IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Etreinte

Une parcelle de présent dans l’étreinte
Des faux-fuyants dans le regard
La folie a filé en douce
Existe-t-il vraiment ce chemin de signes
Pour me guider vers son trésor ?

J’ai tout confié au hasard
Mes doutes, ma foi, mes amours
Et jusqu’à mon bon vouloir
Dans un entrelacs de sens
Dont le spectacle reste interdit

Y a-t-il encore des routes droites
Pour mener mes paroles en lieu sûr
Tout en quittant la terre ferme ?

Je m’étais construit des ailes qui m’ont ligotée
Telle un bigot dans son temple intérieur
J’avais oublié d’avoir peur
Me voilà rattrapée par mes rêves
Je croyais m’être enfuie assez loin
Là où la conscience ne projette plus que des ombres de soie

Je pensais être née mais j’étais chrysalide
Je voulais faire de l’art, ce n’était que ratures
Sur un ego de papier

Persiste-t-il une voie dans le vague
Comme un nuage dans la brume
Où je pourrai me percher pour écouter la Terre
Restée sourde à mes prières ?

Un soupçon de nostalgie dans l’âme
Reste de vanité dans l’agonie
Les jours se lèvent à toute allure
Tandis que l’on chérit la nuit

Adopter une étoile pour la faire frémir
En invoquant des noms maudits
Pour que la destinée rende son verdict

Si l’encre était mise au enchères
Qui serait prêt à payer le prix ?

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À flots

Qui ignore encore que nous sommes des milliers
À respirer au rythme d’aspirations nouvelles
À remettre en question le culte du capital
Qui ne sait pas que nous sommes des millions
À subir avec rage leurs règles et leurs usages
À prédire le pire si malgré tout rien ne change
À piétiner en avoir marre
Qui refuse de voir que nous sommes des milliards
À payer de notre sang à subir la terreur
Pour ma part j’ai détruit ma carte d’adhésion
À leurs valeurs
À cette pensée unique qui pèse de tout son poids
Sur nos vies fatiguées
Sur nos âmes éreintées
Pour avoir dû se battre à peine le chemin commencé

Que coulent les flots d’encre
Pour dévier le courant des temps qui courent

ÎstÎna 𓆃

Esquisse

Esquisse de danse sur un sol saturé d’idéaux
Nue comme neige de décembre au petit matin
Combat silencieux contre le vent poisseux des certitudes
Étrangère à mon corps je glisse sur une piste d’étoiles désincarnées
Frêle comme l’oiseau
Se foutant du sens commun à nos corps emmêlés
Je m’attache au détail de ton Å“il cosmique apprivoisé
Renonce à prendre le pouls de nos contradictions intimes
Pour apprendre en silence à tout laisser tomber

Échappés de l’infime tension qui règne entre des corps mortels
Le souffle guidé vers l’autre par le hasard des ondes
Je trouverai refuge sur ton torse imbibé de tendresse
Tu seras tué par mes insignes maladresses
Pris au piège de mon excessive désolation
Au faîte de la montagne de l’amertume
Observons le soleil avant de se jeter
Fluide anticipation d’un monde captivé
Autrefois captif de prières
Toujours à la merci de couleurs érodées

Vertige de mots identiques et nouveaux
Pauvre luminescence
Ivresse et dépendance avouable à demi-mot
Sur ma peau en demi-teinte
J’ai dessiné des signes invisibles kabbalistiques
Faisant fi de toute loi
Pour qu’à la fin de la miraculeuse malédiction moléculaire
Je fasse richesse de toi
Encre de mes émois

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Il m’arrive

Horreur discrète du quotidien
J’essuie le sel sur mes cils
J’ai placé mes espoirs sur un autre territoire
Juché mes rêves si haut que j’en garde des cicatrices
Que ton poème caresse autant qu’il les ravive
Prise en otage entre cette soif insatiable de tendresse
Et mes ailes qui m’arrachent à la terre
Chaque fois que je voudrais y puiser de la force

Mes racines
Sont mêlées si profond aux chaînes de la souffrance
Je m’arrache me décolle et le trou dans le sol
Révèle ma folie
Le désir m’interroge
Mue par un pathétique besoin d’amour
Je résiste à conclure le pacte
Qui pourrait m’assurer la tranquillité
Sacrifice pour une forme de liberté qui peut-être
N’est même pas à ma portée

Pourtant
Il m’arrive de voler
Quelques instants de paix
Entre deux batailles décisives qui me laissent à chaque fois
Épuisée victorieuse
Il m’arrive de chanter
Il m’arrive de danser
Sur les ruines de mon passé
Comme d’en avoir assez
De trébucher sur les pierres de ces sentiers nouveaux
Déjà usés par des milliers de pas

Il m’arrive de trouver
Au détour d’un couloir sombre
Quelque lumière dans la pénombre
Sous les traits d’une personne qui semble pour une fois
Comprendre les secrets dont je ne parle pas
Répondre aux envies que je murmure
Et malgré l’épaisseur de nos murs
Entendre la silencieuse prière de mon corps

Il m’arrive de planer
D’embrasser de mon humble cÅ“ur l’immensité
Des hommes
Et des femmes
Et des autres
De transmettre la voix de ceux dont on ne parle pas
A travers des phrases que tous ne comprennent pas

Ma vie si peu de choses
Mon cœur implose
Unité retrouvée
Depuis le temps que je me sentais
Séparée

Il m’arrive de déglutir l’amertume de la lucidité
Comme du poison
De maudire ou presque ma soif de vérité
Cet idéal cette chimère
Qu’ils ont choisie pour être mon nom
M’ont-ils damnée ?
Suis-je condamnée à errer
D’un bout à l’autre des diverses réalités
Sans pouvoir me poser ?

