IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Dans ma mémoire

Dans ma mémoire
L’amour est ce liquide brûlant
Cette lave incandescente
Qui t’arrache à tes certitudes
Rend le confort méprisable
Et le luxe désuet

Dans ma mémoire
Il s’agit d’un trouble enviable
Comme un virus souverain
Qui te fait trembler comme un arbre sans racines
Et pourtant ancré au plus profond
Là où le désir pousse et se renouvelle

Il n’y a rien de plus terrifiant et de plus sacré
Que cet élan vers le corps de l’autre
Qui rend toute révolution possible
Et la tiédeur infecte

J’aimerais perdre la mémoire
Pour me donner une chance
D’imprimer à mon cœur un rythme tranquille
D’abreuver mon âme avec le nectar des dieux
Un sentiment nouveau et pourtant ancestral

Ah si l’amour était un oiseau
J’en détruirais des cages…

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Dans l’autre monde

Dans l’autre monde
La couleur passée des sentiments résignés dès leur naissance
Ces amours qui vivent le temps d’un vent fou
Puis passent leur existence en convalescence
A ne plus trembler sur un sourire
Ni vibrer sur une parole

Le bleu uniforme des carcans horaires
Donne à notre enfer la régularité d’un train vers l’éternel quotidien

Ils disent
Qu’après le premier regard qui embrase
Les émotions qui fusent dans un ciel étoilé
Le cœur qui implose
Et nos rêves mis en orbite comme par une fusée

Ils disent
Qu’une fois passée leur délivrance
L’habitude érode les sens
Que la magie trépasse que c’est une évidence

Ils disent que ça se remplace
Par une sorte de tendresse
Qui console notre chair de sa déchéance au rang de corps habituel
Que les plus coquines de nos hormones libertines
Finissent par tempérer leur incandescence
Que ce serait sagesse de l’accepter

Moi qui croyait qu’un cÅ“ur épris méprisait le bon sens

A ce qu’ils disent les premiers matins ne durent qu’un temps

coeur

Un chant

Cette fois me voilà seule
Je contemple égarée les morceaux de ma vie en pièces
Je n’ai plus d’autre choix que de donner vie à ma poésie

Je suis passée de l’autre côté du mur des interdits
Par soif de connaissance je viens de sacrifier
Les plus beaux rêves que j’aie jamais construit
J’ai pourtant le sentiment que je n’avais pas d’autre choix
J’ai encore dans les larmes comme des éclats de foi
Pour une mystique sans Dieu

Parce que ma vie est peu de choses
Je n’aurai pas tout perdu si l’expérience échoue
Car même dans un palais doré couchée sur un lit de roses
J’aurais rêvé d’ailleurs
J’aurais poussé la logique à bout pour démasquer les tabous

S’élancer du sommet de la falaise avec pour seule protection la conviction que des ailes me pousseront
Aujourd’hui mon cÅ“ur est de pierre tendre
Je caresse les contours de la solitude
Pour tenter d’en saisir l’amplitude
Évaluer le prix à payer pour prendre de l’altitude

Voilà. Je viens de tout donner
A une amante dont le visage reste à jamais caché
Et que l’on appelle parfois liberté
Son chant transperce toutes les âmes sans frontières

Parfois en l’un de nous elle se plaît, se plante et nous possède

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Tiède

Toi dis-moi quelle angoisse il me reste
Après avoir vaincu la peste
De quelle boue vais-je tirer la fleur de lotus
Quelle magie laissera sa trace
Il n’y a plus d’espoir
Les plaines arides ont laissé place
A un océan sans rêves

Dis-moi que faire d’un volcan tiède
Là où le diable de son haleine fétide
Fertilisait mes prières
Pour en faire des poèmes brûlants
Du bleu de l’amour
Et le Phoenix y a laissé ses plumes
Il ne vole plus au firmament
Avec son squelette j’écris
Tranquillement ce que sera demain

Dis-moi quelles larmes, quels gestes
Arracheront le ciel alors que la faim n’est plus
Les cafards rampent indifférents aux radiations nucléaires
Et je n’ai que de l’eau claire
Pour abreuver les muses qui ont soif d’ambroisie
Faudra-t-il un nouveau séisme
Pour que le cœur reprenne sa danse
Et le corps sa transe nubile
Dis-moi

Mais il est vrai que je me consume encore
Dans les couloirs de l’illicite
Et que je m’en félicite
Ai-je tort
Des sens la paralysie
D’essence le parallèle
L’explosion se fait attendre
Sans malice

