Faites pas ça
Ne faites pas ce que je fais
Ni ce que je dis
Faites ce qui vous met le cœur en fête
Et l’amour en tête
Ça n’a pas de prix



Ne faites pas ce que je fais
Ni ce que je dis
Faites ce qui vous met le cœur en fête
Et l’amour en tête
Ça n’a pas de prix



Faire les choses par amour d’autrui, conduit à d’inévitables déceptions
Fini le cœur confus, le fruit est confit
Au bord de dégueuler du kéfir
Affolant les fols et farfadets qui veulent me croire en enfer
Effarant les furieux peu curieux par la facilité avec laquelle
On peut se défaire de ses fers
En cessant de défendre
Ce dont le monde n’a rien à faire
IstIna 𓆃


Me demander l’abnégation
La meilleure chose que tu pouvais faire
Étant donné les conditions de ma présentation
Me disant investie d’une mission de guérison
J’ai accompli la trahison
En étant ignorante de ma propre prison
Une fois revenue à la raison j’étais poignardée sur mon propre gazon
D’où j’ai une vue imprenable sur l’horizon
Vous seriez étonné-es de ce qui fait de moi une psychopathe
Bien que ma folie ne soit pas discrète
Certaines voies de sagesse sont étroites
Mon corps n’en est qu’un interprète
Ma langue se dévoue et travaille sans plainte
Pour te dédier cette étreinte
Traduire le temps depuis lequel je viens à Ta rencontre
Je n’ai plus de montre
L’absurdité d’un monstre qui lèche la main de son maître
Et quand il mord par mégarde
Se laisse emprisonner pour absence de remords
À l’abri dans sa cage
Renonce à éblouir de son instinct sauvage
Sans pouvoir se départir de sa superbe
Hors-normes jusque dans les larmes
Celles-ci sont supposées te faire baisser les armes
Ma faiblesse sans vacarme
Comme un persistant syndrome
Sait se faire discrète pour éviter les drames
Je suis un monstre de sensibilité que rien n’épargne
Un coeur invulnérable et une poétesse à poigne
Apprivoiser le silence
Maîtriser le moindre geste
Que la parole soit juste
Douce et tendre, ferme et sans appel
Vivre aux côtés d’un fauve écorché
L’appel du sang absorbant tous nos sens
La morsure du désir qui pour toujours s’inscrit
L’appel irrémédiable vers ce qui nous détruit
La fierté du regard voilé qui se relève
Le dos striée la tête haute
Les ovaires qui se révoltent dans la douleur
La peur de porter et transmettre la vie
De confondre un père avec un imposteur
De nous priver de bonheur à cause de ma colère
Est-ce une preuve de faiblesse ou d’un courage patient
Était-ce ma force d’âme ou mon entêtement
Je ne sais pas
Mais si on ne peut plus s’appuyer sur la force des serments
A quoi servent les mots des amants ?

Dans un même élan
J’aime et je méprise
Je me lâche et me maîtrise
Je désire comme je respire
Je vous attire pour mieux vous fuir
Je me suffis à moi-même
Je me sens vivre quand on m’aime
J’ai dans mes doigts de la magie
Sur mes lèvres une poésie
Ma peau douce est une écorce
Sous laquelle coule une sève féroce
Je peux te guérir mais
Je veux en fait te voir mourir
Pour renaître à un monde où le désir
A la force des rêves que l’on plante au soleil
Un monde où ton âme enfin s’éveille
Et où tu danses avec ton corps
Car la crainte de la mort
N’a plus de raison d’être
Je peux
Faire vibrer tous tes sens
Et te faire perdre ton sang-froid
Mais on en a brûlé des sorcières
Pour moins que ça
Je suis une lionne fière
Esseulée
Avec les fils de mes doutes
Je tisse ma route
Quelle vérité se dessinera
À la fin du canevas ?
Âme infidèle
Sauf à moi-même
Et à des sentiments que tous ne comprennent pas
Je suis
Une femme
LÃ est mon drame
LÃ est ma flamme
LÃ est la source de mon combat
Quand dieux et démons se disputent le chemin sous mes pas
Je voudrais juste pouvoir sortir de lÃ
Je rêve d’une puissance franche
D’un verbe qui tranche
D’abattre l’oppresseur à l’aide d’une arme blanche
Mais mon cœur flanche
Je tiens le stylo comme un poignard
Et avant de frapper je sais qu’il est trop tard
Votre injustice m’a déjà vidée de mon propre sang
J’ai vu périr ma dignité sous vos jugements
Je suis libre
De donner mon corps
Si j’aime le corps à corps
Si je raffole de ces puissants accords
Je sais mon besoin de changer la partition
De la mélodie de l’amour
Qui nous chante encore la même chanson
Du «que toi pour toujours»
Mais les fausses notes trop fréquentes
Dénotent une évidente
Discordante dysharmonie
Alors je change de clé
Pour une nouvelle symphonie
Je suis
Un instrument
Celui de ton plaisir
Ou bien de ta fierté
Je me rappelle avoir aimé
Être ainsi exhibée
Mais que je vibre sans tes doigts
Telle une harpe au gré du vent
C’est l’instrument de ton pouvoir
Qui t’échappe en un instant
Je suis
Parfois
Ta chose
Je me rappelle avoir aimé…
Souvenirs d’un esclavage trop librement consenti
Et aujourd’hui dans mon évasion
Je voudrais t’emmener
Je voudrais tant mener notre histoire sur d’autres sentiers
Où nos cœurs restent entiers
Je suis
Tellement désolée
D’infliger de la peine
A ceux qui tiennent à leurs chaînes
Même pour aimer
Je suis
Une lionne fière
Mais sage
Je calque ma vie
Sur mon message
Et si je souffre
Si j’ai trop mal
Je mettrai par écrit
Mon cri primal
Qui est un cri
De détresse
D’une douleur animale
C’est la colère
D’une femme
Un cri de liberté
