l’ambroisie

La création exige le joug du devoir et le luxe de la fantaisie

L’humanité exige des poètes
Qu’ils plaquent des rimes au kilomètre sur les paysages défigurés par la souffrance

Mon âme candide
S’est imprégnée du crime d’avoir une conscience
Mais l’impuissance y a creusé un gouffre immense
Qui est refuge
Qui est tombe pour mon corps exsangue

L’humanité exige des poètes
Qu’ils crèvent ou s’engourdissent au chevet de leurs rêves

reve

A quoi ça sert

Apprivoiser le silence
Maîtriser le moindre geste
Que la parole soit juste
Douce et tendre, ferme et sans appel

Vivre aux côtés d’un fauve écorché
L’appel du sang absorbant tous nos sens

La morsure du désir qui pour toujours s’inscrit
L’appel irrémédiable vers ce qui nous détruit
La fierté du regard voilé qui se relève
Le dos striée la tête haute
Les ovaires qui se révoltent dans la douleur
La peur de porter et transmettre la vie
De confondre un père avec un imposteur
De nous priver de bonheur à cause de ma colère

Est-ce une preuve de faiblesse ou d’un courage patient
Était-ce ma force d’âme ou mon entêtement
Je ne sais pas

Mais si on ne peut plus s’appuyer sur la force des serments
A quoi servent les mots des amants ?

Exemplaire

Ils veulent faire parler la France qui souffre
Tout en fermant la gueule de leurs femelles
Dans la France du sous-sol
Des cris de bêtes résonnent sur les parois des caves
Ce sont les esclaves qui se défoulent sur leurs soumises

Ça fait du bien de se dire qu’aussi sombre que soit ton avenir, tu pourras toujours jouir de ton pouvoir sur elles
N’est-ce pas que ça soulage de foutre ton sperme sur le visage d’un ange ?
Cette rage qui te démange c’est celle de l’impuissance
Mais de quoi donc as-tu peur quand tu veux me faire taire ?

Les nouveaux nègres ont intégré les méthodes de leurs maîtres.
Ils reproduisent avec délectation toutes les formes de l’oppression
Et nous qui ne sommes rien sans leurs regards, on ne demande qu’à se faire mettre bien profond

Dans l’hexagone
Une femme tous les 3 jours meurt sous les coups de son cher et tendre
A quand les émeutes au sein de nos foyers?

Famille exemplaire
Modèle d’une ségrégation réussie

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Equilibre

Mon encre est un fil où je cherche l’équilibre
Sans cesse ballottée entre des vents contraires
Jeter l’ancre est impossible tant je veux être libre
Entre les envies qui me poussent et des règles arbitraires
Un océan de normes dont je voudrais m’extraire

Sans cesse je titube
ivre de mes propres désirs
Mot à mot j’avance en funambule

À la droite de ma raison le vide est menaçant et le futur me presse
À la gauche de mes passions le chaos me glace et le passé m’oppresse

À force de maladresse même mes mots se brisent sur le flanc des extrêmes
Sous l’écorce de ma tendresse suinte l’émoi qui me grise lorsque mes sangs s’expriment

Et la vue me déprime
Le Noir et le Blanc se déclarent la guerre sur le terrain de l’Histoire
Le mâle et la femelle s’érigent en adversaires se renvoient leurs déboires

Entre instinct nomade et quête de foyer
Entre crainte innommable et courage dévoyé

Je voudrais fermer les yeux sur ma lucidité pour ne pas perdre l’espoir
Et je me perds en substances pour rallumer l’essence et mieux voir dans le noir

Sous l’attrait des ténèbres je rêve que mes paroles s’envolent dans la lumière
Et mon ego me gronde lorsque je me sens fière de n’être que poussière

Ma plume est un totem que j’invoque chaque soir à la lueur du silence

Loin de ce monde insensé où ma boussole se casse
Ignorant les semonces à l’équilibre je renonce
Portées par les tempêtes mes rimes enfin s’élancent et bousculent l’espace

