IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Ma couleur préférée

Ma couleur préférée
C’est la couleur de la colère lorsqu’elle se couche
C’est une nuance un peu louche
Un peu chienne un peu louve
Ma couleur préférée
C’est la couleur des baisers de mon cher et tendre
Celle du ciel quand il gèle à pierre fendre
Celle des esprits que la nuit engendre
Ma couleur préférée
C’est la couleur du temps d’avant
Une couleur portée par le vent
Qui est mate dehors mais brillante dedans
Ma couleur préférée
C’est celle qui tombe des nuages
Lorsque l’atmosphère sent l’orage
C’est la couleur de la robe des anges
Ma couleur préférée
C’est la couleur de ton aura quand tu aimes
La teinte du sable en éden
Éclat brûlant mais frais quand même
C’est la couleur du sang d’un dragon
C’est celle qui baigne la cinquième saison
Celle qui délimite la folie de la raison
Ma couleur préférée
C’est celle dans laquelle j’ai trempé mon pinceau
Pour colorier nos sentiments nouveaux

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Mauvais genre

Plus le temps passe
Plus je me lasse
Des jeux malsains de l’ego
Mon passé s’efface
Ne laissant que la trace de l’expérience
Aux dépens de cette histoire dont je suis le héros
Je parle de moi au masculin
Car c’est le genre de l’être humain
Et le mâle s’approprie encore la liberté que je revendique
Pour libérer mon âme du conditionnement historique

Au masculin je peux tout faire
Prendre des risques pour éprouver ma force
Braver des interdits
Au féminin j’ai trop souffert
Trop de limites s’opposent à mes ambitions
J’ai dû détruire ma réputation pour prendre mes aises
Quitte à susciter le malaise
J’ai dû traverser le mépris comme un fleuve qui vous laisse à jamais souillée

Au masculin que de plaisirs
Le monde est mon royaume et dans un esprit de conquête
Je l’explore en ignorant mes peurs
Au féminin j’ai dû subir
Être réduite à un objet de désir
Et le délit d’inconscience me menace
Chaque fois que me prend l’envie de sortir de ma place

Au masculin je suis rebelle, libre-penseur
Au féminin on me prête un tempérament rêveur

Dès la naissance se dessine l’étendue des possibles
Sans aucune décence je fuis les catégories impossibles
Plus le temps passe moins je trouve drôle ce script limité
Alors je l’écorche un peu
Chacune, chacun joue son rôle et moi je voudrais juste
Sortir du jeu

mask

Patience

Pour que la patience du miracle vienne effleurer nos vies
Il faut avoir le courage de ses rêves
Pas de ces désirs éphémères et futiles et qui s’envolent à la première bouffée de vent pour laisser place à d’autres
Ni cette soif de possession que l’on appelle à tort amour
Il faut apprendre à tailler comme le fait l’orfèvre dans un diamant obscur
Et d’une gemme vulgaire exalter le précieux pour éviter la ruine de l’être
 
Je veille sur un joyau enfoui dans mes entrailles
Son éclat me parvient d’entre les failles sismiques alors je me rappelle pourquoi j’endure
Pourquoi même sous les claques du destin mon sourire perdure
Lui qui croyait avoir le privilège de l’ironie
Ma vie est mon message mais comme il est plus sage de savoir se taire
Nul ne saura de quels enfers je revins et reviendrai peut-être encore si je ne m’y perds
Peut-être auriez-vous peur de mon calme inexplicable
 
Étrange j’oscille entre la paix et l’attente perpétuelle du choc en retour
Voilà ce qui brise mes ailes
 
D’après leurs fables nous sommes tous coupables et condamnés à payer pour être nés
C’est tout juste si l’oxygène n’est pas taxé cela viendra respirer est déjà un privilège de riches
On se démène pour perpétuer un présent toxique c’est vrai que l’on consent activement à perpétrer notre statut de victimes
La complaisance est un fléau
On regarde nos défauts avec une feinte affliction
Mais combien songent à faire attention aux graines qu’ils sèment
Notre espérance de vie se gangrène pour quelques gestes pour un regard
Et c’est la haine qui crie victoire
J’ai si peur pour demain et le présent me rend si lasse
Le pire
C’est que je vois ce sentiment dans le miroir de vos regards
Nos chaînes nous harassent
Nous avons faim d’amour nous avons faim d’espoir
Et la soif de reconnaissance
Nous conduit à des actes que réprouve la conscience
Et lorsque tout le monde joue le jeu pourquoi chercher des preuves
Juste suivre le mouvement avec un acharnement qui nous crève
 
Pour que la patience du miracle vienne effleurer nos vies
Il faut avoir le courage de ses rêves
Creuser la roche des idées brutes et s’élancer de la falaise
D’où nos lendemains tombent ou s’élèvent

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Reviens sur tes pas

Reviens sur tes pas
Et quand tu entendras chanter la forêt
Tu sauras
Que tu as retrouvé le début du chemin
L’embranchement choisi du destin
 
Quelque chose de stupide
Comme un poème raté
Comme une étreinte trop serrée
Comme une lumière éteinte trop tôt alors qu’on n’est pas encore fatigué
Comme le refus du sommeil
A cause d’un moustique qui s’agite
Comme rechercher sa verve alors que la fatigue nous frappe
Et tous les a-quoi-bon
Nous assaillent d’un coup comme assomme l’évidence
 
Reviens sur tes pas

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Les saisons

Aux saisons d’ambitions succèdent les amertumes
Les honneurs balayés par le souffle du temps
Sur le grand échiquier
Les vaincus succèdent aux vainqueurs
Toujours plus avides de pouvoir les concurrents s’élèvent
Pour tomber de plus haut
Dans cette idée de la réussite
Il n’y a pas de place pour son prochain
On est si seul au sommet
C’est le prix à payer
On a peur de tout perdre

Au point du firmament où se croisent mes rêves
Une étoile sourit dans la nuit la plus pure
Inaltérable

Le ciel est remplacé par un écran géant
Où les êtres humains projettent leurs illusions
Les yeux braquées sur ces chimères
Ils se heurtent et se blessent par inattention
Chacun semble attendre en secret sa revanche
Alors que les menus succès épanchent à peine les frustrations

Mais qui prétend se mettre à l’abri du désir ?
Quelle folie douce a saisi les ascètes 
Sont-ils encore des nôtres ?
La sagesse des ancêtres où se cache-t-elle au juste

Dans les dédales de la pensée des hommes de puissance
Règne comme une ambiance carcérale
Sur beaucoup de richesses plane un parfum de mort
Ce sont les cœurs sacrifiés
L’amour que l’on aura brisé par inadvertance

Sur le grand échiquier où je n’ai pas de couleur
Le dépit des vaincus
L’ivresse des vainqueurs
Perpétuent la tradition des clans
Et placent des enclos
A l’intérieur desquels chacun veut s’élever plus haut
C’est la spirale

Mais qui ne souhaite pas pouvoir voler ?

A la croisée des chemins où tous mes pas me mènent
Il est toujours minuit
Et le vent murmure à qui veut bien l’entendre
Les gloires et les échecs qu’il balaya d’un simple souffle

spirale