IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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Programmé-e-s

Incontrôlable
Et amer
Le destin est bafoué par des certitudes comptables
Programmées

L’inné
Est dépendant de contingences extérieures
Tout embryon d’espoir
Est vite délimité

Pourtant entre ces murs
Parfois
On se prend à voler
On se prend à rêver qu’on vole
On se prend à y croire

Cela s’explique de bout en bout
Avec des mots très compliqués
Mais cela ne change pas le fait
La sensation inexprimée
D’être dans les airs
Malgré notre réalité plombée

embryon

Sans voler

Tes caresses se brisent
Sur la falaise de mes souvenirs
Une ombre effacée
Par la lune du silence

Mon cœur est un violon
Sans archet
Mes mots autant de flèches
Sans archer
Violente architecture
D’une voix sans tessiture

Les tessons de mon âme
Blessent ce poème de chair
Le voile est déchiré
Il n’y a rien derrière

Lumière de mes nuits
Pour une plume invalide
Un océan avide
Un soleil avide

Une pulsion me guide
Comme une émulsion d’êtres
Une soif de devenir
Indifférente au paraître
Parée de mes joyaux
Courage et innocence
J’ai fait couler mon sang
Pour noyer ma raison

C’est la cinquième saison
Une pluie sans répertoire
Pour printemps déclassé

Cigarette glacée
La première des dernières
En espérant hier

Le grand retour des larmes
L’incendie sans les flammes
L’habitude du foyer
Latitude sans loyer

Prendre racine
Et s’envoler

Vengeance

Forgée dans la souffrance
Mon écriture
Se nourrit pourtant de censure
Vous ne saurez jamais ce qui motive ma colère
Tout comme ces hommes mal éduqués
Ne sauront pas ce que cache mon sourire

A force de prendre pour acquise
La jouissance promise par mes formes voluptueuses
Ils n’ont pas compris
Qu’il n’y a pas de différence entre la femme vertueuse
Et la catin de l’oubli

Et si le don de soi était une hérésie
Tout donner de ses richesses aux plus démunis
En sortir grandi
Tout donner de son amour
Pour finir
A un cheveu de la souillure

J’en ai marre
De rassurer des hommes qui se croient tout permis
De leur ouvrir ma forteresse
Pour éviter le conflit
Et de les voir se comporter en territoire conquis

Ils n’ont rien compris mais je n’ai rien perdu
Je suis un terrain vierge
Un peuple exterminé
Qui brûle de délivrer les secrets de ses apocalypses
Mais ils
Elles
Ne veulent pas apprendre mon langage
De peur de découvrir au passage
Qu’ils ne sont innocents de rien
Je ne fais que passer par là merci
A mes ennemis intimes
Votre ignorance
Est le terreau de mon absence
J’habite un corps saturé de vengeance
En forme de tendresse inexplicable

forteresse

A la fin du chemin

Je trouverai mon but à la fin du chemin
Je connaîtrai mon trésor quand je n’aurai plus rien
Mes mains crispées sur le sable de mes ambitions
Je saurai pourquoi je me suis battue
Quand j’aurai tout perdu

Ce qui me manquera, ce sera l’essentiel
Une maison, une famille ?
Ou une forêt de souvenirs
Mais ce sera trop tard
Trop tard

Je connaîtrai mon but à la fin du chemin
Je saurai alors me définir par l’ampleur de mes lâchetés
Des occasions ratées
Je prendrai alors avec gratitude l’ultime cadeau de la vie 
Mon portrait craché

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Mon nom

Je ne porte plus mon nom
Je porte une ivresse blanche sous une lune saoule
Je porte les fantômes de mes rêves avec légèreté
Et avec mon double, la louve solitaire
Je porte des cadavres de notes
En traversant le pont des soupirs

Je porte un silence obséquieux
Aux oreilles de celui qui n’entend pas
Mais je ne porte plus mon nom

Je porte une interrogation écrite
Je porte une ligne de fuite
Je porte un vêtement qui me déshabille
Je porte une force incomprise
Et une détresse sans motif

Mais je ne porte plus mon nom

Je porte une volonté crasse
D’écrire sans me faire une place
Je porte une flamme détrempée
Avec l’éphémère en bandoulière
Et les cendres de ma colère
Mais je ne porte plus mon nom

J’avance sans but ni recherche
Je suis un reflet sans miroir
Le détachement comme banderole
Je ne porte plus mon nom

