IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Quand j’avais pour amies des larmes

Quand j’avais pour amies des larmes
Je partais souvent sur leur vaisseau
Visiter des contrées d’étoiles
Où la douleur est une rose sang

Quand j’avais pour amies des larmes
Je pouvais entendre le chant des nuages
Danser sur des flots de misères
Flirter avec l’inconscience et la mort

Et puis elle est entrée dans ma vie
Cette petite pilule magique
Par la porte de la folie
Pour m’arracher au pays du chagrin

Quand j’avais pour amies des larmes
Je vibrais avec la chair des poètes
Mais à présent pour mon plus grand malheur
Je ne pleure plus

la-possibilite-d-un-bateau

A tout petits pas

Un premier
Tout petit pas
A côté de la ligne
Hors du chemin
Vers l’insomnie

Des souvenirs
Frappent à la porte
Un coup de sang
Cogne mes tempes
Quelques images
Qui n’en sortiront pas

Même le silence
Est compromis
De frustration
De grise mine

Encore des larmes
Pour ne rien dire
Ne rien lâcher
Boire les épines
De ces poèmes
Handicapés
Se pardonner
D’avoir trahi

Et mon reflet
Qui se révolte
Et mon futur
Derrière la porte
Qui reste fermée

Et mes poings saignent
C’est comme vomir
Quelques étoiles
C’est comme renier
Sa solitude
Pour un instant
De gêne palpable

C’est le sourire
D’un monde obscur
Qui te répond
Qui te rassure

Tu n’es pas seule
Ils te tiennent chaud
Tous ces parias
Ces éclopés
Qui se rencontrent
Dans l’univers
Immatériel

Un jour peut-être
Tu t’en iras
A leur rencontre
En attendant
Tu te racontes

C’est un premier
Tout petit pas
Pour la franchir
L’ultime frontière
Qui te sépare
De tous tes rêves

nuit oiseau lune

Froideur

Il faisait froid
Il faisait seul
J’ai voulu entrer dans ton cœur
La porte était fermée
Tu avais jeté la clé
Alors j’ai embrassé la porte
Et puis je suis tombée
Épuisée
Il faisait froid
Il faisait seul
J’ai voulu entrer dans ton cœur
La porte était fermée
A jamais

porte

Prose du temps

C’était hier… Mon verbe était une flamme frénétique, ma voix une larme féerique. J’étais un elfe virevoltant dans un monde de couleurs. La musique transpirait par tous les pores, par tous les murs; c’étaient les fards d’une ville terne et grise, par la magie des mots même le béton chantait. Et la vie m’enchantait. J’étais un ange avec mille poignards dans le cœur, dansant. Et dans les gouttes rouges que je semais sur les scènes et dans les rues des fleurs poussaient, tranquillement…

C’est aujourd’hui… Le jour succède à la nuit parce que c’est normal. Je suis une lourde statue avec un unique papillon dans l’âme. Parfois un arc illumine le ciel. La tendresse me visite mais plus jamais ne me submerge. Mon monde est à la la marge, mon monde est d’un ennui… Comme un gnome dans sa grotte, je vis. Détenteur d’une sagesse cachée, résidu d’une subtile folie.

Ce sera demain… Un miracle, sinon rien.

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Je de construction

Avec un Je de construction
L’ombre derrière moi
Je flâne sur des passerelles
Entre des îles de gloire
 
Épurée
La silhouette de l’ego se dessine
Retrouver sa propre conscience
Pour la perdre à nouveau
 
Se connaître
Jusqu’à la limite de son imaginaire
Cerné par des murailles d’antipsychotiques
Entre lesquelles ma folie s’ébroue tant bien que mal
 
Genèse inachevée
Émancipée du nombre
Le définir s’étale d’un univers à l’autre
En vertiges hallucinés de solitude

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Sourire

Quand le silence rayonne pour une raison obscure
Ôter ce qui reste de nos masques
Mettre son cœur à vif
Faire don de soi sans s’en apercevoir

