IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

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En sursis

L’espoir en suspension comme un lustre fragile
Constitué d’ailes de papillons brûlés par la lumière
Diaphane chanson égarée dans l’éther
Composée des éternelles promesses de l’aube
Éphémère assurance d’un avenir radieux
Qui laisse mes noires prunelles éblouies pour de bon
Incapables de discerner l’illusion du présent

Rayon doré qui transperce douloureusement ma chair
Une perle de joie prête à se déverser tranquille
J’accouche dans la douleur de visions d’absolu
Le manteau de la passion m’enveloppant comme un suaire
Au sol les empreintes de mes carcasses passées
Au ciel les éclats tout cassés de mes rêves étoilés
Diffusent leur lueur altérée par mes ombres

Une mélodie nocturne berce mon âme mélancolique
Condamnée au tourment par un vieux sortilège
Jeté négligemment d’une passerelle entre les mondes
A la lisière d’un horoscope taquin et brouillon
Une bulle éclate sereine au sein de ce mystère
Une goutte de sang jaillit du tronc d’un arbre noueux
Ma chair ira nourrir les roses carnivores

Murmure glacé du temps qui se faufile en douce
Incompressible défi pour la plume qui frémit
La touche nécessaire d’inconscience qui soulage
Et le regain de sens qui fait percer le jour
Un sourire monstrueux à graver dans l’écorce
Au firmament du désir un soleil de trop
Un bouquet qui expire de toute son élégance

Les prières se consument au bord de lèvres closes
Et les espoirs s’éteignent de leur richesse insoutenable
La force d’une volonté dressée dans la tempête
Le dérisoire d’une plainte par trop fardée d’ennui
Une flamme qui s’évapore dans l’attente doucereuse
Une louve qui tremble dans son profond sommeil
Un joyau qui scintille laborieusement

Illusions qui tombent en pluie sur des statues vivantes
Démence générale, folies particulières
L’assistance magique de quelque somptueux hasard
Procure son réconfort aux marcheurs du chemin
Destinataire confiant d’une lettre égarée
Jardinier solitaire aux récoltes secrètes
Êtres en luttes singulières et profondes

Rires surexposés aux caprices des astres
Cascades de sentiments sur les terres du déni
Racines aquatiques pour une cime céleste
A travers le miroir l’évasion programmée
A travers son unique, se découvrir pluriel.le
Se prendre pour une fleur en toute exhalaison
Se planter en beauté.

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Vu l’heure

Vu l’heure tardive
Avant de partir à la dérive
Avant d’oublier mes origines
De renier ma couleur, de perdre mes racines
J’ose un dernier témoignage
Une gerbe de couleur noire sur la page
Où j’ai convoqué tous les orages

Pour l’amour d’une image
J’ai découpé le sens en zones contradictoires
J’ai insulté ma langue faible et transitoire
En inventant de nouveaux mots
Liquides et sanguins comme la neige
Aussi innocents qu’une pomme édénique

J’ai décrit
Les papillons aux ailes de mazout
Qui bruissent dans mon ventre depuis les événements
Qui brisèrent le soleil dans le ciel de ma jeunesse

J’ai écrit le vertige d’un rêve qui fut d’autant plus grand
Que mon cœur était sombre

Et la chute sans fin
Le désespoir sans fond
Le déni qui enfonce
La délivrance enfin

J’ai hurlé mes murmures aux murs de la ville
Déposé mes louanges aux pieds de langues habiles
Baladé mes errances dans cette ère rance
Embrassé la folie dans une dernière danse

Vu que le temps passe
Avant de de voir céder la place
Avant que ma mémoire ne s’efface
Que le sommeil s’avance, que la nuit ne me dépasse

Je rassemble péniblement mes ailes endommagées
Panse mes blessures, soulage mes plaies
En appliquant un baume concentré
De rimes déchantées, de verbe halluciné
Avant de m’envoler

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Fi d’elle

Sur mes lèvres de velours
Dépose ton empreinte fraîche comme la pluie
Humide comme la rosée sur le pétale froissé de l’aurore

Sur mes reins
Impose ton impact léger comme la neige
Qui tombe un dimanche soir sur une vallée perdue
Assourdissant vacarme

Pour te désaltérer je t’offrirai des larmes que la joie fit couler

Sur ma peau
Promène ta paume à l’étonnement perpétuel
Et que tes doigts tambourinent délicatement
Pour annoncer leur arrivée solennelle dans l’antre de la joie

Que ma plume fébrile
Se fasse l’écho de la magie nocturne
Et psalmodie la promesse que je fis au désir
De ne pas t’appartenir

