IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Un possible amour

L’amour est impossible
A qui refuse
L’avalanche de feu
La soif incendiaire
Et le manque
Le manque lancinant
Car l’absence est inéluctable
C’est l’envers d’un sentiment qui nous élève
Pour mieux nous montrer notre petitesse

L’amour est impossible
A quiconque se croit grand
Indispensable
L’amour est improbable
Pour qui se sent coupable
D’être aimé sans mérite
 
Et pourtant il abonde
Comme le vent dans les steppes
Comme la lumière sur le visage d’un nouveau-né
Pourtant il sera donné à tous même
Aux mains fermées
L’amour caressera les ongles
Jusqu’à faire mal
Pour entrer
Pourtant il sera toute ivresse
De joie pour le nouveau soleil
D’espoir pour une nouvelle  terre
Humanité
 
L’amour devient possible
Comme le temps qui s’exauce
Devant des foules entières
Emportées
L’amour devient colère
Il devient lutte, et guerre
Sous nos contrées
 
En même temps
Quelque part
Un enfant
Apprend à chanter

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Dealer

Mon cerveau garde encore les traces
Du shoot de poésie que tu m’as donné
Dealer d’émois
Sache que tes mots quand ils s’effacent
Laissent un sillon où je place le diamant qui fait chanter mon âme

Dealer de rimes
Sache qu’un crime est commis
Chaque fois que tu illumines notre mélancolie
Ton verbe affûté assassine toute une partie de moi à qui suffit
L’ordinaire de la vie

Voleur de paix
Lorsque la puissance de tes paroles se déploie dans tes veines
Je n’ai que faire de la paix
Je voudrais fendre mon cœur en deux
Pour y trouver encore un peu de cette sublime douleur
Qui me fait quitter la Terre
Et par laquelle je redeviens poussière
Poussière d’étoiles

étoiles

Voilà

Voilà
Voilà tout ce qui me reste de mes pulsions
Voilà le reliquat de mes scansions
Des rythmes brisés
Désaccordés
Poèmes morts-nés
Voilà ce qui me reste de mes heures passées
Des souvenirs bridés
Maux censurés
Dans un présent désincarné

Et pourtant je m’acharne
Comme une rêveuse s’accroche à son nuage
Et pourtant je m’attache
A mon carnet
A tes caresses
A ce qu’il me reste de courage

Voilà
Je n’ai plus que des mots vides de sens
Et même pas l’illusion d’une prescience
Juste un calme flou dans ma conscience
Zen
Une pseudo-paix que je suspecte
Car tout artiste qui se respecte
Nourrit sa muse de ses tourments
La mienne m’a lâchée au tournant

Voilà
Que je puise des excuses dans tous ces lieux communs
Je suis tombée bien bas
J’ai perdu le chemin
C’est louche
De revenir de si loin
Avec juste
Une cicatrice imaginaire
A l’endroit où l’on arracha mon cœur
Voilà ce qu’il reste de mes errances
Des tracés dansants sur un parchemin vierge
Et aujourd’hui
Un parcours pathétique
Sur une page humiliée
Par un ennui grandiose…

J’ose 

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Rouge

Rouge de honte
Me suis levée
Foule discordes
Avortées
Plus vive que morte
J’ai balancé
Toute mon escorte
De gardes ailés
L’amour suprême
A mes côtés
Me guidait même
Révoltée
Pour des ratures
Sur le papier
Rien n’est plus sûr
Désormais
Trouer ma peau
A trop frotter
Chercher l’apôtre
Pour le sauver
Nombre d’indices
Sont ignorés
Diable, malices
De mijaurée
Je n’ai plus la force
De me terminer
Rien qu’une écorce
A décoller
A même la chair
J’ai embrassé
Toutes tes douleurs
Humanité
Comme un trésor
Trop bien caché
Le cœur déborde
Même attaché
Noire d’espérance
Me suis couchée
Trouble d’absences
Sans respirer

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Ma couleur préférée

Ma couleur préférée
C’est la couleur de la colère lorsqu’elle se couche
C’est une nuance un peu louche
Un peu chienne un peu louve
Ma couleur préférée
C’est la couleur des baisers de mon cher et tendre
Celle du ciel quand il gèle à pierre fendre
Celle des esprits que la nuit engendre
Ma couleur préférée
C’est la couleur du temps d’avant
Une couleur portée par le vent
Qui est mate dehors mais brillante dedans
Ma couleur préférée
C’est celle qui tombe des nuages
Lorsque l’atmosphère sent l’orage
C’est la couleur de la robe des anges
Ma couleur préférée
C’est la couleur de ton aura quand tu aimes
La teinte du sable en éden
Éclat brûlant mais frais quand même
C’est la couleur du sang d’un dragon
C’est celle qui baigne la cinquième saison
Celle qui délimite la folie de la raison
Ma couleur préférée
C’est celle dans laquelle j’ai trempé mon pinceau
Pour colorier nos sentiments nouveaux

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Mauvais genre

Plus le temps passe
Plus je me lasse
Des jeux malsains de l’ego
Mon passé s’efface
Ne laissant que la trace de l’expérience
Aux dépens de cette histoire dont je suis le héros
Je parle de moi au masculin
Car c’est le genre de l’être humain
Et le mâle s’approprie encore la liberté que je revendique
Pour libérer mon âme du conditionnement historique

Au masculin je peux tout faire
Prendre des risques pour éprouver ma force
Braver des interdits
Au féminin j’ai trop souffert
Trop de limites s’opposent à mes ambitions
J’ai dû détruire ma réputation pour prendre mes aises
Quitte à susciter le malaise
J’ai dû traverser le mépris comme un fleuve qui vous laisse à jamais souillée

