IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Category: Méditations

Actes manqués

Pour tous les actes manqués
Qui confèrent à nos existences cet arrière-goût de raté
Pour ces buts accomplis mais qui n’étaient pas justes
Au nom de quoi peut-on se fier à sa propre volonté ?
J’interroge la destinée

Sommes-nous des jouets entre tes tentacules ?
Sommes-nous le monstre
Sommes-nous plus que de bêtes amas de particules
Sommes-nous des dieux
Et pouvons-nous faire mieux ?

Indignes de régner en maîtres sur notre univers
Nous nous laissons guider
Par des désirs archaïques
Humanité
J’interroge ta destinée

Pour tous les crimes de sang
Que nous avons commis en nos âmes et consciences
Dissous dans la volonté des masses
Ma douleur est sans fin
Comme l’amour est sans fond

Qu’ai-je fait
De mon héritage, de mes richesses et de ma chance ?
Qu’ai-je fait de ma bonne étoilée ?
A travers les voiles d’illusion qui m’aveuglent
Puis-je encore discerner son éclat ?
Qu’ai-je fait de mes trésors
De la confiance donnée ?
Mon âme était sincère
Comment naissent les regrets ?

Pour les appels manqués
Les signes inaperçus
Les messages d’alerte auxquels nous restons sourds
Si nous n’étions pas prêts ?
Juste des enfants
Qui auraient découvert par hasard la bombe atomique
Le pouvoir de faire mal avec celui de dire non
Si nous n’étions rien que des sorciers
Brisant des existences avec de simples mots
Mal appris

Alors l’ignorance fait de nous des monstres

Humble jardinier qui cultive mes pensées
Avant que mon cœur ne se change en un buisson de ronces
Interroge sans répit

Pardonnez-moi

Pardonnez-moi si je m’isole
Je ne fuis pas des êtres
Mais des situations qui me désolent
Des dialogues de muets
Des ballets d’éclopés qui me tirent des larmes
Au son des chants lugubres qui annoncent demain
On dirait que tous se préparent
A finir comme gibier d’un macabre festin

Pardonnez-moi si je résiste
Je secouerai ces entraves jusqu’à épuisement
Il y a des créatures qui ne supportent pas l’enfermement
Qui se laisseraient mourir plutôt

Pardonnez-moi si je m’éloigne
Il faut de la distance pour apprécier les êtres
Et puis mon exigence est intacte
Pour que brûle le feu des retrouvailles il faut savoir partir
Alors je vous quitte incessamment
Car je ne suis que matière incandescente
Et ces espaces où l’on se cherche sont imbibés d’amour

Si vous saviez comme la tendresse me dévore
Mon âme se parcelle
Et dans ces bouts de miroirs
J’aperçois mon unique
Je l’ai rencontré maintes fois et je sais qu’en chacun de vous
Il y a une part de lui

Pardonnez-moi si je m’envole à tire d’elles
Il est grand temps que je me fasse la belle

A quoi ça sert

Apprivoiser le silence
Maîtriser le moindre geste
Que la parole soit juste
Douce et tendre, ferme et sans appel

Vivre aux côtés d’un fauve écorché
L’appel du sang absorbant tous nos sens

La morsure du désir qui pour toujours s’inscrit
L’appel irrémédiable vers ce qui nous détruit
La fierté du regard voilé qui se relève
Le dos striée la tête haute
Les ovaires qui se révoltent dans la douleur
La peur de porter et transmettre la vie
De confondre un père avec un imposteur
De nous priver de bonheur à cause de ma colère

Est-ce une preuve de faiblesse ou d’un courage patient
Était-ce ma force d’âme ou mon entêtement
Je ne sais pas

Mais si on ne peut plus s’appuyer sur la force des serments
A quoi servent les mots des amants ?

Dis-moi

Dis-moi
T’as toujours été raisonnable je le sais
T’as toujours essayé de suivre le droit chemin
Sans être inconscient, de penser à demain
Dis-moi pourquoi pour toi
Demain c’est rien tellement c’est loin
Tant le présent se construit à la force de tes poings
Dis-moi t’avais trop peur qu’ils te méprisent
T’as toujours fait tout ce qu’ils disent
Tu as suivi les conseils avisés
De gens bien intentionnés qui ne font que répéter
Ce qu’ils ont appris par cœur dans les livres
Vérités sacrées, déformées, réinventées
Parce que libre tu représentes un danger
Dis-moi sérieusement t’en as jamais eu marre
De rentrer chez toi et te coucher tard le soir
De penser à ton travail que t’as jamais vraiment aimé
De remettre toujours à plus tard tes projets
Dis-moi comment tu fais pour oublier ce que t’étais
Renier les rêves que t’as abandonnés
Dealer avec les fantômes de tes désirs avortés
Dis-moi quand la télé te fait voir des merveilles
T’es sûr que t’y penses pas le soir quand t’as sommeil?
Me dis pas que t’as jamais eu envie de soleil quand la pluie tombe
Que t’implore pas ton étoile pour qu’elle se réveille
Dis-moi toi qui te considères comme un type bien
Que t’as jamais eu l’impression d’avoir une vie de chien
Que tu te demandes jamais qui tu es, ce que tu fous là
Ose me dire que tu ne t’es jamais demandé pourquoi
Pourquoi quand t’étais jeune tu voyais pas la vie comme ça
Pourquoi quand t’étais libre t’avais d’autres ambitions pour toi
Pourquoi tes sacrifices ne voient jamais de récompense
Pourquoi tu sais jamais si c’est vraiment toi qui pense
Pourquoi t’as l’impression d’avoir souffert en vain
Puisque tu n’as rien fait pour changer tes demains
Pourquoi il faut toujours que tu sois dans la norme
Pourquoi tu te crois fou quand tu n’es pas conforme
Même l’air que tu respires est devenu monotone
Les jours passent et tu attends que ton heure sonne
Tu te demandes ce que t’as fait pour mériter ça, tu vaux mieux que ça
T’essayes de pas y penser pour supporter tout ça
Tu te félicites pour ton travail, aimes ta famille, kiffes tes amis
Mais tu n’attendais pas autre chose de la vie?
Dis-moi il fut un temps où tu vivais dans la joie
Depuis t’as oublié que la seule voix à suivre est en toi