IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Je me souviens

Je me souviens
Du silence
Avant que mon ego ne vienne souiller la page blanche des conceptions de mon imaginaire
Il y avait le silence
L’espace de tous les possibles
J’y voyais
Des histoires d’amour et tous leurs adieux qui n’en finissent pas
J’entendais
Le son de ta voix
Frémir d’un appel dont je ne reviens pas
Alors que j’empruntais cette route dénuée de souvenirs
Je me souviens de ma candeur virginale
Je me souviens que le parcours était semé d’embûches
Et que je n’en ratais aucune
Je me souviens que j’avais le sens de l’humour
Mais surtout

Je me souviens
Du silence
Lorsque je criais à l’aide
Étais-je muette ou entourée de sourds
Je me souviens que je ne croyais qu’en l’amour
Et que j’ai tout donné pour ça
Je me souviens
Du silence
Avant de mourir
Ou de renaître
Tout en clamant des chants de bataille
Le jour c’était la lutte et la nuit la guerre
Je me souviens du silence
De l’extase
Lorsqu’avec la mort et le cosmos réunis
Je dansais sans mon corps
Et je chantais de la voix de l’univers
Je me souviens
En silence
Du temps où je savais me souvenir

univers mystique bis

En attendant

En attendant le prochain espace
A l’affût du dernier prodige
L’ego flatté par le crépuscule
L’antenne vibre
J’avais de dangereuses convictions
Propres à attirer sur moi l’attention
Je ne suis plus que cette antenne
Extrémité d’un organisme vivant
Au-delà de mon corps physique
Voilà la nouvelle rhétorique
Pléthore magnétique
Être fort sans efforts
Pour avoir déjà souffert
Déjà offert
Déjà donné
Déjà tout donné
Au cÅ“ur et à l’âme

Adelidae

Prélude

J’écris pour un amour dont les préludes ont balayé mes certitudes
Élucider nos silences sans éluder leur importance
Disséquer le nÅ“ud de l’absence
L’examiner dans tous les sens
Jusqu’à son terme
De ta présence être enfin pleine
J’écris le souvenir d’instants si puissants que je m’en remets à peine
J’écris pour que tu saches que tes soupirs
M’arrachent encore des lambeaux de mon être ancien
Ode à la mémoire d’un présent constamment renouvelé
Témoignage tout droit venu d’un futur qu’il nous reste à inventer
J’écris l’impact de tes yeux dans les miens
L’onde de choc qui se propage dans ma terre intérieure
Pour qu’émerge un continent vierge des ravages de la peur
Le cœur en exergue
Je crie en toutes lettres ce secret
Qui dans le creux de nos lèvres s’est inscrit
Avec l’exactitude des vérités
Qui ont subi l’épreuve de la vie

baiser

Evidemment

Évidemment tu vas finir par te pardonner à toi-même ce que tu t’es fait
Toutes ces perles tranchées
Ces bulles coupantes
Sphères décapitées pour n’avoir pas su dire merde
Non
Ou au revoir
Seuls des au secours muets ont émigré de ma gorge
Vers les cieux
Sans défense
Restés là comme pour me trahir
Par avance
Évidemment tu vas finir par te pardonner à toi-même
Tout ce laid
Cet héritage
On finira par faire silence sur
Les obscurs
Les aubes endurcies
Les soirs apprêtés
Les sourires affûtés
Les
On finira par le taire le mot vilain
On finira par émettre un sourire franc
Le matin
Comme avant la cavalcade des âmes
Pleines de bleus
De trous et de bosses désormais
On finira par réparer
Le tissu éthérique
A force de pratiques ésotériques
Mais après
Il te manque la recette
Pour combler tous les trous du chemin
Pour que plus personne ne tombe enfin
La honte a recouvert nos gestes
D’un voile épais
Ces gestes ont été commis d’office
Dans une intention pure
Je le sais
A nous de transformer
Par la grâce du ciel
Cette grève des yeux
Qui ne veulent plus voir l’invisible
En protectorat condamné
Défense infantile
Pour souvenir excisé

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Et l’amour

J’ai mis le feu à mes mémoires
C’était mon grand soir
Comme si, phœnix au cœur tendre
Mes mots allaient renaître d’un tas de cendres
Et à travers mes mots, mon image
Et à travers mon image, mon âme
Et l’amour en dernier recours

J’ai effacé toutes mes empreintes
Comme si le voyageur égaré
Ne pouvait que se perdre davantage en suivant mes pas
Et à travers mes pas, ma route
Et à travers ma route, mon destin
Et l’amour… L’amour ?