..Vous faire perdre pied pour que nos âmes dansent

poussière

L’antre du chaos

Je fus plongée en plein cÅ“ur des enfers et j’irradie encore d’un espoir insolent

Les plus vils des hommes m’ont craché à la figure
tout le mâle que leurs couilles ont pensé
de la plus innocente des femmes
sans écorcher l’amour le plus puissant

En l’espèce humaine j’ai goûté à pleine langue l’abject et le sacré dans le même pli de peau
Mes poumons ont noirci à l’air de nos rancÅ“urs et mon cul a blanchi comme l’argent des dealers
Mon con damné par l’Etat d’ignorance, j’ai plongé en prière pour ma survivance

Voilà de quelle autorité je parle aujourd’hui

Au temps de mensonges et de vanités crasses, tout faire pour sortir de la danse, à n’importe quel prix

Préférer la mort à cette ronde funèbre – comme si l’on pouvait mourir autrement qu’en pensée – vivre autre !

Une pousse de lotus dans l’antre du chaos

Un rayon d’argent jailli de tes yeux pers

Dans l’ovule du cyclone

Je suis

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Au petit jour mort-né

Au petit jour mort-né
Au diable émancipé
Qui vague dans mon crâne
Je remets la clé d’or de mes songes écartelés
Selon le rituel à la dernière lune
– le sang des songes est pourpre et blanc
et bleu de myrrhe –

Prenez ce qu’il en reste
Offrande décalquée
Voyage sans ivresse
Départ sans bagage
Prenez ce qu’il en reste
Et rendez-moi

Le nid du dragon jaune
Où la lune s’est couchée
Tremblante de désir
Pour une étoile absurde

Rendez-moi la fièvre des vœux impossibles
De vivre jusqu’à cent mille ans
Avec un cœur de cristal
Un papillon sur les lèvres
Pour faire taire les sanglots lents du confort vicieux
Où les poèmes s’écroulent et meurent

lune

A force

A force de fouiller le sol de mes désirs
je l’ai trouvé dans les entrailles de mes plus inavouables pensées
Tandis que ses paroles me délivraient des chaînes de la raison
ma chair se délectait à la vue du vampire qui dansait sur sa tombe
hypnotisant mes sens

vanité
dire que je prétendais lui redonner le goût de la lumière

Je l’ai suivi d’emblée depuis le temps que je me préparais à trouver mon maître
déjà auparavant ma candeur stupéfaite
avait senti pousser à l’envers de mon aura des ailes de dragon
A force de chercher des questions à la chaleur indifférente du jour
j’ai trouvé des réponses sur le seuil des enfers
d’où sa parole déchirait l’amour en silence à la lueur de la lune

un ange passe

réminiscence de mon innocence qui s’efface tendrement dans le miroir
flaque de sang sous les pieds de mon âme férue d’enfance
furie de la drogue qui effleure sans les ouvrir les portes du cachot
fièvre d’une harangue où je pleure de voir s’éteindre les âmes fortes sous les crachats

Partout où l’on plante notre Verbe une fleur poussera
pour crier nos plus vives couleurs

pour ne pas perdre sa trace il faut forcer l’ivresse
divorcer du monde qui renie ta face
soustraire ta conscience aux plaies qui te harassent

Et si dans mes prières
j’ai pu préparer ce parcours de la peur en toute inconscience
permets-moi simplement de donner un sens à mes errances
car me voilà punie de mon indécente soif de sagesse
orgueil
toi qui me fit miroiter les étendues de la liberté
j’ai peur de ne plus craindre la mort
de désirer l’oubli

mes lèvres me brûlent de tant de peines tues
je ne connais pas de langue assez crue pour dire
l’accumulation des menaces sur mon cÅ“ur de négresse
la fière malédiction que porte ma tignasse
je ne peux pas davantage oublier la couleur de ma peau
que la fente entre mes cuisses
le virus mortel de votre indifférence s’immisce dans cette plaie tiède
Est-ce la détresse qui me pousse à chercher dans leurs haleines fétides des relents d’amour ?

J’ai peur de donner la vie

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