IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Déraison

Nulle raison de t’en vouloir
Il n’y a que folie d’avoir voulu croire
Que dans l’ombre de tes phrases j’irais me reposer 

Nulle raison n’est venue pervertir mon âme quand je t’ai suivi
Nulle raison n’apaise encore mon cœur aujourd’hui 

Et ce sont tes paroles qui viennent écorcher le soyeux velours
Dont j’avais enveloppé notre a. 

velours miracle bleu marine 520 - Mail

Ne pas chercher

Ne pas chercher
Ne pas chercher le mot qui frappe
Le mot qui tue
Ni la rime qui caresse
Ne pas chercher
Écrire à tout prix
Pour se désaltérer
Posée dans une oasis
Entourée de souvenirs qui affleurent
Ne pas regretter l’innocence
Que l’on a jamais connue
Mais savourer la conscience de toute chose
Le parfum d’une rose
Et même
Une bouffée de cigarette ce poison

Des volutes d’encens
Inspiration volatile
Cœur fébrile
Des mots qui s’enchaînent
Pour des phrases qui libèrent
Un soupçon de cannabis dans l’atmosphère
Je n’y aurai pas droit
Mon cerveau ravagé
Est déjà passé par là
Je connais
Ces chemins artificiels
De substances plus ou moins naturelles
Vers l’unité bien réelle

L’harmonie que mon cerveau synthétise
A partir d’une molécule légale
Est-elle plus ou moins concrète ?
Le mieux
C’est de ne pas se poser la question
Quand on a vécu en état d’urgence
La moindre parcelle de paix se savoure
Comme une friandise inespérée

Je n’ai pas fini d’être révoltée
Mais je n’irai plus errer dans les limbes

Sans la transe
Mon bic a perdu en puissance
Mais la force de mon écriture noire
Se nourrit encore d’espoir

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Ne me dis pas

Ne me dis pas ce qui t’est arrivé
Je ne veux pas savoir
Les mains sur tes poignets
Les doigts autour de ta gorge et
Ta tête contre l’évier
Je ne veux rien savoir

Ne me dis pas combien tu l’as aimé
Ce monstre
Tu as beau le traiter d’enfoiré
Ta voix tremble lorsque tu dis son nom
Est-ce encore de crainte ? Ne me dis pas

Ne me dis rien, tais-toi
Je ne veux pas imaginer
L’enfer au quotidien
Le cauchemar éveillé
Je sais qu’il t’a marquée
Pour plus longtemps que l’éternité

Alors ne me dis pas ce qui t’est arrivé
Les rapports forcés
Le sang qui a giclé
Je veux garder ma tranquillité
Je veux te regarder avec sérénité
Qui aime les poupées cassées ?

Alors je t’en prie pour nous préserver
Garde ton secret

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Merci

Merci pour
Les émotions pures
Pour que le souvenir dure
Le passé se murmure
Écrire du fond de l’enfer
Revenir pour se taire
Fière
Et laisser sa dignité choir
Son cœur
Virer au noir
Prier pour la gloire
Et puis ne plus y croire
Il va pourtant falloir
Un soupçon d’espoir
Et puis se battre encore
Plus fort
Pour un rien, une semence
Un reste de démence
Zeste d’incohérence
Un geste, une danse
Une errance
Une musique de fous
Et puis c’est tout

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Voyageur

Malgré la lassitude
Je me force à écrire
Comme le voyageur à bout de forces dans le désert
Je vois un poème comme une oasis
Nos larmes se diluent à la source du verbe
Je sens monter la puissance
A mesure que mon âme se dilate
Je prends appui sur son évanescence
Puissent mes paroles se voir pousser des ailes
De sorte qu’elles vous emmènent là où la vie est belle
Et la douleur un souvenir
Je ne veux pas mourir sans avoir donné ma sève
Sans avoir vécu mes rêves

En dépit des pleurs qui ont coulé
Je suis sérénité
Tel le voyageur à bout de forces dans le désert
Je crois à ce mirage
Qu’il soit illusion ou bien salut cela n’a aucune importance
Je crois en mes images le reste n’a aucun sens
Puisqu’on est voués à s’égarer dans des dédales de miroirs
Où notre ego cent fois blessé nous incite à la censure
Et la crainte de souffrir devient notre pire ennemi
Je viens briser tous ces reflets
Munie d’une intention pure
Pour qu’on ait plus peur les uns des autres
Pour propager l’amour dont nous sommes les apôtres

Tel le voyageur à bout de forces j’étais à terre
Et je me suis relevée quand je l’ai vu
Et si je marche et si j’ai encore la force d’avancer
C’est que ce rêve
J’y ai cru

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Guérie

J’ai été malade de bonheur, mais je suis guérie. Je n’ai pas de mots pour traduire la joie. Je la vis sans paroles, sans discours, sans bruit… Ma gratitude est intérieure. Ma liesse était une explosion, désormais c’est un murmure. Je suis guérie. Mon allégresse était une chanson, maintenant c’est une caresse. Je suis guérie. Il me faudrait changer d’encre, celle qui coule dans mes veines est d’un noir profond. Je connais le bleu qui fait miroiter le ciel, mais j’ai tellement préféré me cogner aux montagnes, en planant… Je suis guérie. Je cueille les pâquerettes et ça me suffit.

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Parade

Lèvres inscrites sur visage de feu
Fente allongée par où l’éther ondule
Œil affronté au milieu du lent cyclone du jour
Je vous entends
Radicalement pesés par le très haut
Comme attributs de la nouvelle justice
Terrestre
Goûtons la fièvre froide du poète anesthésié
Admirons la parade

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Secret

La recherche de l’instant
Tranquille et tendre
Où les couleurs s’étalent en toute latitude
Dans le bruissement du silence accompli
Où, peut-être, se glisse quelque secret d’extase

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La réponse

Au bout d’un sentier de ronces
La réponse t’attend
A la fin des épreuves
La réponse t’attend
Dans un recoin de ton rêve
La réponse t’attend
Dans les pages de ton livre
La réponse t’attend
Sous les sabots d’un cheval
La réponse t’attend
Au terme de ta prière
La réponse t’attend
Dans le chant des ancêtres
La réponse t’attend
Soufflant dans le vent
La réponse t’attend
Sur ton lit de mort
La réponse t’attend
Dans les yeux de l’aimé-e
La réponse t’attend

Mais quelle est la question ?

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La petite boîte bleue

La petite boîte bleue où j’avais planqué mes rêves
A une odeur de moisi
Ce sont les corps des refoulés sur les côtes atlantiques
Où le ressac souffle l’écume de nos vies
C’est la décomposition des voyages en exils
Le fumet putride de nos indifférences alanguies sur le lit de nos vices
C’est cela qui a pourri mes rêves
 
Dans les transports souterrains
Je ne fais plus la différence entre la nuit et le jour
Il ne faut pas dormir. Au premier affaiblissement de ta vigilance
Ils sont déjà sur toi, garants de la bonne conscience,
Griffons de la morale économique
Aigris de toutes les croyances.
Ils te jugeront coupable
puis tireront profit de tes atermoiements
Et spéculeront sur ton agonie…
 
Surtout ne pas laisser pénétrer leur discours aux relents d’impuissance
Plutôt crever les tympans des sourds en chantant partout notre déshérence
Fût-ce en un cri d’agonie
 
Voilà ce que la petite boîte bleue me souffle
 
J’ai bien grandi

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