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Si j’avais une autre vie

Si j’avais une autre vie, je commencerais par apprendre le NON salvateur pour que mon OUI ait la valeur de l’acceptation plénière et de la jouissance du recevoir

Si j’avais une autre vie, j’enverrais promener tous les penseurs pour sentir dans ma chair les aspérités de la sagesse éphémère et concrète

Si j’avais une autre vie, je ne serais soumise qu’à mes désirs au mépris des règles arbitrairement posées par les élites dominantes

Si j’avais une autre vie, je ferais en sorte que ce soit la dernière

Si j’avais une autre vie, je la passerais à écrire mes doutes et mes fureurs jusqu’à ce que la vérité explose au visage des aveugles volontaires et que le monde en soit tourneboulé

Si j’avais une autre vie

Mais je n’ai qu’une vie et elle est déjà bien abîmée. Il me reste peut-être une heure peut-être un jour ou bien cent ans

Mais je n’ai plus le temps

Je n’ai plus le temps de récupérer ma dignité noyées dans les égouts des préjugés et concepts liberticides
Mon esprit enferré par une éducation orientée vers la soumission à l’ordre patriarcal
Ma honte qui se cache à elle-même
Je n’ai plus le temps que d’enterrer les sédiments de ma colère
Pour qu’un chercheur acharné puisse en extraire le sens obscur
Et peut-être en saisir une étincelle pour allumer à son insu
Une autre vie

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Profite

Profite de l’ivresse pour glisser quelques mots
Quelques lignes de fuite qui n’auront pas de suite
Quelle que soit la portée de cet hymne nostalgique
De cet aveu transi à force de musique
Profite de l’instant où nous sommes égarés
Pour planter une étoile dans mon panier percé
En brûlant les icônes d’un futur dépassé
Par une jeunesse furieuse de son destin tracé
Pas de sens, pas de but, pas d’espoir effaré
Pas même une douleur à faire réparer
Pas l’ombre d’une artiste pour les récupérer
Juste une âme de poète à la plume cassée

Profite de ta fortune quelle que soit sa couleur
et si vient la sécheresse, creuse dans ton cœur
Quand couleront le sang les larmes et la sueur
Vois-les comme des preuves de ta divine ardeur
Et puisque Dieu est mort, abandonne la peur
L’enfer n’a pas de portes autres qu’imaginaires
Profite de ta faiblesse pour te laisser défaire
Tes craintes et tes angoisses d’être à la hauteur

Puisque plus rien ne reste, puisqu’on fait tous semblant
Profite de tous ces masques pour te faire un visage
Avec de la sagesse dehors, de la rage dedans
Et un soupçon de foi qui dessine une image
Profite de l’inconnu pour être vrai-e enfin
Profite du quotidien pour manier la surprise
Profite du fait que tu n’as pas d’emprise
Pour lâcher tous tes doutes au long de ce chemin
Profite de la misère pour créer ton trésor
Dans un outrage au temps inventer tes valeurs
Profite de l’éternel pour renaître à chaque heure
Et dans un sursaut profite de la mort

Je suis juste assez saoule, assez grise, assez lâche
Pour m’échapper un peu de ce qui nous attache
Pour profiter de la nuit à ma manière étrange
Je suis juste assez noire pour que cela dérange
Je suis juste assez femme pour détester le rose
Et assez remontée pour que la bombe explose
Je profite d’une tribune pour un texte mal osé
J’en profite pour me taire, et ce silence m’enterre
Je profiterai d’un lapsus pour étreindre ma colère
Profite de mon mutisme pour étaler ta prose
Car mon verbe rêve de tendres ecchymoses
Profite de ma patience qui tremble et qui attend
Profite de ma douceur tant qu’il est encore temps

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Les mots

Parce que les mots sont vivants
Ils sont la partie de moi qui frémit
Quand je me fais statue

Ils sont mon ventre qui hurle
Quand ma colères s’est tue

Ils sont toutes les réponses
Lorsque je ne sais plus

Parce que les mots sont couleur
Lorsque mon encre est noire

Parce que les mots sont rythme
Et que je suis montagne

Que le verbe est léger
Quand la gravité me gagne

Et les mots sont mémoire
Lorsque je suis oubli

Et les mots sont lumière
Lorsque je deviens nuit

Parce que les mots sont richesse
Quand je suis démunie

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La vie n’est pas un conte

Surtout, surtout ne pas tenter de raconter l’histoire.
Ne pas se complaire dans la succession de déboires
Qui se succèdent dans le noir
Tandis que l’on attend la lumière au fond du couloir…
ça ne marche pas comme ça.

