IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Le trésor

J’ai suivi une carte vieille de milliers d’années
Pour trouver un trésor auquel on ne croyait plus
J’ai parcouru l’espace dans un vaisseau percé
Avec ma destinée comme protection

J’ai repéré les signes cachés dans l’ordinaire
Me suis jetée dans le vide en murmurant ton nom
Ils ont voulu déchiqueter mes ailes
Je les ai recousues au fil de mes mots

Dédaignant les promesses de fortune
J’avance toujours plus loin dans l’inconnu
Préférant un soupçon de vérité pure
A des kilos d’excuse et de prétextes utiles

Livrée de moi-même aux forces de l’invisible
J’ai dû me passer longtemps de compagnie
Hormis cette présence ultime qui ne me quitte pas
J’en ai des frissons d’extase

Etudiant la magie avec le plus grand sérieux
Je fus saisie d’effroi
En constatant que l’arme était sur toutes les lèvres
Et que tout le monde s’en servait
A des fins discutables

Chaque jour leurs paroles confirment nos enfers
Anticipent la destruction de la Terre
Sauf si l’on admet que la foi sauve
C’est donc ce qui va arriver.

Fox News

Nouvelles du bout de l’horizon
La mémoire du passé se dilue dans le décor
Et notre boussole fonctionne au souvenir
Qu’on garde de l’avenir

L’océan s’étale à nos pieds comme un somptueux tapis
Qui révèle à sa surface notre intime nudité

En s’inclinant
En baissant la tête
Devant la puissance du Ciel

Nous nous sommes reconnues

Puis en levant les yeux vers la force de notre coeur
Nous noues sommes retrouvés.

Côte à côte
Unique et semblables à des milliards d’autres
Nous voici au seuil de l’éternité

La mort est définitivement le risque secondaire
Face à l’urgence de nous aimer

L’espace regorge de ton verbe lumineux
Le pardon dans nos veines comme l’ultime sérum
Sans cesse renouvelé

Pour les vérités vives, les cicatrices que l’on s’est infligé
Nous ne mourrons jamais

Mammouth

Toute de grâce vêtue
Flottant entre rêves indécis
Tu te laisses porter par le souffle
Jusqu’à scinder le chaos
Pour voir jaillir la lumière depuis nos infinis

Paré pour le duel
Tu déverses ton amour par tous les pores de ta peau
Je vis l’instant et comme il en fut décidé par les astres
Je parle trop

Notre énergie se libère à outrance
Il ne nous est pas permis de la contrôler

De mon tapis volant
On distingue à peine la bataille des effusions
Et les cadavres abandonnés dans les tranchées
Ne seront regrettés de personne
Les vivants sont à l’abri loin du livre visage

La mélodie des dunes quand se propage une image
Vient caresser l’oreille du grand océan
On dévale les cascades au bord de l’espace temps
Avant de venir habiter nos songes
En tout accomolissement.

Gare au gogo

Egarement des sens en terrain hostile
Répandre l’essence
Créer l’étincelle faire feu
Et regarder brûler tous les uniformes
Sans bouder sa satisfaction

Planer au dessus du vice comme sur un nuage
Se sortir de ses dilemnes par des tours de passe-passe
Voiler le soleil pour atténuer l’orage
Alors qu’on est déjà trempé

Défoncer des portes closes depuis toujours
Entre différentes strates de notre anatomie mentale
Pour voir avec stupeur qu’elles se referment au petit jour
Refuser de laisser l’éternité aux vampires

L’espace d’instants lucides enfin me reconnaître
Dans le reflet de ta monstrueuse beauté
Prendre peur. Résister.
Te regarder partir.

Me faufiler dans tous les courants d’air
Pour déposer des caresses sur ton coeur de terre brûlée
Attendre de ta part un geste, n’importe lequel, un soupir
Pour tout réparer.

Genèse

Création d’une nouvelle espèce
Allergique au mensonge, à l’hypocrisie, à la fausseté
Se passant de hiérarchie, de secret, de domination
Par la magie d’une légère mutation

Propagation d’un virus dans les ADN
Chevauchant toutes sortes de vibrations
S’incruste dans nos veines, semant parfois le malaise
Et voici que l’amour te transforme à ton tour

Cela dépasse de loin ta femme, ton mari, tes ami-e-s
Cela part de toi pour revenir ici
La tendresse d’une famille plus grande que ce que tu crois
Même s’il reste des murs à détruire, ici ou là

Génération spontanée d’espoir
Capacité nouvelle à embrasser le noir
L’obscurité, les ténèbres ne nous font plus peur
La nuit embrasse le jour, et nous explorons la matière

