IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

French Cancan

Quand ta moue contrariée se confond avec ton regard souriant
Quand ton absence se confond avec ta présence
Quand ton aura se rapproche avec la distance
Et que la glace durcit sous la chaleur

Quand cette peau qui fut mienne se défile sous mes doigts
Que la foudre indisciplinée traverse l’atmosphère
Quand ta voix recouvre la voix de toutes les voix du monde
Et qu’à force de te voir partout je t’ai fait disparaître

Quand le silence recouvre nos histoires nos blessures
Jusqu’à nous donner l’écho d’un univers vierge
Quand, prophéties mises à l’épreuve d’un temps imaginaire
On se met à douter des messages de la Terre

Quand une rencontre met le feu au chaos de nos espoirs
Et qu’on ne frappe plus qu’à une seule et unique porte
Dont la beauté nous assassine et nous console à la fois

Quand on se rend compte que ce n’est qu’un miroir
Quand on se résigne qu’on est prêt à partir
Alors surgit une sensation, un souvenir, une étincelle de la mémoire
C’est le moment
De dire au revoir pour la dernière fois.

Heureuse qui comme Ulysse

Les falaises vertigineuses au dessus du chaos
Cela fait partie du voyage
Les labyrinthes dont toutes les issues donnent sur le néant
Cela fait partie du voyage

Les précipices pointus d’où tomber chaque jour
Les relations longue durée qu’écourte le moindre vent
La solitude assassine dans une foule millénaire
Cela fait partie du voyage

Les murs qui promettent puis refusent de se fendre
Cela fait partie du voyage
Les miroirs déformants qui t’infligent leur désespoir
Cela fait partie du voyage

Cela fait partie du quotidien du chercheur de lumière
Assailli par sa peur du noir.

Les sommets éternels tout habillés de blanc
Cela fait partie du paysage
L’obscurité mystérieuse des forces célestes
Le doux coton des nuages
La fournaise d’un coeur ardent comme un piment incendiaire
Le flot apaisé du majestueux océan
Après qu’il ait avalé toute trace
De nos guerres

Et ton âme qui nage entre deux courants d’air
Ce sentiment précieux d’être uni-e à l’Univers
C’est ta nouvelle atmosphère

Tôt ou tard

Iels m’ont dit tous les totems sont morts
Et je ne les ai pas crus

Le mien
Un assemblage de plumes et de petits cailloux
Qui tient debout par miracle
Encadré par une cascade de papillons

Quand son oeil pleure
De l’eau, du sang
C’est que mon totem agit
Par millions

Quelle que soit la couleur superficielle de sa magie

Bouh

Au coeur du lotus
Siège
Le commandement éclairé de la guerre ultime
Celle qui ne se nourrit pas de colère
Et que l’on ne peut pas mener par vengeance non plus

Cette guerre
Sera perdue d’avance si l’on croit que l’ennemi
Existe
Et à chaque coup que l’on donne on garde présent à l’esprit
Que c’est un coup porté à soi-même.

Au coeur de ce lotus il est un char d’assaut
Qui ne bougera pas d’un iota avant la fin du monde
De temps à autre tourne sur lui-même
Crachant fleurs ou fumée
Mais rien ne peut altérer la pureté des mille et un pétales
Qui se déploie sur le front de l’amant·e éclairé·e

Stable comme un fétu dans la tempête
J’attendais
Dégustant comme friandises tous ces instants magiques
Remontant passionnément ce jeu de piste
Pour arriver à toi

Alors que je me fonds dans la paix et le brouillard
Je réalise
Et si tous ces signes et ces rencontres
Etaient Toi ?

E.T téléphone

Après avoir ancré mon cœur sur ta planète
Il m’a suffi de suivre le sillon
Dans lequel se mêlent
La sueur le sang les larmes
Jusqu’à nous jeter dans l’océan primordial

2017
Traversée du miroir

Pour exhumer les figures du livre de Thot

J’ai chassé le doute de ma marche cadencée
Mon existence ne fait plus question
Aux pieds du tigre blanc qui chevauche les ondes
Ton regard sourire incrusté dans ton masque
Reflet de la rencontre de nos illusions

Continuons
A les lancer les unes contre les autres
Et dansons sur les débris

J’ai vu Ta lumière à travers les voiles
Visions d’un paradis qui me travaille encore
Graines d’étoiles que je porte dans mon corps
Pour accoucher d’une lettre d’or.

