IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Category: poésie

A quoi ça sert

Apprivoiser le silence
Maîtriser le moindre geste
Que la parole soit juste
Douce et tendre, ferme et sans appel

Vivre aux côtés d’un fauve écorché
L’appel du sang absorbant tous nos sens

La morsure du désir qui pour toujours s’inscrit
L’appel irrémédiable vers ce qui nous détruit
La fierté du regard voilé qui se relève
Le dos striée la tête haute
Les ovaires qui se révoltent dans la douleur
La peur de porter et transmettre la vie
De confondre un père avec un imposteur
De nous priver de bonheur à cause de ma colère

Est-ce une preuve de faiblesse ou d’un courage patient
Était-ce ma force d’âme ou mon entêtement
Je ne sais pas

Mais si on ne peut plus s’appuyer sur la force des serments
A quoi servent les mots des amants ?

Dis-moi

Dis-moi
T’as toujours été raisonnable je le sais
T’as toujours essayé de suivre le droit chemin
Sans être inconscient, de penser à demain
Dis-moi pourquoi pour toi
Demain c’est rien tellement c’est loin
Tant le présent se construit à la force de tes poings
Dis-moi t’avais trop peur qu’ils te méprisent
T’as toujours fait tout ce qu’ils disent
Tu as suivi les conseils avisés
De gens bien intentionnés qui ne font que répéter
Ce qu’ils ont appris par cœur dans les livres
Vérités sacrées, déformées, réinventées
Parce que libre tu représentes un danger
Dis-moi sérieusement t’en as jamais eu marre
De rentrer chez toi et te coucher tard le soir
De penser à ton travail que t’as jamais vraiment aimé
De remettre toujours à plus tard tes projets
Dis-moi comment tu fais pour oublier ce que t’étais
Renier les rêves que t’as abandonnés
Dealer avec les fantômes de tes désirs avortés
Dis-moi quand la télé te fait voir des merveilles
T’es sûr que t’y penses pas le soir quand t’as sommeil?
Me dis pas que t’as jamais eu envie de soleil quand la pluie tombe
Que t’implore pas ton étoile pour qu’elle se réveille
Dis-moi toi qui te considères comme un type bien
Que t’as jamais eu l’impression d’avoir une vie de chien
Que tu te demandes jamais qui tu es, ce que tu fous là
Ose me dire que tu ne t’es jamais demandé pourquoi
Pourquoi quand t’étais jeune tu voyais pas la vie comme ça
Pourquoi quand t’étais libre t’avais d’autres ambitions pour toi
Pourquoi tes sacrifices ne voient jamais de récompense
Pourquoi tu sais jamais si c’est vraiment toi qui pense
Pourquoi t’as l’impression d’avoir souffert en vain
Puisque tu n’as rien fait pour changer tes demains
Pourquoi il faut toujours que tu sois dans la norme
Pourquoi tu te crois fou quand tu n’es pas conforme
Même l’air que tu respires est devenu monotone
Les jours passent et tu attends que ton heure sonne
Tu te demandes ce que t’as fait pour mériter ça, tu vaux mieux que ça
T’essayes de pas y penser pour supporter tout ça
Tu te félicites pour ton travail, aimes ta famille, kiffes tes amis
Mais tu n’attendais pas autre chose de la vie?
Dis-moi il fut un temps où tu vivais dans la joie
Depuis t’as oublié que la seule voix à suivre est en toi

La paroles des anges vils

Leur auréole à terre sur le bitume que glace l’indifférence
les anges vils chantent les voix du silence
Ils ont la peau trouée et des neiges éternelles au fond de leurs yeux vides
elles ont le ventre sanglé par des désirs déchus
ils ont les poings saillants et la détresse sourde
elles ont des bleus à l’âme

Les anges vils parfois se reconnaissent et tissent entre leurs ailes des abîmes de tendresse
où le bonheur s’invente un nom
et la fée décadence laisse voir sous sa jupe la fente de l’exil
puis dit non
Lorsque la porte se referme, les anges vils ont au bout de leur langue des relents d’amertume
la volonté exsangue
à peine la force d’entendre ce que taisent nos plumes

Ils s’appuient sur elles comme sur des béquilles au moral miné
elles cherchent des îles pour se sentir tranquilles d’être dominées en ce terrain hostile
Les anges vils ont des histoires scabreuses et des trous de mémoire sur des sujets absurdes
leur cerveau ravagé est cruellement lucide face au réel perfide ou chacun tient son rôle

Ils choisissent de se battre en soumettant le monde à leur volonté reine
elles optent pour le sourire pour faire passer la pilule des jours qui s’égrènent
ils marchent en procession sur les trottoirs nocturnes complices de tous les crimes
elles se vendent en parcelles sur le marché du désir

Laissant se briser leur être
En mille et un morceaux que le soleil ignore lorsqu’il balaie le monde

Les anges vils n’ont que de pauvres paroles à dealer pour survivre
Dont les échos s’envolent au gré de nos égos ivres

Et vont nourrir la silencieuse complainte des anges vils

Métisse

Assise au soleil
Réceptive telle une antenne émotive
Attentive aux vibrations qui guideront ma plume
Pour je l’espère vous transmettre une nouvelle émotion
Je suis tranquille
Docile
Et les images défilent
Visions du cosmos qui s’enfilent
Comme des perles sur un fil
Où nuit et jour se succèdent en un battement de cil

L’alliance des contraires
Je suis faite de cette matière première
Du Nord et du Sud
Du noir et du blanc
Pour un brun qui rappelle la couleur de la terre Mère
On a tous en soi un petit bout d’univers
Un soupçon d’infini dans un grain de poussière
Filiation divine ou bien humain mystère
Nos atomes des étoiles nous font frères
Il y a de quoi en être fiers
N’être qu’une humble créature
Mais terrain d’un combat qui dure
Entre le paradis et l’enfer

Et dire que je rêvais mon cœur pur

Je suis condamnée à m’asseoir
A même le mur qui sépare
Les deux versions d’une même histoire
A voir les victimes comme les barbares
Manipuler le devoir de mémoire
Je ne sais plus lesquels croire
Et j’en passe ds heures
A démêler en moi les leurres les erreurs
Liés à la conscience d’une race prétendument supérieure
Et j’en pleure
Des traces laissées par les ravages d’un esclavage encore ancré dans nos cœurs
Où est ma place ?
Nous sommes trop peu à porter ce drapeau d’un peuple imaginaire
Où nous serions tous unis et sœurs et frères
Trop peu à vivre et à saigner pour cette chimère
Et puis mon temps est éphémère
Et la bêtise humaine m’atterre
De rage ma plume se fait amère

Jeter un regard sur la Terre
Poser les yeux sur toutes ces guerres
Quand on y cherche de la lumière
Trop d’espérance est une torture
La cruauté de l’Homme serait dans sa nature ?

Et dire que je rêvais mon cœur pur