J’appartiens à la lune aux collines aux étoiles
Et tu es l’océan, mes formes se dévoilent dans ton reflet

J’appartiens au silence à la nuit ou au temple
Où je t’ai vu t’agenouiller
Pour implorer le salut que je méprise
Dans une jouissance volubile

De ma langue
Je chanterai les secrets que tu n’as jamais pu formuler sans t’effrayer de leur puissance

Et mon ventre sera
Un lit pour ta rivière
Et tu t’érigeras
En totem funéraire
Et puis nous crèverons
De fatigue et d’ivresse
Et nous nous en irons
Libres de toute promesse

Avec pour unique allégeance
La fidélité que l’on doit à nos sens

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Solitaire

Dans le refuge inoxydable de la solitude
En tendant bien l’oreille
On peut saisir la cavalcade des heures
Et rêver en douce
Puisque le soleil se couche toujours quelque part

Au bord du lac de la lucidité
On peut s’immerger par intermittences
Juste assez pour sentir la fraîcheur
Avant que les flammes de la passion ne nous réchauffent
Pour quelques secondes

Planter un arbre dans cette contrée stérile
Selon les voyageurs de passage
Récolter le fruit de la rédemption
Qui nous est accordée par nous-mêmes
Et qui a le goût sucré d’un piège vénéneux

De paix lasse
Je me glisse à l’extérieur de ma cabane de papier
Pour rencontrer des leurres
Des miroirs des girouettes
Autant de mes semblables dont la constance m’exaspère

Mais dans le secret impraticable de la solitude
Je suis Pégase
Je suis un lynx
Ou une sirène
Je suis une louve
Ou une étoile
Mais toujours noire
Enfant de la nuit mythologique
Et la réalité n’est qu’un funeste personnage

Dans la lumière incompressible de la solitude
Je détiens le Verbe salvateur
L’ivresse me dégrise
Et la vérité déguise le doute malfaiteur
En questionnement subtil

L’exaltation de mes sens transformée
En une orgie de tempérance
J’avance à pas feutrés

Je souris pour les anges
Et je pleure pour les autres
Et c’est le même visage

Dans la pureté orthodoxe de la solitude
L’oxymore est une habitude
La contradiction n’empêche pas d’avancer
Et pour capter la beauté
Il faut la laisser partir

Ma solitude est celle du nombre
C’est un serment unique et un terrible parjure
Même authentique ma solitude fait genre
Elle est productive dans les bons jours

C’est un sommeil éveillé
Une riposte mal tournée
Un train sans terminus
Ma solitude.

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Pieds nus

Je marchais pieds nus sur le bitume
J’avais confiance en ma capacité à supporter la douleur
La brûlure
N’était rien comparée à ce qu’endurait mon cœur
Pétri de trop d’amour

Jusqu’à la rupture définitive
La scission de mon esprit
Je prenais les rayons du soleil pour argent comptant
Et le murmure du vent
Comme un sortilège

Mon âme était légère
De ses millions d’années

Lente à la renaissance
Je bute sur les plus simples apprentissages
Par trop de limites éprouvée

Je n’avais jamais emprunté ces sentiers de façon raisonnable
Je marchais pieds nus sur le bitume
Dansais sur du verre pilé
Courais sur des pointes d’étoiles
Amusées

Je pleurais des améthystes
A la tristesse de mon semblable dédicacées

J’avais confiance en ma dignité face à l’horreur
Habillée de fierté
Et le dédain comme un refuge secret
Si vous saviez

Mes mots d’amour sont autant de pièces jetées dans le puits des vanités
Trop d’empathie visible au retour inespéré
Pas assez de méfiance il paraît

Je ne sais plus qui a assassiné ma bonne fée
Retrouvée égorgée dans son château doré
Etait-ce l’oeuvre d’un violeur ou bien de ce pompier
Que j’appelais à l’aide et qui m’a ignorée
Etait-ce cet homme aimé méprisable et coupable
Qui m’a mise au rebut sans m’accorder un mot

J’ai tant pleuré que j’ai fait de mon cœur une île

Regarde bien
Il y a dans ma confiance donnée le détachement subtil
De celle qui a cessé d’espérer

La plante de mes pieds nus sur le sol artificiel
Au milieu de la paranoïa des un.e.s des autres
Je mesure ma liberté à de petits plaisirs

Les yeux clos pour ne point vous haïr
L’âme en sourdine pour ne point trop aimer
Au risque de demeurer méconnue
Par habitude je rends hommage à la politesse
Et j’encaisse
Vos regards empreints de condescendance
Votre indifférence totale à la souffrance
De ce qui vous est étranger
Et vos banales certitudes

J’envie parfois votre assurance
Et vous laisse celle de mon pardon

Ma soumission est feinte devrais-je m’en excuser
La colère m’éreinte
Tout ça va exploser
Alors vous saurez
Vous saurez.