J’ai voulu disparaître
Sans mettre fin à mes jours
M’anéantir pour mieux renaître
Et à travers la mort, une vie
Et à travers la vie, un jour
Et à travers le jour, une seconde
Et l’amour ne veut plus dire toujours

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Roses pourpres

J’ai stocké dans ma plume
Tant de thèmes à faire mal
De vérités qui saoulent
Les hommes qui font les sourds
Des histoires de fesses
Que les machos trouvent dégueulasses
Un vécu de négresse
À faire rougir vos visages pâles 

D’une main empreinte
De maladresse
J’astique les étoiles
Ma seule richesse 

Sur la face du monde
Où les larmes coulent toujours
J’inscris mon vécu pour preuve
De la force de l’amour

En expirant de mon dernier souffle 

Des prières informulables s’accumulent
A l’orée de mes lèvres maculées de colères
Odes à la beauté du diable

J’articule ma peine en sanglantes semailles
Pour qu’explosent les roses pourpres

Rose-pourpre-et-blanche

Sur le fil

J’aurais aimé vous lire l’histoire écrite sur le fil de ma vie
Et je m’aperçois qu’il existe encore des mots interdits
Mon mental en vain se révolte contre ça
Tandis que mon stylo tremble des maux qu’il n’écrit pas
J’aurais aimé vous dire que je ne suis pas qu’une enfant
Et que si je suis si familière avec le goût du sang
Ce n’est pas pour avoir trop exercé mon imagination dans les romans
Imaginer c’est ce que je fis pour survivre
Imaginer qu’il est un monde où ceux que j’aime peuvent me suivre
De cette illusion je revins plus seule encore
On est pas deux sur terre à vivre dans le même décor
Ce refuge où je me sentais pure, j’en ai perdu les clés
Les ai cherchées un temps dans des regards avides
Mais le désir n’est qu’une imposture
Je me suis laissée berner
Alors je tente de reconstruire par la plume le reflet de mon intégrité
Mais ce reflet sans les larmes, sans les mille morts que j’ai traversées
Sans le sperme et sans la haine que quelque part j’aurais voulu garder
Ce miroir est mensonger
Et sans la paix, sans la lumière, sans l’amour que j’ai à donner
Sans l’extase, sans la prière
Ce miroir est incomplet
Alors, dites-moi vous qui maniez le stylo comme l’épée
Dites-moi comment fendre ces contraires pour les réconcilier
S’il vous plaît

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Sybilline

Le Soleil aveuglé par ton austère beauté s’est vengé. La lune écarlate et ma cape touareg, on a ri. Ta gueule était rouge, mes bras bleu de lys. Une saison déflorée, automne, comptine d’un temps tout neuf, tout sec et rage. Un mage passe. Du sel dessine son visage. Des sillons de nuages sur une triste évangile, incomplète. Un ange fracasse. Nous sommes déjà venus sur cette planète guerrière, et nous la quitterons avec ton nom dans la besace. Oui Ton nom.
 
Qu’un baiser nous égare, et c’est la forêt qui nous dévore. Instincts en haute-définition. Défi. A la terre. La soif me tient en éveil, le vent disperse mes douleurs. Notre type Est.

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Horreur boréale

Je suis une peste imaginaire
Qui a pris corps à force de croyances
Je suis une plaie purulente ouverte sur les entrailles d’une galaxie neuve

Je suis la maladresse d’un dieu déchu
Le témoignage d’un repenti
Un scaphandre

J’ai pleuré à pierre fendre
Et elle s’est fendue
de rire

Je suis une horreur boréale
La persistance du ciel à rester beau ! Beau !
Quand il aurait dû devant toutes ces malheurs
Se couvrir de honte le visage

Et cet avion en ligne de mire
Qui me promet et mort et gloire
J’aurais voulu qu’il reste une métaphore

Mais aucun de mes écrits
n’a jamais eu la bonté de rester couché sur la page

Aucun

aurore boréale

Chambre d’enfant

Dans sa chambre
Entre les murs qui auraient dû entendre fuser les rires
Le silence éclate
À en faire péter les vitres
C’est un enfant qui se tait
C’est un corps qui s’éteint
Entre les mains qui auraient dû l’aider à grandir
C’est un cÅ“ur qui étreint l’horreur indicible
De l’innocence prise pour cible

enfant triste