IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Humour

Si c’est enfoui
Cela ne veut pas dire que c’est moins fort
Je voudrais hurler mais je murmure car
Ma voix est fatiguée de traverser les murs et j’en ai marre

De ces propos racistes que l’on taxe de maladresses
De l’ignorance érigée en excuse peu importe la détresse que l’on cause
Plutôt la fuite que se remettre en cause
Et si le mot pute est la première insulte qui te vient à la bouche
Quand la vie t’exaspère, sache
Que l’oppression se perpétue à travers ces mots qui tuent
Des expressions banales, au sens on ne peut plus sale
Humiliant la femme ou l’homme qui n’est pas assez viril
La violence est la valeur étalon du mâle
La preuve c’est qu’il détruit ce qui échappe à son contrôle
Et pour être conformes, acceptables
Pour échapper à la critique ou à la solitude
Les femmes s’infligent toutes sortes de tortures
Dont elles ne sortiront pas intègres
Et ça ne suffit pas

Si c’est discret
Cela ne veut pas dire que c’est moins grave
Je voudrais me défendre mais je laisse couler car
Mon cœur est fatigué de traquer l’impalpable
Personne n’est coupable

Des crimes sans auteurs, des victimes sans témoins
Des rires à peine gênés, ce n’est qu’une blague, sois pas coincée
Et l’humour suffirait pour tout accepter
Sexistes, racistes, de grands artistes incompris?
Liberté d’expression, la grande excuse de notre ère
Pour écraser les plus faibles, piétiner les valeurs
En faisant le jeu de ceux qui ont le pouvoir

Si c’est courant
Cela ne veut pas dire que c’est anodin
De la part d’une salope de négresse dont la parole est invisible
La lucidité terrible
Et la colère invincible.

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Si j’avais une autre vie

Si j’avais une autre vie, je commencerais par apprendre le NON salvateur pour que mon OUI ait la valeur de l’acceptation plénière et de la jouissance du recevoir

Si j’avais une autre vie, j’enverrais promener tous les penseurs pour sentir dans ma chair les aspérités de la sagesse éphémère et concrète

Si j’avais une autre vie, je ne serais soumise qu’à mes désirs au mépris des règles arbitrairement posées par les élites dominantes

Si j’avais une autre vie, je ferais en sorte que ce soit la dernière

Si j’avais une autre vie, je la passerais à écrire mes doutes et mes fureurs jusqu’à ce que la vérité explose au visage des aveugles volontaires et que le monde en soit tourneboulé

Si j’avais une autre vie

Mais je n’ai qu’une vie et elle est déjà bien abîmée. Il me reste peut-être une heure peut-être un jour ou bien cent ans

Mais je n’ai plus le temps

Je n’ai plus le temps de récupérer ma dignité noyées dans les égouts des préjugés et concepts liberticides
Mon esprit enferré par une éducation orientée vers la soumission à l’ordre patriarcal
Ma honte qui se cache à elle-même
Je n’ai plus le temps que d’enterrer les sédiments de ma colère
Pour qu’un chercheur acharné puisse en extraire le sens obscur
Et peut-être en saisir une étincelle pour allumer à son insu
Une autre vie

étincelle du coeur 1