Mon arbre
by ÎstÎna 𓆸
Tu ne devais pas savoir en me donnant ce thème que j’ai un arbre, un arbre que j’ai élu, au bord de la Loire il y a quelques années. Je ne sais pas ce que c’est comme arbre, il a un tronc et des feuilles et des racines au sein desquelles je pouvais me loger. Je crois, j’ai l’impression d’y avoir grimpé mais… C’est flou, comme tous les souvenirs de cette époque. Il me semble bien pourtant avoir contemplé depuis une certaine hauteur le scintillement des pierres semi-précieuses que j’avais jetées dans le fleuve. Oui mon arbre fut le témoin de bien des égarements…
J’ai rencontré mon arbre lors d’une promenade solitaire. Je ne supportais guère que la nature et ses émissaires. Je trouvais refuge à son pied, tout au bord de l’eau… Et j’observais les oiseaux, les insectes vivre si libres que je les enviais. Ils n’avaient pas besoin d’amour eux. Ils n’avaient pas besoin de l’amour qui me détruisait.
Mon arbre est majestueux, il me prêtait sa force lorsque je m’appuyait contre son tronc. Mon arbre me manque parfois. Ou bien est-ce le souvenir des sentiments violents qui m’agitaient, et qui se reposaient seulement quand je rejoignaient mon arbre? Vivre en bord de Loire était un privilège. C’était trop bien pour moi, à croire que je m’étais trompée de vie. Cela ne pouvait pas durer. Mais mon arbre, lui, je l’ai mérité. Je l’ai caressé, écouté, je lui ai parlé… Peut-être m’a t-il sauvée. Car je retrouvais un semblant de raison lorsque je m’abritais sous son feuillage. Un zeste d’harmonie. Une accalmie dans la tempête de mes pensées. C’est cela la folie ? Je veux dire, c’est la tempête? Ou bien d’avoir un arbre, ou de se croire aimé?

Encore un point commun alors… les arbres…
J’aime beaucoup ce texte. Il est question de refuge, de point de repère, presque d’une … “amitié”. La nature est une bien belle alliée quand on se détourne un moment des hommes. Une bien belle alliée aussi, quand on l’aime, tout simplement, pour ce qu’elle est !
J’ai hésité à publier ce texte… que tu sembles avoir compris. Je me demande à présent, si on peut se tourner à nouveau vers les humains quand on a été marqué par une telle “amitié”? La réponse se trouve peut-être dans la distance…