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De l’amour véritable

A celleux qui cherchent la sécurité dans l’amour
Je dirai que l’amour est un chemin tumultueux
Sur ce flot d’incertitude qu’est la vie

A celleux qui veulent apprivoiser l’amour
Je dirai que l’amour est un roseau sauvage
Que l’on ne peut dompter sans le dénaturer
Et le départir de sa beauté originelle

A celleux qui cherchent à enfermer leur amour
Je dirai que cette émotion ne souffre aucune cage
Et que les liens qu’on lui attache ne font que nous éloigner de l’amour

Car l’amour est un torrent que l’exigence assèche
Pour y tremper ses lèvres il faut se mettre à genoux

Et l’amour est une montagne dont on n’atteint jamais le sommet
Il faut lever les yeux vers elle tout en sachant
Que notre vie ne suffira pas à en faire l’ascension

Son chemin est parsemé de petites attentions
Mais les gestes les plus tendres ne font pas l’amour
Tout comme il ne suffit pas de se couvrir de plumes pour s’envoler

A celleux qui veulent attraper l’amour
Je dirai que l’amour est l’ultime abandon

A celleux qui veulent se souvenir de l’amour
Je dirai que l’amour est l’oubli de soi
Il se fait et se défait en dehors de toute volonté

Enfin à celleux qui veulent se protéger de l’amour
Je souhaite qu’au sein de leur forteresse
Se dissimule une graine d’amour qui percera la pierre
Car l’amour est la goutte d’eau qui vient à bout de l’incendie
Et la flamme qui fait reculer la vague de la solitude

A celleux qui voient l’amour comme un remède
Je ne sais pas quoi dire
Sinon

Que bien des amours portent en elles le poison
Les chaînes et les prisons

Que seul le véritable amour libère
Et que l’amour libère seulement les êtres véritables.

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Des espoirs

Je suis désespérée. Je passe devant un miroir, je ne me reconnais plus
Je n’ai ni l’énergie ni la volonté pour changer les choses
Je suis un mollusque fatigué
J’écris les larmes au bord des yeux, pour cultiver ma solitude
Entretenir mon jardin, préserver mon scribe intérieur
Le seul détail de mon existence
Qui m’illumine, silencieusement et discrètement
L’écriture qui réchauffe un peu mon cœur

Je vois flou à travers la brume qui recouvre mes iris
Tant de beauté pervertie
Joliesse ou pureté approximative
Je me serais bien contentée de l’absolu
Accommodée d’un horizon splendide
A défaut d’un présent à saisir de toutes mes forces

Mon bonheur n’est que portions d’amusement
Divertissement l’apanage du siècle
Le puits de mes émotions rempli de pluie de chagrin
Sur sa surface terne quelques élans d’amour
Se mêlent aux relents de ma dévastation

Je songe à la rudesse du coquelicot sauvage
Son insolence gracile
Et je me déçois d’être ce corps empâté
A la colère lourde et aux regrets pesants
Depuis quand ma plume a ce caractère adipeux
Depuis que l’on m’a sauvée de la folie
En coupant les fils qui me reliaient au ciel
Qui pour moi n’existe plus
Juste une autre voûte à porter
Sans aucune valeur ajoutée

Et je me déchire dans les grandes largeurs
Et je danse comme si le sol était de feu
Dans mon esprit

Et je me libère de toute soumission
Et je m’impose comme mission
De vivre

Voici que de l’eau chatouille mes joues
Je suis bien trop émotive
Pourtant reposée dans l’ombre de moi-même
Ne serait-ce cette opposition constante
Et difficilement supportable
Aux lois iniques qui régissent cet univers
De la banalité du meurtre qui ne dit pas son nom
Au viol inqualifiable
En passant par toutes les petites cases de nos petites prisons
Nou.e.s sommes proies du désir
Victimes de la concurrence
Harcelé.e.s par des souvenirs
Nos rêves sont décadence
Des êtres épuisés, harassé.e.s par le temps
Priant pour un nouveau soleil mais sans élever la voix
Dieux, qui nou.e.s entendra?

Combien de ces enveloppes grises dissimulent combien de lumière
Pour les décacheter n’y-a-t-il que la mort?
Est-ce qu’on cesse de se ressembler après un certain âge
Après une certaine dose d’obstacles, de fureurs, de mirages?