Nos cerveaux morcelés sont nos laboratoires
On y joue avec des substances et des étiquettes
Dans le but avoué d’effriter nos limites
Au feu de l’alchimie et des révoltes sociales

Infiltration de poussière d’étoiles
Dans le cosmos de ta prunelle

French Cancan

Quand ta moue contrariée se confond avec ton regard souriant
Quand ton absence se confond avec ta présence
Quand ton aura se rapproche avec la distance
Et que la glace durcit sous la chaleur

Quand cette peau qui fut mienne se défile sous mes doigts
Que la foudre indisciplinée traverse l’atmosphère
Quand ta voix recouvre la voix de toutes les voix du monde
Et qu’à force de te voir partout je t’ai fait disparaître

Quand le silence recouvre nos histoires nos blessures
Jusqu’à nous donner l’écho d’un univers vierge
Quand, prophéties mises à l’épreuve d’un temps imaginaire
On se met à douter des messages de la Terre

Quand une rencontre met le feu au chaos de nos espoirs
Et qu’on ne frappe plus qu’à une seule et unique porte
Dont la beauté nous assassine et nous console à la fois

Quand on se rend compte que ce n’est qu’un miroir
Quand on se résigne qu’on est prêt à partir
Alors surgit une sensation, un souvenir, une étincelle de la mémoire
C’est le moment
De dire au revoir pour la dernière fois.

Heureuse qui comme Ulysse

Les falaises vertigineuses au dessus du chaos
Cela fait partie du voyage
Les labyrinthes dont toutes les issues donnent sur le néant
Cela fait partie du voyage

Les précipices pointus d’où tomber chaque jour
Les relations longue durée qu’écourte le moindre vent
La solitude assassine dans une foule millénaire
Cela fait partie du voyage

Les murs qui promettent puis refusent de se fendre
Cela fait partie du voyage
Les miroirs déformants qui t’infligent leur désespoir
Cela fait partie du voyage

Cela fait partie du quotidien du chercheur de lumière
Assailli par sa peur du noir.

Les sommets éternels tout habillés de blanc
Cela fait partie du paysage
L’obscurité mystérieuse des forces célestes
Le doux coton des nuages
La fournaise d’un coeur ardent comme un piment incendiaire
Le flot apaisé du majestueux océan
Après qu’il ait avalé toute trace
De nos guerres

Et ton âme qui nage entre deux courants d’air
Ce sentiment précieux d’être uni-e à l’Univers
C’est ta nouvelle atmosphère

Tôt ou tard

Iels m’ont dit tous les totems sont morts
Et je ne les ai pas crus

Le mien
Un assemblage de plumes et de petits cailloux
Qui tient debout par miracle
Encadré par une cascade de papillons

Quand son oeil pleure
De l’eau, du sang
C’est que mon totem agit
Par millions

Quelle que soit la couleur superficielle de sa magie

Bouh

Au coeur du lotus
Siège
Le commandement éclairé de la guerre ultime
Celle qui ne se nourrit pas de colère
Et que l’on ne peut pas mener par vengeance non plus

Cette guerre
Sera perdue d’avance si l’on croit que l’ennemi
Existe
Et à chaque coup que l’on donne on garde présent à l’esprit
Que c’est un coup porté à soi-même.

Au coeur de ce lotus il est un char d’assaut
Qui ne bougera pas d’un iota avant la fin du monde
De temps à autre tourne sur lui-même
Crachant fleurs ou fumée
Mais rien ne peut altérer la pureté des mille et un pétales
Qui se déploie sur le front de l’amant·e éclairé·e

Stable comme un fétu dans la tempête
J’attendais
Dégustant comme friandises tous ces instants magiques
Remontant passionnément ce jeu de piste
Pour arriver à toi

Alors que je me fonds dans la paix et le brouillard
Je réalise
Et si tous ces signes et ces rencontres
Etaient Toi ?

E.T téléphone

Après avoir ancré mon cœur sur ta planète
Il m’a suffi de suivre le sillon
Dans lequel se mêlent
La sueur le sang les larmes
Jusqu’à nous jeter dans l’océan primordial

2017
Traversée du miroir

Pour exhumer les figures du livre de Thot

J’ai chassé le doute de ma marche cadencée
Mon existence ne fait plus question
Aux pieds du tigre blanc qui chevauche les ondes
Ton regard sourire incrusté dans ton masque
Reflet de la rencontre de nos illusions

Continuons
A les lancer les unes contre les autres
Et dansons sur les débris

J’ai vu Ta lumière à travers les voiles
Visions d’un paradis qui me travaille encore
Graines d’étoiles que je porte dans mon corps
Pour accoucher d’une lettre d’or.