IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

En nuit

Entre mes côtes vit un oiseau de nuit
Dont les yeux sont des lacs résolus
Et le sang plus lourd que l’encre noire
Répandant sa lumière tel un soleil occulte

A partir du silence de l’emprise désolée
Il parvient à extraire quelques larmes pour sa soif
Et puis d’une note à l’autre élabore une trace
Portée en dissidence à chaque nouvel envol

Cet oiseau a la clé des masques de l’effroi
Qu’il dissimule à l’aube au creux de mes racines
Laisse une piste de plumes à l’envers des nuages
Et puis déploie ses ailes pour que naisse le jour

Il lui faudra mourir éventré par l’aurore
En laissant sur ma peau quelque filtre secret
Une saveur qui danse au gré d’un verbe obscur
Inscrit en capitales dans l’air qui nous entoure

Entre toutes mes côtes vit un oiseau de nuit
Qui partage l’espace d’un papillon diurne

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Assorti-e-s

Une pensée matinale pour les attraits de l’ombre
Quand j’inaugure le jour par quelques pas de danse
J’ai pour la douleur de sombres reconnaissances
Et caresse l’idée d’une souffrance libérée

Un sourire mortifié sur ma face sereine
Souvenir trouble du limon agité
Une place ajustée sur le lit de Procuste
Le triomphe angulaire d’un mensonge éhonté

Quand je souris au ciel de toute ma gratitude
J’éprouve pour mes enfers une tendre ambiguïté
Tortures qui semblent issues de notre imaginaire
Et plus j’y résistais plus j’y ai adhéré

Je sais d’où je viens quand je suis arrivé-e
Quand le haut et le bas ne font plus aucun sens
Pour la petite fiancée de la démence
L’oubli reste la principale mesure de sûreté

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