IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Muette

La voix
Trouée par ton silence
Les fuites engagées dans l’absence
La main guidée par le non-sens
J’espère
Un signe
Qu’un oiseau se pose sur ma plume
Tandis que plongent en amertume
Mes mots saturés d’écume
J’attends
J’attends j’attends que le vent tourne
Mais c’est la même ritournelle
Le poids du passé sur mes ailes
Me conditionne et m’ensorcelle
Et quand mes larmes se souviennent
D’avoir été versées mille fois
Il arrive que je les retienne
Que je les écrase d’un doigt
Pour toi
Pour toi j’aurais rempli sans rancune
Des océans de pierre de lune
Pour me noyer dans le soleil
J’aurais écouté les conseils
Des diseurs de bonne aventure
J’aurais prêté ma signature
A des histoires sans pareil
Et dans un quart de sommeil
J’aurais renié mon écriture
Qui fut colère, qui fut violence
Qui fut sa propre caricature
Qui fut un envol, une danse
Pour atterrir entre tes bras
Mais ce réel n’est pas pour moi
Pour toi
Dont j’ai adopté la folie
J’ai replongé en alcool
J’en ai perdu mon auréole
Sans décoller de Mélancolie
Sur cette planète avilie
On avait installé nos lits
Ma foi
Diluée dans ta tragique absence
L’espoir sans cesse en transhumance
La solitude a ce goût rance
Des lendemains de nos ébats
Et si tu devais partir
Non…
Si tu devais partir
J’inventerais pour te retenir
Que je n’ai pas besoin de toi
Je prendrais mon carnet, mes soupirs
Les restes de mon cœur en charpie
Pour faire une chanson que tu n’entendras pas
Sauf si sur ta planète
Tu penses encore à moi

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Vogue vague

Vogue vague sur les remous du passé qui me narguent
L’avenir est une blague
On est tous à courir après notre épilogue
Tandis que le présent s’élague
Je rame sur un océan de rimes en pédagogue
Complice de tristes idéologues
De peur que mes idéaux ne me larguent
Le cœur à l’abri dans sa bogue
L’espoir condensé dans une bague
Je m’accroche aux bords de la pirogue
M’injectant de l’amour en guise de drogue
Pour conjurer les malheurs du catalogue
Où s’accumulent les chocs encaissés sans airbag
Vogue vague
Ce monde est un goulag
Où le désir te drague
Où tes problèmes reviennent comme un running gag
Fruits de ton subconscient
Qu’il te faudra trancher à la dague
Avec ses morceaux construire une digue
Ou bien ramer à en devenir dingue
Espérant vaguement le secours d’un flingue
Pour suicider la mort qui se pointe à toute berzingue
Pour l’esquiver tu feras des zig-zags
Alors vogue vague un mot d’espoir sur ta langue
Vaque pendant que le présent te déglingue
L’avenir est une blague

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