C’est mon nom qui me porte

porter

Voyage

J’aurais tout donné pour vivre la bohème
Partir sur les routes et dans l’air du temps
Faire des rencontres fortuites

Mais je voyage immobile au gré de ma plume

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Utopie

Lâcher la crise
L’état de stress
Dont certains se nourrissent
Dont j’ai fait mon ivresse

Avancer vers la paix
N’intéresser personne
Perdus en cours de route
Les vampires

Mon sang n’était pas pur

Mon sang…
Étalé sur les murs
De notre nid d’amour
Je m’en souviendrai toujours

Ceci n’est pas une fin
Écrivit-elle en vain
Ceci marque le début
Du 23ème décan
Horoscope décati
Prévisions assombries
Horizon sale

Pourquoi…

J’attendrai tes excuses
Dans le paradis blanc
Je présenterai les miennes
Par pure convenance
Ou bien
Je tiendrai ma revanche
Dans l’illusoire oubli

Existe-t-il un équilibre ?

Écrire est une utopie

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Mon arbre

Tu ne devais pas savoir en me donnant ce thème que j’ai un arbre, un arbre que j’ai élu, au bord de la Loire il y a quelques années. Je ne sais pas ce que c’est comme arbre, il a un tronc et des feuilles et des racines au sein desquelles je pouvais me loger. Je crois, j’ai l’impression d’y avoir grimpé mais… C’est flou, comme tous les souvenirs de cette époque. Il me semble bien pourtant avoir contemplé depuis une certaine hauteur le scintillement des pierres semi-précieuses que j’avais jetées dans le fleuve. Oui mon arbre fut le témoin de bien des égarements…
J’ai rencontré mon arbre lors d’une promenade solitaire. Je ne supportais guère que la nature et ses émissaires. Je trouvais refuge à son pied, tout au bord de l’eau… Et j’observais les oiseaux, les insectes vivre si libres que je les enviais. Ils n’avaient pas besoin d’amour eux. Ils n’avaient pas besoin de l’amour qui me détruisait.
Mon arbre est majestueux, il me prêtait sa force lorsque je m’appuyait contre son tronc. Mon arbre me manque parfois. Ou bien est-ce le souvenir des sentiments violents qui m’agitaient, et qui se reposaient seulement quand je rejoignaient mon arbre? Vivre en bord de Loire était un privilège. C’était trop bien pour moi, à croire que je m’étais trompée de vie. Cela ne pouvait pas durer. Mais mon arbre, lui, je l’ai mérité. Je l’ai caressé, écouté, je lui ai parlé… Peut-être m’a t-il sauvée. Car je retrouvais un semblant de raison lorsque je m’abritais sous son feuillage. Un zeste d’harmonie. Une accalmie dans la tempête de mes pensées. C’est cela la folie ? Je veux dire, c’est la tempête? Ou bien d’avoir un arbre, ou de se croire aimé?

cc by-nc-nd Bruno Monginoux www.photo-paysage.com & www.landscape-photo.net

Trop bête

Des années de chaos
En une seconde évanouies
Juste en fermant les yeux
Sur la soif du volcan

Une larme de sang
Un rire de crocodile
Une odeur de cristal
Le sommeil du fauve

Dire adieu
Fermer la parenthèse
Du vice épanoui

Le souvenir d’une flamme
Tient-il chaud ?

Le jour qui se répète
Nargue l’oubli
Efface les promesses
D’une mémoire étrangère

Un souvenir suspect
De complicité
Avec la folie tendre
Adulée

Des claps d’applaudissements
La fin d’une rengaine
Une rancune sourde
Acculée

Le silence se révolte
La vérité effraye
Accuse

Avoir tourné la page
Se repaître d’un mirage
Désaltéré

Le bleu sur mon visage
Leurs mains qui se détournent
Lâcheté

Le pardon sous la rage
Des mots exagérés
Des plaies sous-évaluées
Un procès

Détournement de sens
Un attentat lyrique
Crypté
Par une plume aérienne
Délicat anathème

Le bien que l’on redoute
Le diable que l’on regrette
Trop bête

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Toute

Toute la lumière du monde
Gâchée par un silence
Toutes les détresses du monde
Sauvées par une larme
J’espère que je lui manque
Celui que j’aimerai
Autant que je l’attends
Enténébrée de joie

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