La vie n’est pas un conte,
Même si l’on y trouve, pêle-mêle, des trolls, des sorcières, des dragons
Et des épreuves dont on ne sort pas toujours vainqueur
La vie n’est pas un conte,
Elle manque cruellement de princes d’ailleurs

Surtout, ne pas oublier la magie
Les branches porteuses de piécettes dorées
Les signes divins dans la nature
Le soleil qui se mêle de nos baisers
Ce n’étaient que des hallus tout ça
Un papillon est resté un quart d’heure sur mon doigt
J’ai vu courir Pégase dans un champ au milieu de la nuit
Mais la vie n’est pas un conte
Et dieu n’existe pas

Surtout ne pas oblitérer le cauchemar
Déambuler seule dans cette maison vide
A respirer l’abandon
Brûler des livres qui me poussent au suicide
Faire des cendres de mes propres poèmes
La vie n’est pas un rêve
Ni même une prière
Pourtant j’en ai déroulé des livres saints
Avant d’accepter que de réponse il n’y a point

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Il le faut

Il faut que ça sorte

Il y a cette chape médicamenteuse qui me brime
Qui comprime mes émotions qui les normalise
C’est un nouveau rituel prendre mon comprimé à heures fixes
Sous peine de succomber à mon imagination prolixe
Quelle menace

Il y a
Il y a ce rythme entêtant qui me nargue
Qui vient de l’intérieur de mon être en cage
Parfois j’ai envie de tout larguer pour partir à nouveau sur mon océan de folie
Je n’y peux rien il faut que ça sorte
Il faut que ça pète
Et ce ne sont pas ces larmes
Qui vont me soulager
A quoi bon un ruisseau
Quand le torrent s’étouffe de rage et de silence inavoué

Il y a ces souvenirs floutés par les drogues ou par l’émotion
Des vagues de chaleurs qui m’ont traversée
Entrecoupées de courants glacés
Se sentir en vie
Et tout autant en détresse
Subir cette alternance et vivre les contraires dans le même élan de la pensée
Et le cœur battu
De paroles rebattues
Il y avait tant de vérité dans mes incertitudes
Comme de résignation dans mon quotidien tiède

Chaque soir
A la même heure
Il y a ce bonbon rose qui font sur ma langue
Et qui me garantit de rester à votre portée
Humaine
Et votre impression de me comprendre est tellement dérisoire
Quand je pense aux cris que l’on entend dans un hôpital psychiatrique
De l’eau roule sur mes joues pour tomber sur la table
Et je repense à cette grâce vulnérable que vous trouviez magique
Alors que j’étais déjà loin sur ma planète
Que j’étais perdue
Que je n’avais plus de tête

Il y a
La stabilité dont je ne voulais pas
Et l’inspiration qui s’en va
Qui s’en va

Il faudra pourtant que ça sorte
Que je défonce les portes
Que je vous transporte
Qu’enfin je me comporte
Comme si je n’étais pas morte
Comme si j’étais plus forte

Comme si les dieux ne s’étaient pas ligués pour me faire chuter après m’avoir montré l’extase
Comme s’il n’y avait pas de prix à payer

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Mes yeux

Ils ont fermé mes yeux

J’ai vu tant de beauté que c’en était intolérable
J’ai vu tant de souffrances
La vérité est une plume de verre
Transparente et fragile
Sur mes épaules l’espace avait la densité du plomb
J’ai donc fait un vœu impossible à tenir
Un vœu de pureté

Ils ont fermé mes yeux

J’avais rasé mon crâne
Ce nœud de racines emmêlées
Et dissimulé mon corps sous d’amples tissus noirs
En deuil de moi-même
Je n’étais plus qu’une plaie