Au masculin que de plaisirs
Le monde est mon royaume et dans un esprit de conquête
Je l’explore en ignorant mes peurs
Au féminin j’ai dû subir
Être réduite à un objet de désir
Et le délit d’inconscience me menace
Chaque fois que me prend l’envie de sortir de ma place

Au masculin je suis rebelle, libre-penseur
Au féminin on me prête un tempérament rêveur

Dès la naissance se dessine l’étendue des possibles
Sans aucune décence je fuis les catégories impossibles
Plus le temps passe moins je trouve drôle ce script limité
Alors je l’écorche un peu
Chacune, chacun joue son rôle et moi je voudrais juste
Sortir du jeu

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Patience

Pour que la patience du miracle vienne effleurer nos vies
Il faut avoir le courage de ses rêves
Pas de ces désirs éphémères et futiles et qui s’envolent à la première bouffée de vent pour laisser place à d’autres
Ni cette soif de possession que l’on appelle à tort amour
Il faut apprendre à tailler comme le fait l’orfèvre dans un diamant obscur
Et d’une gemme vulgaire exalter le précieux pour éviter la ruine de l’être
 
Je veille sur un joyau enfoui dans mes entrailles
Son éclat me parvient d’entre les failles sismiques alors je me rappelle pourquoi j’endure
Pourquoi même sous les claques du destin mon sourire perdure
Lui qui croyait avoir le privilège de l’ironie
Ma vie est mon message mais comme il est plus sage de savoir se taire
Nul ne saura de quels enfers je revins et reviendrai peut-être encore si je ne m’y perds
Peut-être auriez-vous peur de mon calme inexplicable
 
Étrange j’oscille entre la paix et l’attente perpétuelle du choc en retour
Voilà ce qui brise mes ailes
 
D’après leurs fables nous sommes tous coupables et condamnés à payer pour être nés
C’est tout juste si l’oxygène n’est pas taxé cela viendra respirer est déjà un privilège de riches
On se démène pour perpétuer un présent toxique c’est vrai que l’on consent activement à perpétrer notre statut de victimes
La complaisance est un fléau
On regarde nos défauts avec une feinte affliction
Mais combien songent à faire attention aux graines qu’ils sèment
Notre espérance de vie se gangrène pour quelques gestes pour un regard
Et c’est la haine qui crie victoire
J’ai si peur pour demain et le présent me rend si lasse
Le pire
C’est que je vois ce sentiment dans le miroir de vos regards
Nos chaînes nous harassent
Nous avons faim d’amour nous avons faim d’espoir
Et la soif de reconnaissance
Nous conduit à des actes que réprouve la conscience
Et lorsque tout le monde joue le jeu pourquoi chercher des preuves
Juste suivre le mouvement avec un acharnement qui nous crève
 
Pour que la patience du miracle vienne effleurer nos vies
Il faut avoir le courage de ses rêves
Creuser la roche des idées brutes et s’élancer de la falaise
D’où nos lendemains tombent ou s’élèvent

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Reviens sur tes pas

Reviens sur tes pas
Et quand tu entendras chanter la forêt
Tu sauras
Que tu as retrouvé le début du chemin
L’embranchement choisi du destin
 
Quelque chose de stupide
Comme un poème raté
Comme une étreinte trop serrée
Comme une lumière éteinte trop tôt alors qu’on n’est pas encore fatigué
Comme le refus du sommeil
A cause d’un moustique qui s’agite
Comme rechercher sa verve alors que la fatigue nous frappe
Et tous les a-quoi-bon
Nous assaillent d’un coup comme assomme l’évidence
 
Reviens sur tes pas

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Les saisons

Aux saisons d’ambitions succèdent les amertumes
Les honneurs balayés par le souffle du temps
Sur le grand échiquier
Les vaincus succèdent aux vainqueurs
Toujours plus avides de pouvoir les concurrents s’élèvent
Pour tomber de plus haut
Dans cette idée de la réussite
Il n’y a pas de place pour son prochain
On est si seul au sommet
C’est le prix à payer
On a peur de tout perdre

Au point du firmament où se croisent mes rêves
Une étoile sourit dans la nuit la plus pure
Inaltérable

Le ciel est remplacé par un écran géant
Où les êtres humains projettent leurs illusions
Les yeux braquées sur ces chimères
Ils se heurtent et se blessent par inattention
Chacun semble attendre en secret sa revanche
Alors que les menus succès épanchent à peine les frustrations

Mais qui prétend se mettre à l’abri du désir ?
Quelle folie douce a saisi les ascètes 
Sont-ils encore des nôtres ?
La sagesse des ancêtres où se cache-t-elle au juste

Dans les dédales de la pensée des hommes de puissance
Règne comme une ambiance carcérale
Sur beaucoup de richesses plane un parfum de mort
Ce sont les cœurs sacrifiés
L’amour que l’on aura brisé par inadvertance

Sur le grand échiquier où je n’ai pas de couleur
Le dépit des vaincus
L’ivresse des vainqueurs
Perpétuent la tradition des clans
Et placent des enclos
A l’intérieur desquels chacun veut s’élever plus haut
C’est la spirale

Mais qui ne souhaite pas pouvoir voler ?

A la croisée des chemins où tous mes pas me mènent
Il est toujours minuit
Et le vent murmure à qui veut bien l’entendre
Les gloires et les échecs qu’il balaya d’un simple souffle

spirale

Oubli

A vivre dans un espace creux
On en oublie le temps
Le début et la faim
De toutes retrouvailles
A se nourrir de mots
On en oublie le sens
Le partage de la vie
Autour d’une table vide
Se serrer sur un banc
Tendre une main obstinée
Avoir le rythme en tête
Et puis oublier
Pour une chaleur d’école
Le goût du brasier

oubli