IstIna Izvor đ“‹č Source de VĂ©ritĂ©

Chemins de textes

Category: révoltes

Adult kult

Iels ont eu beau m’infantiliser

J’ai tentĂ© de les adultiser

D’aucuns ont entendu adultĂšre

Je veux pas savoir oĂč leur honte se terre

Si je suis pas le Rédempteur

Devrais-je sanctifier les monstres qui me tuĂšrent ?

J’y parviens dans mon magistĂšre

Des faires

Faire les choses par amour d’autrui, conduit Ă  d’inĂ©vitables dĂ©ceptions

Fini le cƓur confus, le fruit est confit
Au bord de dégueuler du kéfir
Affolant les fols et farfadets qui veulent me croire en enfer
Effarant les furieux peu curieux par la facilité avec laquelle
On peut se défaire de ses fers
En cessant de défendre
Ce dont le monde n’a rien Ă  faire

IstIna 𓆃

Et tics

Les gens qui ont pitié de notre qualité de vie
Sont les plus pathétiques
MĂȘme si ce n’était qu’une question d’esthĂ©tique
Je n’échangerais pas ma place contre leur carriĂšre en toc
Souvent menĂ©e au mĂ©pris de l’éthique
Un rythme acharné pour se payer toutes ces choses
Qui leur permettent d’ĂȘtre mĂ©disants
Regarder de haut les “moins mĂ©ritants”
S’imaginant qu’on les envie
Nous qui avons d’autres enjeux
Mais finalement
Certains font bien des monuments aux coffres-forts
Je m’épargnerai l’effort
Quand on est sans enfants on veut rendre ses parents fiers
Je n’en ai plus rien à faire
J’ai dĂ©chirĂ© la facture, dĂ©masquĂ© les acteurs;
Ma foi reste mon seul atout
C’est pourquoi quand je prĂ©sente mon Ăąme Ă  la lune
Au soleil
Elle est toujours parée de ses plus beaux atours

Elle est toujours pareille
MalgrĂ© la violence qui l’entoure
La flamme de Vérité qui jamais ne vacille
Brille sur ton parcours

Lapis Lazuli

On m’ordonne de plonger dans l’abysse
Je compte sur mon lapis lazuli
Et sur l’ancre que j’ai au doigt

Et j’oublie toujours que j’ai failli mourir
De cette violence gratuite
Le pardon m’est si naturel
Ils sont devenus fous de n’avoir pu expier

Sans toi
J’aurais Ă©tĂ© piĂ©gĂ©e par la droiture du dĂ©mon
La vertu ignorĂ©e, l’innocence mĂ©prisĂ©e
Plonge dans l’hĂ©bĂ©tude les cƓurs les plus sincĂšres

Combien de gĂ©nies brĂ»lĂ©s Ă  l’hĂŽpital
Combien d’amoureux fous qui furent gavĂ©s de mensonges
S’accrochent au sentiment de propriĂ©tĂ©
Comme si le reste n’Ă©tait qu’un songe

Combien de cobayes si mal rémunérés
Qu’ils ignorent jusqu’Ă  la valeur de leurs souffrances
Et les bĂȘtes dĂ©pecĂ©es sur la mousse des bois
Symbolisent l’absurde d’une vie aux abois

Je suis là, entre la chenille et la vaste sacrée
Je suis cette femelle nĂ©e pour qu’on l’utilise
Je suis la larme reniée aprÚs la mort
Le verre de trop ravivera le goût de la rupture

Trop de coĂŻncidences comme si j’Ă©tais en ligne directe avec Dieu
Avec les voix de celleux qui m’aiment derriĂšre l’Ă©cran ou Ă  distance
Reflets de mon émoi quand le présent se révÚle
Indices miraculeux sur la conduite Ă  suivre

Je visualise

Ma propre mise à mort paraßt scénarisée
Mais personne ne connaĂźt l’Ăąge de ce calendrier
Pour circonscrire l’infini au bleu de ton regard
Il me fallait ce soir.

“J’aime ma vie”

Est-ce qu’on veut retrouver l’humeur belliqueuse

Pour Ă©touffer ma jubilation dans l’Ɠuf
Il y aura toujours un volontaire.

A force de cuire les images

À force de cuire les images
Le petit Ă©cran propage comme un vent d’habitudes sur nos turpides
Se ferment lentement nos yeux baignés de sang
Impitoyable, le rĂ©el s’Ă©tale et obscurcit d’un voile notre Ă©tincelle
C’est la barbarie
Nos idéaux sont à genoux
Sous le joug du profit tout s’explique et tout s’excuse
Jusqu’Ă  l’enfant soldat dont le regard accuse le spectateur endormi
Seuls s’apitoyentbceux qui ont le temps, sur une main tendue,
sur une famille qui survit dans une tente prĂšs d’un canal de la capitale

À force de cuire les images
Un certain rap cristallise l’expression de la rage
Qui se fige dans l’attente d’un prĂ©sent incertain
Les rebelles se parodient
Et le pouvoir se rit de nous qui payons le prix fort pour prouver qu’on est fous
Et qui nous retrouvons dépouillés de tout