Ils ont fermé mes yeux

Alors que des pensées étrangères frappaient ma tête
Que mes prunelles absorbaient des lumières
Invisibles au commun des mortels
Que mon cœur bondissait de merveille en merveille
La paix était dans l’unité
De ma chair avec la chair des peuples
De ma peau avec l’écorce du monde
Je n’en finissais pas de saigner
Ma colère
Pouvait déclencher une guerre à l’autre bout du monde
Et mon sourire guérissait les blessures
Des âmes torturées par un système absurde

Ils ont fermé mes yeux

Désormais
Comme une aveugle dans une pièce familière
Je tâtonne pour deviner les masques
Le voile d’Isis est retombé sur la scène
Je tente de trouver ma place dans la parade
Mes pas sont décalés

Ils ont fermé mes yeux

Je suis une amnésie ambulante
Ma passion restée dans une ambulance
Je ne danse plus
C’est fou
Ce qu’ils distribuent comme pilules pour éviter que la terre tremble
Je m’étais dressée
Pour réclamer justice il me semble
Mais je ne me souviens plus
Dans quel océan se noient les rêves déchus

Ils ont fermé mes yeux

Ma jeunesse est déçue
De tristesse repue
Les fleuves devaient brûler
Et les rues s’animer
La vie devait changer
Pour les laissés-pour-compte
Au nombre desquels je suis
Impuissante et troublée
La volonté flétrie
Le désir abîmé
Observant les vivants
Au nombre desquels j’étais
Sans un soupçon d’envie
Chimiquement résignée

Le confort est fragile
A qui le tour demain
Qui verra son destin
Se fracasser de l’étoile
Où il était projeté
Et combien de milliards
Pour renverser les choses
Et quand est-il trop tard
Pour défendre une cause
Quand apprendre à se taire
Et quand se laisser faire
Quand se laisser porter
Juste une goutte du fleuve
Qu’on veut voir déborder

Je ne serai plus là
Et que restera-t-il
Des convictions fragiles
Une trace, un babil
Une larme malhabile
Désespoir volubile

Plus on sait moins on peut
Ils ont fermé mes yeux

Muette

La voix
Trouée par ton silence
Les fuites engagées dans l’absence
La main guidée par le non-sens
J’espère
Un signe
Qu’un oiseau se pose sur ma plume
Tandis que plongent en amertume
Mes mots saturés d’écume
J’attends
J’attends j’attends que le vent tourne
Mais c’est la même ritournelle
Le poids du passé sur mes ailes
Me conditionne et m’ensorcelle
Et quand mes larmes se souviennent
D’avoir été versées mille fois
Il arrive que je les retienne
Que je les écrase d’un doigt
Pour toi
Pour toi j’aurais rempli sans rancune
Des océans de pierre de lune
Pour me noyer dans le soleil
J’aurais écouté les conseils
Des diseurs de bonne aventure
J’aurais prêté ma signature
A des histoires sans pareil
Et dans un quart de sommeil
J’aurais renié mon écriture
Qui fut colère, qui fut violence
Qui fut sa propre caricature
Qui fut un envol, une danse
Pour atterrir entre tes bras
Mais ce réel n’est pas pour moi
Pour toi
Dont j’ai adopté la folie
J’ai replongé en alcool
J’en ai perdu mon auréole
Sans décoller de Mélancolie
Sur cette planète avilie
On avait installé nos lits
Ma foi
Diluée dans ta tragique absence
L’espoir sans cesse en transhumance
La solitude a ce goût rance
Des lendemains de nos ébats
Et si tu devais partir
Non…
Si tu devais partir
J’inventerais pour te retenir
Que je n’ai pas besoin de toi
Je prendrais mon carnet, mes soupirs
Les restes de mon cœur en charpie
Pour faire une chanson que tu n’entendras pas
Sauf si sur ta planète
Tu penses encore à moi