Je voudrais inverser l’invention du miroir
Que nos reflets vivent nos vies de fantômes
Tandis que nou.e.s irions, réel.le.s, vivant.e.s,
Sur les collines du temps en quête de quelque essence
L’amour nou.e.s consumerait, oh oui, nous brûlerions
Pour réchauffer la nuit
Nou.e.s laisserions sur place après la combustion
De la poussière d’étoile
Dont l’esprit créateur ferait notre renaissance
Et dans l’éternité
Nou.e.s serions pour la terre toute reconnaissance

Je me doute
Que mes atermoiements sont condensé d’ingratitude
Face au destin j’esquisse encore un sourire
Et je me délecte de ces moments rares
Arrachés au hasard
Si fine est l’étoffe de ces instants précieux
Comparée au quotidien velours de la mort

Je préférerais flotter sur la cime des jours
Et l’écume des nuits
Je voudrais que la vie se gagne une fois pour toutes
En triomphant de notre arrivée au monde
Dans le chaos organisé
Avoir la poésie en perspective et le revendiquer
Habiter le corps de ma folle jeunesse
Et accompagner jusqu’à sa tombe
Une chair qui ne ferait qu’un avec mon esprit.

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Rétrospective

J’entends le bruit de mon frigo quand je dors
Mais j’aime mon studio
Quand je pense que j’ai failli dormir dehors
Je n’ai presque plus de souvenirs de ces années taboues
J’ignore par quelle force j’ai pu tenir debout
Où je trouvais les sous pour manger un bout
Franchir les obstacles posés bout à bout

Etre amoureuse d’un criminel
Pour lui scier mes propres ailes
Au bout d’un an de cauchemar se réveiller d’un coup
Sentir encore longtemps son joug sur mon cou
Sans avoir jamais rendu les coups
Je sens monter le rouge aux joues

A force de me faire la fête
Il a perdu le toit au-dessus de notre tête
C’est bête
Prêt à se faire loger aux frais d’une princesse
Tandis que je rejoignais les rangs des jeunes filles en détresse
Avec des bleus en souvenir
Je ne dis pas que je lui souhaitais le pire
Mais le jugement est tombé, il aurait dû le voir venir

Mes sentiments
Avaient la naïveté d’une carte postale
Je ne sais pas s’il en décorait sa cellule
Je me souviens aussi d’un taudis où les cafards pullulent
Où le machisme ambiant a pu me rendre folle

L’hospitalité
N’était pas comme dans les paraboles
Je n’ai pas voulu payer l’obole
Je repartais par les rues
Errant sur mes frêles guibolles
Le poids des bagages me rend fragile
J’abandonne tout pour être tranquille

Je m’évade du foyer de jeunes filles
Sans oublier mon stylo bille
Après un faux départ pour l’Afrique
Un abandon de plus par un mec
Et une expulsion définitive
Je tombe love
D’un nanti qui me prend pour son esclave
Et que ma perpétuelle révolte a gavé
Il vide ses couilles, fait son sac et me laisse à oilpé
Mûre pour l’HP

Maintenant j’ai plus le droit de fumer
La cigarette qui me faisait tant d’effet
Heureusement entre deux hallus mon esprit perché
A médité
La voix de Dieu j’ai écouté
Mon esprit fut désintégré
Et mon ego s’est effondré

Athée, j’attribue pas à Jah, Allah ou Jehovah
Les miracles de ces nuits-là
Mais à ma plume, qui toujours là
M’accompagna
Droit des enfers au nirvana

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J’ai essayé

J’ai essayé de dire non
J’ai essayé d’échapper à la culpabilité par le pardon
Et là j’essaye d’écrire
Comme pour me dessiner comme pour me faire un nom
Je suis une créature sans volonté sans ambition sans avenir
J’essaye d’écrire

J’ai essayé de me faire une vie à la façon dont on l’entend
Finalement au mari aimant j’ai substitué une flopée d’amants
Comportement que certains diffament car quand on dit femme
On pense à celle qui se réserve pour son prince charmant
J’ai essayé de dire oui mais je m’en suis tirée brillamment
Et ce n’est pas sur ce regret que mes larmes coulent abondamment

Constamment j’essaye d’écrire

J’ai essayé le travail le salariat l’esclavage consenti
J’essaye encore, tous les matins je me sors du lit
J’enfile mon costume de l’employée et je souris
Je mange à heures fixes même sans appétit
Je remplis des tableaux je fais des photocopies
Je bois du café je fume des clopes comme un zombie
J’ai essayé d’arrêter mais on m’en offre et je dis merci
Au nom de toutes ces dépendances qui nous lient

