IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Un chant

Cette fois me voilà seule
Je contemple égarée les morceaux de ma vie en pièces
Je n’ai plus d’autre choix que de donner vie à ma poésie

Je suis passée de l’autre côté du mur des interdits
Par soif de connaissance je viens de sacrifier
Les plus beaux rêves que j’aie jamais construit
J’ai pourtant le sentiment que je n’avais pas d’autre choix
J’ai encore dans les larmes comme des éclats de foi
Pour une mystique sans Dieu

Parce que ma vie est peu de choses
Je n’aurai pas tout perdu si l’expérience échoue
Car même dans un palais doré couchée sur un lit de roses
J’aurais rêvé d’ailleurs
J’aurais poussé la logique à bout pour démasquer les tabous

S’élancer du sommet de la falaise avec pour seule protection la conviction que des ailes me pousseront
Aujourd’hui mon cœur est de pierre tendre
Je caresse les contours de la solitude
Pour tenter d’en saisir l’amplitude
Évaluer le prix à payer pour prendre de l’altitude

Voilà. Je viens de tout donner
A une amante dont le visage reste à jamais caché
Et que l’on appelle parfois liberté
Son chant transperce toutes les âmes sans frontières

Parfois en l’un de nous elle se plaît, se plante et nous possède

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Tiède

Toi dis-moi quelle angoisse il me reste
Après avoir vaincu la peste
De quelle boue vais-je tirer la fleur de lotus
Quelle magie laissera sa trace
Il n’y a plus d’espoir
Les plaines arides ont laissé place
A un océan sans rêves

Dis-moi que faire d’un volcan tiède
Là où le diable de son haleine fétide
Fertilisait mes prières
Pour en faire des poèmes brûlants
Du bleu de l’amour
Et le Phoenix y a laissé ses plumes
Il ne vole plus au firmament
Avec son squelette j’écris
Tranquillement ce que sera demain

Dis-moi quelles larmes, quels gestes
Arracheront le ciel alors que la faim n’est plus
Les cafards rampent indifférents aux radiations nucléaires
Et je n’ai que de l’eau claire
Pour abreuver les muses qui ont soif d’ambroisie
Faudra-t-il un nouveau séisme
Pour que le cœur reprenne sa danse
Et le corps sa transe nubile
Dis-moi

Mais il est vrai que je me consume encore
Dans les couloirs de l’illicite
Et que je m’en félicite
Ai-je tort
Des sens la paralysie
D’essence le parallèle
L’explosion se fait attendre
Sans malice

J’étais un mythe, un prophète mort-né
Et je suis
A peine une poétesse sans ivresse
Revenue d’un nuage de promesses
Atterrissage sans parachute
Original

Tais-toi
Ne me dis pas par quelle fêlure
S’écoulera l’encre noire
Mon monde s’écroule encore
Sans bruit
Dans la fumée de nos esprits
Je fuis

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