J’étais un mythe, un prophète mort-né
Et je suis
A peine une poétesse sans ivresse
Revenue d’un nuage de promesses
Atterrissage sans parachute
Original

Tais-toi
Ne me dis pas par quelle fêlure
S’écoulera l’encre noire
Mon monde s’écroule encore
Sans bruit
Dans la fumée de nos esprits
Je fuis

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Quand j’avais pour amies des larmes

Quand j’avais pour amies des larmes
Je partais souvent sur leur vaisseau
Visiter des contrées d’étoiles
Où la douleur est une rose sang

Quand j’avais pour amies des larmes
Je pouvais entendre le chant des nuages
Danser sur des flots de misères
Flirter avec l’inconscience et la mort

Et puis elle est entrée dans ma vie
Cette petite pilule magique
Par la porte de la folie
Pour m’arracher au pays du chagrin

Quand j’avais pour amies des larmes
Je vibrais avec la chair des poètes
Mais à présent pour mon plus grand malheur
Je ne pleure plus

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A tout petits pas

Un premier
Tout petit pas
A côté de la ligne
Hors du chemin
Vers l’insomnie

Des souvenirs
Frappent à la porte
Un coup de sang
Cogne mes tempes
Quelques images
Qui n’en sortiront pas

Même le silence
Est compromis
De frustration
De grise mine

Encore des larmes
Pour ne rien dire
Ne rien lâcher
Boire les épines
De ces poèmes
Handicapés
Se pardonner
D’avoir trahi

Et mon reflet
Qui se révolte
Et mon futur
Derrière la porte
Qui reste fermée

Et mes poings saignent
C’est comme vomir
Quelques étoiles
C’est comme renier
Sa solitude
Pour un instant
De gêne palpable

C’est le sourire
D’un monde obscur
Qui te répond
Qui te rassure

Tu n’es pas seule
Ils te tiennent chaud
Tous ces parias
Ces éclopés
Qui se rencontrent
Dans l’univers
Immatériel

Un jour peut-être
Tu t’en iras
A leur rencontre
En attendant
Tu te racontes

C’est un premier
Tout petit pas
Pour la franchir
L’ultime frontière
Qui te sépare
De tous tes rêves

nuit oiseau lune

Froideur

Il faisait froid
Il faisait seul
J’ai voulu entrer dans ton cÅ“ur
La porte était fermée
Tu avais jeté la clé
Alors j’ai embrassé la porte
Et puis je suis tombée
Épuisée
Il faisait froid
Il faisait seul
J’ai voulu entrer dans ton cÅ“ur
La porte était fermée
A jamais

porte

Prose du temps

C’était hier… Mon verbe était une flamme frénétique, ma voix une larme féerique. J’étais un elfe virevoltant dans un monde de couleurs. La musique transpirait par tous les pores, par tous les murs; c’étaient les fards d’une ville terne et grise, par la magie des mots même le béton chantait. Et la vie m’enchantait. J’étais un ange avec mille poignards dans le cÅ“ur, dansant. Et dans les gouttes rouges que je semais sur les scènes et dans les rues des fleurs poussaient, tranquillement…

C’est aujourd’hui… Le jour succède à la nuit parce que c’est normal. Je suis une lourde statue avec un unique papillon dans l’âme. Parfois un arc illumine le ciel. La tendresse me visite mais plus jamais ne me submerge. Mon monde est à la la marge, mon monde est d’un ennui… Comme un gnome dans sa grotte, je vis. Détenteur d’une sagesse cachée, résidu d’une subtile folie.

Ce sera demain… Un miracle, sinon rien.

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Je de construction

Avec un Je de construction
L’ombre derrière moi
Je flâne sur des passerelles
Entre des îles de gloire
 
Épurée
La silhouette de l’ego se dessine
Retrouver sa propre conscience
Pour la perdre à nouveau
 
Se connaître
Jusqu’à la limite de son imaginaire
Cerné par des murailles d’antipsychotiques
Entre lesquelles ma folie s’ébroue tant bien que mal
 
Genèse inachevée
Émancipée du nombre
Le définir s’étale d’un univers à l’autre
En vertiges hallucinés de solitude

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Sourire

Quand le silence rayonne pour une raison obscure
Ôter ce qui reste de nos masques
Mettre son cœur à vif
Faire don de soi sans s’en apercevoir

Sourire 

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