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Vogue vague

Vogue vague sur les remous du passé qui me narguent
L’avenir est une blague
On est tous à courir après notre épilogue
Tandis que le présent s’élague
Je rame sur un océan de rimes en pédagogue
Complice de tristes idéologues
De peur que mes idéaux ne me larguent
Le cœur à l’abri dans sa bogue
L’espoir condensé dans une bague
Je m’accroche aux bords de la pirogue
M’injectant de l’amour en guise de drogue
Pour conjurer les malheurs du catalogue
Où s’accumulent les chocs encaissés sans airbag
Vogue vague
Ce monde est un goulag
Où le désir te drague
Où tes problèmes reviennent comme un running gag
Fruits de ton subconscient
Qu’il te faudra trancher à la dague
Avec ses morceaux construire une digue
Ou bien ramer à en devenir dingue
Espérant vaguement le secours d’un flingue
Pour suicider la mort qui se pointe à toute berzingue
Pour l’esquiver tu feras des zig-zags
Alors vogue vague un mot d’espoir sur ta langue
Vaque pendant que le présent te déglingue
L’avenir est une blague

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Vivants

Sur les rives ensanglantées d’un Eden scarifié
Nos rêves viennent s’échouer transpercées par les lames de critiques désincarnées
Des hurlements parcourent la plaine
Des fantômes enlisés dans la peine
Tandis qu’une fumée cloutée sort de nos bouches polluées
Et les palais dévastés
Abritent des rumeurs où le passé se soulage
Défonçant la blancheur de la page
Et la blondeur des plages
Disparaît à force d’exils forcés

Sur la vacance du quotidien souillé
Par le champ lexical de l’abandon et du désespoir
Voilà que je dilue le noir
A défaut de broyer les couleurs sur ma palette rouillée
Où moisissent les relents de mon enfance reniée
Parce que dévastée de trop de gravité
Une complainte aigüe sort de ce corps trahi
Déformé par une tentative de rectification moléculaire
Trop souvent oublieux de son propre enfer
Une chanson maudite qu’on pleure depuis la nuit des temps
Depuis que la folie a étendu son impact sur nos mondes
Une mélodie que l’intellect sonde
Comme un intrus dans un univers où nulle raison ne devrait être
Enveloppes larmoyantes de nos âmes proscrites
Déchirez vos chairs dans un élan de survivance
Plongez en renaissance
D’un trépas au suivant puis à la lisière du cri primal
Riez en cascade puis jurez à rendre malades
Les dieux qui vous ont si vite abandonnés
A la première question au premier pourquoi

La liberté se niche dans nos tendres blasphèmes
Aussi aigüe que le réel dans un trip psychédélique
Que la révolte se fiche dans vos trémolos blêmes
Comme dans ce texte sans thème
Tapuscrit testamentaire
Premier des mes derniers écrits
De seconde en seconde la fin se rapproche
Mais le temps ce voleur ne trouvera que des poches vides
Exhumera des squelettes de dinosaures
Restes de mon innocence candide
Sachez que je conchie vos colères civilisées
Car je brûle de ces tourments antiques
Qui déclenchèrent ces fièvres magnifiques
Que l’on peut lire dans le vent de l’absurde
Le souffle m’est compté
Ma muse incinérée
N’a laissé que des cendres en guise de témoignage
Des reflets ambrés sur une flaque de feu
Une claque ombrée sur un lit de ténèbres
Le soupir bleuté d’un démon polymorphe
Je me sens habitée par toutes les catastrophes
Et mon cœur reste là
A palpiter sans joie dans un océan de prunelles avides
Habité par les relents des songes de nos ancêtres
Ce sont les sphères des inconsciences
Que l’on visitait de notre plein gré
Et nos squelettes tatoués
Nos ambitions marquées
En guise d’horizon pour notre descendance
Seront la damnation qui serviront de guide
Comme nous avons suivi les plus sinistres druides
Pour nous guérir d’êtres vivants

Tenter

Retourner à demain
Jouer au destin
Hurler à en péter les murs
Dessiner des secrets
Inventer des mystères
Percer la vérité
La voir se dégonfler
Imploser d’un rire rentré
Laisser des bouts partout
Morceaux d’émois qui tâchent
Fragments de moi qui fâchent
Un élastique qui lâche
Briser la solitude
Voir des mots qui s’imposent
Ne contrôler plus rien
Avoir sa dose
Se voir changé en pierre
Sans pouvoir rien y faire
Et tenter de se dire
Jusqu’au dernier soupir

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