Si tu me reçois

En attendant de savoir que faire de ma plume
Puisque tout est question d’éclairage
Je m’applique à discerner la voix des anges
A travers la surface de l’eau bleue

démo

Des mots pour vaincre l’ennemi

Le silence
 
Où les voix se multiplient comme des fragments de mémoire
Agitées comme peut l’être ma conscience
 
La route est longue
Dieu fasse que nous puissions trouver le sommeil
Malgré nos défaites et nos forfaitures
 
Derrière chaque insolence et erreur de parcours
En moi gisait l’espoir fou
De te pénétrer de mon nom

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À l’heure où la cascade devient colonne de feu

La poésie n’a pas d’histoire
Lorsque notre univers s’est écartelé pour accoucher de lui-même
C’est la poésie qui décida d’attendre
Avant de créer le temps

La poésie n’a pas d’histoire
Elle se révolutionne en continu
S’efface pour faire place à sa lumière
S’expose pour faire face
S’explose pour faire trace
Et recommence

Elle ne demande pas de salaire
La poésie est vitale comme l’air que l’on inspire
Et ne se nourrit que d’elle-même
Comment payer l’arbre qui te donne le fruit ?
La poésie est pure, accessible à qui veut la voir
D’autres la confondent avec une sorte de discipline
Où l’on marque des points à l’usage de formules
Le visage du style, l’adresse de la rime
Font l’esthète grandiose, plus rarement l’artiste

Iels ont recours à son nom pour ennoblir ce qu’iels aiment
Mais iels ne la comprennent pas
La poésie n’a soif de rien certainement pas d’argent
C’est un geste sublime qui donne la vie et la mort en même temps
C’est une idée plus qu’une image
C’est un principe plus qu’une idée
C’est la cause et conséquence de toute forme de beauté

Comme une spirale mathématique
Ou la couleur d’un soleil qui s’étale et s’éteint
Sur l’horizon languide
Reflétant nos valeurs et nos espoirs permis

La poésie te demande un effort
Car elle s’adresse à ton meilleur
A ta soif nécessaire
Une fois posée sur ta langue elle sublimera même tes douleurs
On ne l’apprend pas on naît
Avec la poésie dans le coeur
Peu importe à quel âge

Elle seule te consolera sur ta dernière couche
L’amour est son enfant
Et Dieu sa conséquence

Elle dessine ton sourire quand le néant te touche
Préserve ton désir de beauté
Quand on veut te faire croire qu’il y a plus important

C’est une peau autour d’un sens
Pour le profane aléatoire
Si elle t’a fait l’honneur de te prêter la vie
Tu ne cesses de rendre grâce
Au point que tourmenté-e par des forces adverses
Tu renonces d’un souffle à tout ce que tu es
Pour lui faire plus de place en ton âme

Tendresse brûlante et d’une banalité poétique.

ÎstÎna 𓆃

Illustration IA

Un temps soit peu

Le temps de réaliser que tout ceci est réel
Que nos étreintes sont vraies, nos jouissances sincères
Et ton cœur authentique, et ta soif de paix
Semblent venir à bout de mes penchants rebelles

Apprendre à saisir crûment ta parole
À contempler tes gestes dans toute leur nudité
Lorsque mes joues rosissent sous ton regard cinglant
Que nos langues s’insurgent en embrassant leur rôle

L’espace à cultiver entre les âmes battues
Peines enlacées en une inextricable osmose
Pour faire pousser ces feuilles où je dompte ma flamme
Il suffit de l’espace d’un cheveu

Pratiquer les silences échangés sans lourdeur
Effacer lentement l’hypothèse de l’absence
S’oublier chaque jour, chaque nuit, pas assez
Contempler l’océan qui nous a invités
Et s’enfoncer tendrement dans ses profondeurs

 

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Place

Place un mot pacificateur
sur cette enveloppe contradictoire
assume ton essence trouble et
assassine ton double aux prétentions dérisoires
prétendu besoin d’assurance de normalité qui s’immisce dans des instants vécus sous la forme d’un enjeu qui nous échappe de peu

à peine une impression de progression particulière
vers un horizon fuyant où le bonheur serait tapi

Le néant t’apprivoise à mesure qu’il absorbe les quelques repères branlants qui limitent ton esprit
les désirs de rancune, de lutte, de succès
et jusqu’à ta volonté

La caresse du vide a fait frémir mon âme
le vent de la solitude a balayé ma chair
y créant un espace pour loger ton sourire ton regard insondable et puis tes doigts rieurs

Place un mot de douceur pour contrer le tourment
qui résiste à mourir dans nos imaginaires
l’impossible langage en guise de courant d’air
enfin ramène nos cœurs au présent

 

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