Et puis je rentre chez moi j’essaye d’écrire

J’ai essayé de comprendre la foutue injustice
De décortiquer le monde de lui trouver un sens
Peut-être qu’il faut encore que j’y réfléchisse
Mais au point où j’en suis je ne vois qu’indécence
La cruauté des prisons que les innocents remplissent
L’absurdité des lois du marché de la finance
Les criminels qui dirigent tout depuis les coulisses
Et notre silence complice de l’évidence

Au bout du compte j’essaye d’écrire

Je suis une créature sans projet sans lendemain sans destin
Si la vie est un banquet j’ai oublié de me mêler au festin
Plus j’observe les hommes et plus je les fuis d’instinct
Je finirai par me réveiller misanthrope un matin
Emplie d’une révolte aux contours indistincts
Les étoiles sont tombées, le soleil s’est éteint
Me laissant dans les ténèbres avec mes rêves clandestins
Et un paquet de colère dans les intestins
L’avis d’un médecin serait opportun
C’est trop tard pour le cœur, le cerveau est atteint

J’ai essayé de guérir
J’ai essayé de m’enfuir de tout détruire pour tout reconstruire
J’ai essayé de m’instruire pour ne pas reproduire
J’ai même essayé de conduire que peut-on en déduire
C’est pas l’autoroute que j’emprunterai pour m’épanouir
J’ai essayé de ne plus me contredire
De ne pas m’interdire de jouir sans me salir
De me dépêcher sans courir d’embellir mon délire
J’ai essayé d’ensevelir mes souvenirs
J’ai essayé de m’endormir et mourir
De parler sans trahir. J’ai essayé d’écrire

Etapes-pour-écrire

A l’impossible

Sauve-toi. Tu as les pieds englués dans une mélasse constituées de souvenirs de conventions et autres tourments habituels
Le cœur pris dans un étau d’angoisses et d’espérances
Les mains entravées par le besoin de se lier à tout ce qui pourrait de près ou de loin masquer ton infortune

Mais sauve-toi

Je t’ordonne de te sauver toi-même de puiser dans ta colère l’énergie la volonté de passer outre les murailles érigées par une vue d’apprentissages conditionnés

Je te somme de réclamer ta liberté maintenant nonobstant le peu de cas qu’en font ces autres qui t’ont prise pour un miroir de plus à briser

Ignore simplement les lois de la physique prend tes cliques et tes claques et sauve-toi, jaillis comme un ruisseau dans un désert, ta flamme est famélique mais fais-la embraser les forêts de préjugés qui se densifient jour après jour, et danse sur les cendres de ces ennemis que des générations de combattantes avant toi n’ont pas pu mettre à terre, je t’en prie, je t’implore, sauve-toi !

Quoi? Tu es brisée? Comme ça ton cœur s’est vidé à force de tenter d’insuffler un surplus d’humanité à celui qui te blessait? Comme ça tu as lutté au point d’épuiser la liste exhaustive de tes ressources, au point de venir à bout de ta foi?

Je n’en ai que faire, sauve-toi bat-toi avec tes ongles là où tes larmes ont échoué, cours vers ta liberté, même avec dix tonnes à chaque pied, galope et ne les laisse pas te rattraper…

L’obscurité avance, il faut te dépêtrer, partout la nuit dépêche ses émissaires, la nuit que tu connais…

Traverse le champ de bataille avec ton armure de papier, trop réel est le sang que tu as vu couler, celui qui colore encore tes rêves éveillés, fais un pas après l’autre, non tu n’as plus le temps, envole-toi vers demain, avec tes ailes imaginaires arrange-toi pour échapper à la réalité de l’enfer

Le temps te statufie il faudra que tu tues le temps
Tu n’as aucun ami il faudra te méfier d’autant
Ceux qui clament que tu n’es pas seule te retiendront dans leurs étreintes, mais l’amour est une feinte alors sauve-toi avant de finir en demi-teinte

Je ne veux plus entendre tes plaintes. S’il te reste un souffle, un seul, qui vibre même faiblement dans ta carcasse déjà fatiguée, déjà abîmée, presque périmée par la loi impitoyable des ans, je veux que tu l’emploies à briser les carcans, et si tu dois tomber en essayant, fais-le tout de même, et sauve ton âme, car personne, je peux le dire maintenant, ne viendra la sauver

Rien n’est prévu pour toi.
Y a pas de plan.
Tu es surnuméraire.
Une particule, un défi. Une révolte, un déni.
Nul ne pourra te remplacer.
Alors même si tout est foutu… Sauve-toi à tout prix. Personne ne viendra te sauver.

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