À force de cuire les images
La jouissance perd en grade et le sexe se dégrade à tous les degrés
La salope en a honte, le libertin s’Ă©teint
sous la branlée de la morale
Et tous restent sur leur faim

À force de cuire les images
La poĂštesse indigeste quĂȘte dans la violence
du sang frais pour sa bouche

Dis-moi

Dis-moi
T’as toujours Ă©tĂ© raisonnable je le sais
T’as toujours essayĂ© de suivre le droit chemin
Sans ĂȘtre inconscient, de penser Ă  demain
Dis-moi pourquoi pour toi
Demain c’est rien tellement c’est loin
Tant le présent se construit à la force de tes poings
Dis-moi t’avais trop peur qu’ils te mĂ©prisent
T’as toujours fait tout ce qu’ils disent
Tu as suivi les conseils avisés
De gens bien intentionnés qui ne font que répéter
Ce qu’ils ont appris par cƓur dans les livres
Vérités sacrées, déformées, réinventées
Parce que libre tu représentes un danger
Dis-moi sĂ©rieusement t’en as jamais eu marre
De rentrer chez toi et te coucher tard le soir
De penser Ă  ton travail que t’as jamais vraiment aimĂ©
De remettre toujours Ă  plus tard tes projets
Dis-moi comment tu fais pour oublier ce que t’Ă©tais
Renier les rĂȘves que t’as abandonnĂ©s
Dealer avec les fantÎmes de tes désirs avortés
Dis-moi quand la télé te fait voir des merveilles
T’es sĂ»r que t’y penses pas le soir quand t’as sommeil?
Me dis pas que t’as jamais eu envie de soleil quand la pluie tombe
Que t’implore pas ton Ă©toile pour qu’elle se rĂ©veille
Dis-moi toi qui te considĂšres comme un type bien
Que t’as jamais eu l’impression d’avoir une vie de chien
Que tu te demandes jamais qui tu es, ce que tu fous lĂ 
Ose me dire que tu ne t’es jamais demandĂ© pourquoi
Pourquoi quand t’Ă©tais jeune tu voyais pas la vie comme ça
Pourquoi quand t’Ă©tais libre t’avais d’autres ambitions pour toi
Pourquoi tes sacrifices ne voient jamais de récompense
Pourquoi tu sais jamais si c’est vraiment toi qui pense
Pourquoi t’as l’impression d’avoir souffert en vain
Puisque tu n’as rien fait pour changer tes demains
Pourquoi il faut toujours que tu sois dans la norme
Pourquoi tu te crois fou quand tu n’es pas conforme
MĂȘme l’air que tu respires est devenu monotone
Les jours passent et tu attends que ton heure sonne
Tu te demandes ce que t’as fait pour mĂ©riter ça, tu vaux mieux que ça
T’essayes de pas y penser pour supporter tout ça
Tu te félicites pour ton travail, aimes ta famille, kiffes tes amis
Mais tu n’attendais pas autre chose de la vie?
Dis-moi il fut un temps oĂč tu vivais dans la joie
Depuis t’as oubliĂ© que la seule voix Ă  suivre est en toi

La paroles des anges vils

Leur aurĂ©ole Ă  terre sur le bitume que glace l’indiffĂ©rence
les anges vils chantent les voix du silence
Ils ont la peau trouée et des neiges éternelles au fond de leurs yeux vides
elles ont le ventre sanglé par des désirs déchus
ils ont les poings saillants et la détresse sourde
elles ont des bleus Ă  l’Ăąme

Les anges vils parfois se reconnaissent et tissent entre leurs ailes des abĂźmes de tendresse
oĂč le bonheur s’invente un nom
et la fĂ©e dĂ©cadence laisse voir sous sa jupe la fente de l’exil
puis dit non
Lorsque la porte se referme, les anges vils ont au bout de leur langue des relents d’amertume
la volonté exsangue
Ă  peine la force d’entendre ce que taisent nos plumes

Ils s’appuient sur elles comme sur des bĂ©quilles au moral minĂ©
elles cherchent des Ăźles pour se sentir tranquilles d’ĂȘtre dominĂ©es en ce terrain hostile
Les anges vils ont des histoires scabreuses et des trous de mémoire sur des sujets absurdes
leur cerveau ravagé est cruellement lucide face au réel perfide ou chacun tient son rÎle

Ils choisissent de se battre en soumettant le monde à leur volonté reine
elles optent pour le sourire pour faire passer la pilule des jours qui s’Ă©grĂšnent
ils marchent en procession sur les trottoirs nocturnes complices de tous les crimes
elles se vendent en parcelles sur le marché du désir

Laissant se briser leur ĂȘtre
En mille et un morceaux que le soleil ignore lorsqu’il balaie le monde

Les anges vils n’ont que de pauvres paroles Ă  dealer pour survivre
Dont les Ă©chos s’envolent au grĂ© de nos Ă©gos ivres

Et vont nourrir la silencieuse complainte des anges vils