Pour elle j’ai volontiers vendu mon âme
J’y ai gagné en substance
Une raison de vivre
Un prétexte pour mourir
M’enfuir en pensée de l’existence
Sordide et vide d’essence
Qu’on est censé vouloir mener

Il m’arrive d’être assez acide
Pour savoir qu’elle n’est qu’une illusion
Ma vérité
Mais si je ne fais que passer
Pourquoi tant d’intensité dans mes sensations
La liesse comme la détresse
Si nous sommes tous de ce même sang qui sue et souffre en silence
Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’explosions ?

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Fébrile

Fébrile au bord du chaos versé dans la coupe du silence glacé
J’attends
 
Je suis prête à tous les bonheurs
L’hystérie collective a laissé place au doute blanc
L’incrédulité est de mise

A contre-courant du temps qui passe
De l’atmosphère ambiante
Du dédain frauduleux
Je suis prête pour un jour plus brillant
Un rire éclatant brisera le ciel
 
Il n’est pas plus heureux dans son hôtel particulier
Que moi dans ma misère amoureuse
 
J’écris pour exécrer l’instant qui file
La perfection qui m’échappera toujours
 
J’entends des bizarreries qui m’affligent
 
Serais-je l’enfant de l’intolérance
Et de la superstition aveugle ?

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Vandales

De notre doute exquis entachons la mémoire
L’attente n’est jamais qu’un espace qui renonce
Et l’âge une formalité de jouvence
Où trône l’Un-certain nous irons nous asseoir

De l’écueil du temple extirpons les grimoires
Vains amoncellements de semonces ramassées
Legs de furies et de quêtes sans issue
Pour gribouiller les pages en trépidant d’espoir

Au feu les insipides, les mornes écritoires
Qui d’un honneur factice légitiment la tristesse
Relatons, gorge haute, l’amour et ses prouesses
Il auront beau jeu de dire
Vandales !

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Aveu

L’arrogance et son cortège de malheurs
M’ont menée jusqu’ici
Des racines sur la tête
Le dos tourné au ciel
J’écris
La face obscure du soleil

La fatigue ne m’atteint pas
La faim guidait mes pas
Dorénavant
Je marque un croissant désintérêt pour l’amour
Je guérirai sûrement
Aussi vrai que la douleur soigne

Quelque part en route
J’ai menti

Il est des poignants aveux
Qui passent presque inaperçus
« Je t’aime » en fait partie

Tête_de_Bouddha_dans_les_racines,_Ayutthaya

Des coups

Dans chaque coup porté
Il y a une caresse ratée
Prodiguée par un cœur percé
Dans l’ignorance
On se tient à l’abri de nos errances
Par flemme de modifier sa conscience
On a beau jeu de fuir
De fumer et de boire
Pour déguiser notre peur du noir
En chacun de nous il y a cette part obscure
Tôt ou tard on a beau faire
Il nous faut affronter notre propre pouvoir

Cedric-Porchez-Caresse-54059

Dans ma mémoire

Dans ma mémoire
L’amour est ce liquide brûlant
Cette lave incandescente
Qui t’arrache à tes certitudes
Rend le confort méprisable
Et le luxe désuet

Dans ma mémoire
Il s’agit d’un trouble enviable
Comme un virus souverain
Qui te fait trembler comme un arbre sans racines
Et pourtant ancré au plus profond
Là où le désir pousse et se renouvelle

Il n’y a rien de plus terrifiant et de plus sacré
Que cet élan vers le corps de l’autre
Qui rend toute révolution possible
Et la tiédeur infecte

J’aimerais perdre la mémoire
Pour me donner une chance
D’imprimer à mon cœur un rythme tranquille
D’abreuver mon âme avec le nectar des dieux
Un sentiment nouveau et pourtant ancestral

Ah si l’amour était un oiseau
J’en détruirais des cages…

livre-envol

Dans l’autre monde

Dans l’autre monde
La couleur passée des sentiments résignés dès leur naissance
Ces amours qui vivent le temps d’un vent fou
Puis passent leur existence en convalescence
A ne plus trembler sur un sourire
Ni vibrer sur une parole

Le bleu uniforme des carcans horaires
Donne à notre enfer la régularité d’un train vers l’éternel quotidien

Ils disent
Qu’après le premier regard qui embrase
Les émotions qui fusent dans un ciel étoilé
Le cœur qui implose
Et nos rêves mis en orbite comme par une fusée

Ils disent
Qu’une fois passée leur délivrance
L’habitude érode les sens
Que la magie trépasse que c’est une évidence

Ils disent que ça se remplace
Par une sorte de tendresse
Qui console notre chair de sa déchéance au rang de corps habituel
Que les plus coquines de nos hormones libertines
Finissent par tempérer leur incandescence
Que ce serait sagesse de l’accepter

Moi qui croyait qu’un cÅ“ur épris méprisait le bon sens

A ce qu’ils disent les premiers matins ne durent qu’un temps

coeur