Sourire 

sourire

Un possible amour

L’amour est impossible
A qui refuse
L’avalanche de feu
La soif incendiaire
Et le manque
Le manque lancinant
Car l’absence est inéluctable
C’est l’envers d’un sentiment qui nous élève
Pour mieux nous montrer notre petitesse

L’amour est impossible
A quiconque se croit grand
Indispensable
L’amour est improbable
Pour qui se sent coupable
D’être aimé sans mérite
 
Et pourtant il abonde
Comme le vent dans les steppes
Comme la lumière sur le visage d’un nouveau-né
Pourtant il sera donné à tous même
Aux mains fermées
L’amour caressera les ongles
Jusqu’à faire mal
Pour entrer
Pourtant il sera toute ivresse
De joie pour le nouveau soleil
D’espoir pour une nouvelle  terre
Humanité
 
L’amour devient possible
Comme le temps qui s’exauce
Devant des foules entières
Emportées
L’amour devient colère
Il devient lutte, et guerre
Sous nos contrées
 
En même temps
Quelque part
Un enfant
Apprend à chanter

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Dealer

Mon cerveau garde encore les traces
Du shoot de poésie que tu m’as donné
Dealer d’émois
Sache que tes mots quand ils s’effacent
Laissent un sillon où je place le diamant qui fait chanter mon âme

Dealer de rimes
Sache qu’un crime est commis
Chaque fois que tu illumines notre mélancolie
Ton verbe affûté assassine toute une partie de moi à qui suffit
L’ordinaire de la vie

Voleur de paix
Lorsque la puissance de tes paroles se déploie dans tes veines
Je n’ai que faire de la paix
Je voudrais fendre mon cœur en deux
Pour y trouver encore un peu de cette sublime douleur
Qui me fait quitter la Terre
Et par laquelle je redeviens poussière
Poussière d’étoiles

étoiles

Voilà

Voilà
Voilà tout ce qui me reste de mes pulsions
Voilà le reliquat de mes scansions
Des rythmes brisés
Désaccordés
Poèmes morts-nés
Voilà ce qui me reste de mes heures passées
Des souvenirs bridés
Maux censurés
Dans un présent désincarné

Et pourtant je m’acharne
Comme une rêveuse s’accroche à son nuage
Et pourtant je m’attache
A mon carnet
A tes caresses
A ce qu’il me reste de courage

Voilà
Je n’ai plus que des mots vides de sens
Et même pas l’illusion d’une prescience
Juste un calme flou dans ma conscience
Zen
Une pseudo-paix que je suspecte
Car tout artiste qui se respecte
Nourrit sa muse de ses tourments
La mienne m’a lâchée au tournant

Voilà
Que je puise des excuses dans tous ces lieux communs
Je suis tombée bien bas
J’ai perdu le chemin
C’est louche
De revenir de si loin
Avec juste
Une cicatrice imaginaire
A l’endroit où l’on arracha mon cœur
Voilà ce qu’il reste de mes errances
Des tracés dansants sur un parchemin vierge
Et aujourd’hui
Un parcours pathétique
Sur une page humiliée
Par un ennui grandiose…

J’ose 

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Rouge

Rouge de honte
Me suis levée
Foule discordes
Avortées
Plus vive que morte
J’ai balancé
Toute mon escorte
De gardes ailés
L’amour suprême
A mes côtés
Me guidait même
Révoltée
Pour des ratures
Sur le papier
Rien n’est plus sûr
Désormais
Trouer ma peau
A trop frotter
Chercher l’apôtre
Pour le sauver
Nombre d’indices
Sont ignorés
Diable, malices
De mijaurée
Je n’ai plus la force
De me terminer
Rien qu’une écorce
A décoller
A même la chair
J’ai embrassé
Toutes tes douleurs
Humanité
Comme un trésor
Trop bien caché
Le cœur déborde
Même attaché
Noire d’espérance
Me suis couchée
Trouble d’absences
Sans respirer

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